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VERS UN BLOCAGE DU PROCESSUS DE PAIX EN COTE D'IVOIRE

Vers un blocage du processus de paix en Côte d’Ivoire

L’identification et le désarmement divisent Gbagbo et Banny

Par  Pierre Emangongo

On s’achemine tout droit vers un nouveau blocage dans le processus de paix ivoirien. Le nœud du problème tient au profond désaccord entre Laurent Gbagbo et son premier ministre Charles Konan Banny sur la concomitance de l’opération d’identification et celle de désarmement de différentes milices en Côte d’Ivoire. La célébration de la fête des Pâques et le conseil de gouvernement ainsi que les entretiens de Charles Banny avec les différents partis politiques ont offert l’occasion aux deux personnalités d’étaler leurs divergences.

Le débat sur la concomitance des deux processus a mis à mal l’harmonie qui régnait jusque-là entre le chef de l’État et son Premier ministre, constate Fraternité Matin.

Le mardi, au sortir du Conseil de gouvernement et avant le Conseil des ministres, Charles Konan Banny s’est longuement adressé à la presse nationale et internationale.

Cette intervention est d’autant plus surprenante que, contrairement à ce qu’il a affirmé, samedi, à son arrivée de Paris, le Premier ministre n’a, semble-t-il, pas attendu de faire le compte rendu de sa mission en France avant de faire sa déclaration hautement politique.

Le lendemain du retour au pays du chef du gouvernement a, en effet, correspondu à la célébration de ‘Paquinou’ (fête pascale profane en pays baoulé) à Téhiri (sous-préfecture de Bayota et département de Gagnoa).

A cette occasion, le chef de l’Etat s’est montré “intransigeant” dans le débat qui fait rage sur la séquencialisation entre désarmement et identification. “Moi, je suis un fils des élections. Sans élection, je ne serais jamais parvenu au pouvoir. (…) Mais entre les élections et nous, il y a le désarmement qui doit être fait. C’est pour cela que nous disons qu’il n’est pas question que l’on fasse des audiences foraines derrière le rideau de fer sans que personne ne puisse contrôler cela”, a protesté Laurent Gbagbo pour prendre position en faveur du désarmement avant l’identification et l’assumer: “Je crois qu’il y a des gens qui veulent nous mener aux élections sans le désarmement. (…) Vouloir des audiences foraines pour frauder sur la nationalité, je dis non”.

LE CONTRE-PIED DE LAURENT GBAGBO

A la veille de la sixième réunion, qui a eu lieu jeudi, du Groupe de travail international (Gti) qui lui a donné des “pouvoirs propres”, Charles Konan Banny a voulu marquer son terrain. Il a donné de la voix pour faire des mises au point fermes. Il a donc pris le contre-pied du chef de l’Etat afin que le doute ne s’installe pas dans l’esprit des Ivoiriens. “Je peux vous assurer que la procédure qui sera mise en route nous permettra de faire en sorte que ce ne soient que les Ivoiriens, mais alors rien que les Ivoiriens (qui seront identifiés). Et pas plus, ni moins”, a-t-il dit dans une réponse du berger à la bergère.

Le chef du gouvernement a implicitement accusé le chef de l’Etat de populisme et d’alarmisme politicien pour braquer les populations contre les opérations des audiences foraines pour lesquelles 150 greffiers et 150 magistrats seront mis à contribution.

Il importe que la Communauté internationale et les Ivoiriens se serrent les coudes pour résoudre cette crise qui risque d’embraser de nouveau ce pays important de l’Afrique de l’Ouest.

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