Les syndicats et les autorités politiques s'accusent mutuellement à l'occasion de la fête du travail (Gabonews 01/05/2006)
Bangui, 1 mai (GABONEWS) - Les syndicats et les autorités politiques centrafricaines se sont accusés mutuellement dans leurs différents messages à la nation à l'occasion de fête du 1er mai d'être responsable du climat délétère dans le pays.
Le ministre centrafricain de la fonction, Jacques Botty a déclaré dans un message diffusé lundi matin aux premières heures de l'ouverture de l'antenne de la radio nationale que le gouvernement a respecté ses engagements vis à vis de ses partenaires sociaux. Le ministre a accusé les syndicats d'organiser des grèves non fondées.
Le gouvernement a fourni de gros efforts pour résoudre une bonne partie des questions liées aux salaires et autres droits des travailleurs centrafricains en général et plus particulièrement des fonctionnaires et agents de l'Etat, a pour sa part déclaré le président centrafricain, François Bozizé.
Le numéro un centrafricain a rehaussé de sa présence lundi matin à Bangui le défilé qui a mobilisé plusieurs travailleurs des secteurs public et privé.
« Les grèves qui se manifestent dans certains secteurs d'activités de l'Etat, ne sont autre que l'oeuvre des compatriotes qui n'ont pas le sens de l'intérêt national car, on ne peut pas imaginer aujourd'hui que certains agents de l'Etat revendiquent une augmentation de salaire alors que la situation économique nous met en difficulté d'honorer nos propres dépenses de souveraineté », a poursuivi le Président Bozizé.
Le secrétaire général de la plus grande centrale syndicale du pays, l'Union Syndicale des Travailleurs de Centrafrique (USTC), Noël Ramadan a, dans un message diffusé lundi pour la circonstance sur les ondes de la radio nationale, accusé le gouvernement d'être à l'origine de la grogne sociale qui gagne et paralyse le secteur public.
« Il est important que le gouvernement se rende compte de ses multiples engagements non tenus vis à vis des travailleurs afin d'éviter les grèves qui gagnent et compromettent gravement la bonne marche de l'économie nationale et qui risqueraient de créer une nouvelle crise dans le pays », a indiqué M. Ramadan dans son message.
Alors que la grève de près de deux mois des enseignants vacataires des lycées et collèges de Bangui qui revendiquaient le paiement de leurs arriérés de frais de vacation venait de prendre fin en début de la semaine dernière, au même moment les magistrats ont déclenché une grève illimitée pour réclamer l'application de la nouvelle grille salariale.
Les magistrats poursuivent encore leur mouvement de grève malgré leur rencontre sur ce sujet mercredi dernier avec le président Bozizé et le 1er ministre Elie Doté.
Les fonctionnaires et agents de l'Etat centrafricain totalisent depuis le 15 mars 2003 date de l'accession au pouvoir de l'actuel Président de la République, 11 mois d'arriérés de salaires.
Les revendications de paiement des salaires, pensions et bourses ont toujours fragilisé et provoqué parfois la chute des régimes en Centrafrique.