Le temps du pardon
Des opposants et leaders de mouvements rebelles centrafricains ont appelé au pardon lundi à Bangui, à l'ouverture du "Dialogue politique inclusif", forum prévu sur deux semaines pour tenter de ramener la paix dans leur pays. Le Dialogue "n'est pas un tribunal, moins encore un lieu de règlement de comptes", a notamment déclaré l'ex-président (1993-2003) Ange-Félix Patassé lors de la cérémonie d'ouverture, qui se poursuivait au siège de l'Assemblée nationale en présence notamment du président centrafricain François Bozizé (photo) et de son homologue du Gabon, Omar Bongo Ondimba, médiateur dans la crise centrafricaine.
Ce forum "est un moment rare qui nous donne une chance à saisir. Il ne doit pas être l'affaire du seul pouvoir avec les groupes politico-militaires, les partis politiques dits de la majorité présidentielle ou de l'opposition démocratique, moins encore une affaire d'intellectuels petits bourgeois", a ajouté M. Patassé, revenu dimanche à Bangui après plus de cinq ans d'exil au Togo.
Jean-Jacques Demafouth, président de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), un des principaux mouvements rebelles actifs depuis 2005 dans le nord de la Centrafrique, a commencé son discours en faisant amende honorable, après six ans d'exil en France.
"Je demande pardon à tous ceux à qui j'aurais fait du tort", a-t-il déclaré, en exhortant à "une alliance de paix en Centrafrique".
Publié le 8 décembre 2008.