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BANNY EST UN MINABLE...ARRÊTEZ LE !!!

Mamadou Ben Soumahoro (Envoyé du CNRD aux étudiants) : “Banny est un minable, arrêtez le !”


C’était le vendredi 5 mai dernier. Mamadou Ben Soumahoro, chef de délégation du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CRND) se trouvait au campus universitaire de Cocody. Devant quelques centaines d’étudiants, réunis à la place « Akpélé Akpélé», l’ex- député de Seydougou s’est laissé aller. Ses dérapages verbaux méritent d‘être sus de tous. Cet homme, on le voit, donne l’impression de ne plus être en possession de sa mémoire. A son auditoire fanatisé et gonflé à bloc, il a fait du coq à l’âne, alliant aisément injures, mensonges et falsification des faits historiques. Mais, tout cela participe d’une stratégie bien huilée. Par continence, nous avons dû biffer ses attaques personnelles contre le Président Houphouët-Boigny et ses proches collaborateurs, dont Alassane Ouattara ainsi que son épouse, Mme Dominique Ouattara. Les conditions d’hostilité dans lesquelles se trouvait notre reporter sur les lieux, ne nous empêchent pas de transcrire la teneur des propos de la haine. Grâce aux prises de notes, nous sommes en mesure de reconstituer le message. Les événements de Yopougon qui ont failli endeuiller la grande famille de l‘opposition ivoirienne, ne sont pas le fait du hasard. “ADO” n’est pas “ADO” « Jamais, vous ne m’entendrez dire ADO. Pourquoi ? Parce que Alassane Dramane Ouattara ne s’appelle pas Alassane Dramane Ouattara. Il s’appelle Alassane Ouattara. Point. C’est son père qui s’appelle Dramane. Vous savez, chacun peut se faire la fantaisie d’ajouter le nom de son père quand il veut en essayant d’imiter les anglo-saxons qui, eux, ont toujours trois noms. Un nom ou deux prénoms ou un prénom et deux noms. En prenant, par exemple, le nom de sa mère ou de sa grand-mère. Fitzgerald John Kennedy ou Georges Walker Bush, c’est joli ! Mais, Alassane Dramane Ouattara n’est pas un officiel de la Côte d’Ivoire. C’est un chef de parti. Un parti politique, c’est une affaire privée. Alassane Dramane Ouattara arrive à Abidjan, ce n’est dans aucun journal de la Côte d’Ivoire, et il se fait tranquillement payer le dos des citoyens. C’est sa maison qui est à deux pas de l’université. Vous êtes voisins. Il faut lui rendre visite. Je vais vous donner des dossiers. Alassane Ouattara habite dans une maison qui fait quatre à cinq millions par mois. Même les meubles qui sont dans cette maison vous appartiennent. Parce que il les a fait payer, tous, par le budget de ses ministres. Jusqu’au paillasson, ils ont tout payé. Avec probablement, ça je ne peux pas l’affirmer, la complicité de Banny, chef du gouvernement. On ne peut pas payer des meubles pour Alassane Ouattara. Voici un monsieur à qui des gens veulent confier leur destin. Je vais parler à ces gens-là. C’est-à-dire, à moi-même, aux Dioula. Il faut que les Dioula sachent que cet homme-là est venu dans ce pays pour assouvir de noirs desseins. Il a commencé depuis très longtemps. Mais, il faut commencer d’abord par expliquer comment il est arrivé ici. Oui, on accuse le PDCI, certes, le PDCI est allé le chercher. Dans notre pays, il y avait de brillants technocrates du Nord. C’est leur faute à eux. Quand on avait besoin d’un homme du Nord, si on a été obligé d’aller chercher un « Mossi » à Dakar et à Washington, c’est leur faute à eux. Ces gens ont été plus de vingt à trente ans, ministres. On veut un Premier ministre du Nord pour équilibrer les choses et on va chercher Alassane Ouattara à Dakar pour venir le mettre à la tête d’un Comité interministériel de relance et de développement (sic !), un terme fumeux sous lequel on a magouillé pour en faire le Premier ministre. Mais les gens ont pensé que c’était les exigences des institutions de Bretton Woods, FMI, Banque mondiale où il a servi parce que la gestion du pays était décriée. C’est faux et archi faux ! A aucun moment, une institution ne pouvait, même Houphouët vieilli, lui dire de placer tel ou tel homme à telle place. (…) Quand Abdoulaye Fadiga dont il était le premier conseiller d’abord à Paris, ensuite à Dakar, meurt dans des conditions très troubles, le poste qu’il occupait doit revenir à un Ivoirien. C’était évident. Nous avions déjà plus de 40 % à BCEAO, personne ne pouvait nous dicter sa voie. Les sept autres réunis avaient, à l’époque, moins que nous. C’était un Ivoirien et un Ivoirien seul qui pouvait occuper ce poste. (…) C’est vrai, on avait peur d’Houphouët (…) Mais vous savez, Alassane Ouattara, je l’ai dit récemment à Yopougon, c’est le diable. Ne vous amusez pas ! J’ai vu un homme d’église qui me l’a dit. « Fraternité Matin » est rempli de preuves qui disent que le RDR est en train de tricher depuis la confection des pièces d’identité. Des personnes, des experts, proches d’Alassane tentent de prendre le pays. Ce qu’ils ne savent pas et ce que je leur dis, il ne faut jamais qu’ils oublient, ils se trompent. Ils font trop les choses avec passion. A la limite, ils savent aujourd’hui la vérité. Ceux qui sont à Korhogo et à Odienné sont témoins. Alassane Ouattara y était, soi disant, chez sa mère. Avant la tournée, ils espéraient qu’il leur apporterait, au moins, un réconfort, des équipements matériels. Ils ont perdu leurs enfants, ils ne savent même pas où ils sont passés. On le sait, beaucoup ont été enterrés au Burkina Faso. Ils ont ramassé les corps dans un camion pour ne pas que les Nations Unies découvrent les charniers. En ce qui concerne Odienné, six mille personnes sont mortes dans cette guerre. Mes parents sont là-bas. Je suis député de Bako-Seydougou- Dioulatiédougou. (…) Des CNI pour enrichir le RDR Ils ont tué Boga. Voilà ce que ces gens ont fait. Et puis Ouattara passe comme ça comme un type innocent qui parle de réconciliation, je vous dis que chaque fois que ce type parle de ce genre de choses, c’est qu’il est en train de préparer un mauvais coup. Cette fois-ci, c’est un coup financier avec des compétences militaires. Quand vous regardez ce type, il faisait coup double. Je veux que les Dioula m’entendent. J’ai l’impression qu’ils sont bouchés. Eux, ils ne se plaignent que lorsqu’on touche à leurs portefeuilles. Il y a quelque chose qui ne va pas. S’ils sont assez bêtes pour ne pas comprendre qu’on est en train de les voler, avec cette histoire d’extrait de nationalité, alors il y a de quoi désespérer de mon groupe. Ouattara vend des extraits de nationalité à des militants du RDR. Dans certains journaux, c’était vingt mille et une photographie. Or, Ouattara veut trois millions d’électeurs. Il a besoin de faire sa nationalité, son éligibilité et son bétail électoral. Les trois millions de Mossi qui sont dans ce pays, ajouté à ça les Dioula qui n’ont rien compris, tout ça, ça fait trois millions cinq cent mille. Dans ces conditions, y a pas de vote. S’il y a trois, quatre ou cinq candidats. Si tous ceux-là ont des extraits de nationalité, cela fait quarante cinq milliards ou, dans le pire des cas, trente milliards dans les poches d’Alassane. Vous croyez que c’est pour faire quoi ? C’est pour acheter des armes. Lui, il a assez d’argent pour vivre. Sa femme en a assez. Donc les Dioula, sachez bien que non seulement, on vous vole, mais votre extrait de nationalité ne vaut rien, mais Alassane va vous entraîner dans une nouvelle guerre. Alassane n’est pas passé au Nord pour rien et il n’est pas revenu pour rien. Parce que tout ce qu’il a conçu a échoué. Alors il se dit : « moi-même je vais aller régler ça ». Ce que vous ne savez pas, le fait d’être en France créait une sorte de désaffection dans son propre groupe, dans son parti. Dans les institutions, Ouattara avait cinq millions par moi. Il s’est aménagé un salaire de 49 millions par mois avant de quitter la BCEAO. C’est ce salaire dont bénéficie Banny. Ainsi donc, Charles Banny a débarqué. Ha, Il y a une nouvelle donne. Mais Banny ne débarque pas comme ça. Il ne vient pas en Côte d’Ivoire pour s’amuser. Certes, il n’a pas les capacités de son ambition. Il ne les a pas. Je vous le dis parce que j’ai 73 ans (sic), il en a 65. A Abidjan ici, on se connaît tous. Banny doit être arrêté Banny garde les quarante neuf millions par mois et puis, il est Gouverneur de la BCEAO. Il est assis tranquillement à Dakar et les Français vont le chercher pour venir apporter une solution à la Côte d’Ivoire. Croyez-vous réellement que Banny allait quitter la BCEAO, venir régler les problèmes de la Côte d’Ivoire et en octobre 2006, dire « messieurs, au revoir ? » Non ! Il est venu avec un plan. Il fallait absolument nous conduire jusqu’au 31 octobre 2006 pour qu’on évoque un vide qu’on ne peut même plus qualifier de constitutionnel pour faire partir Gbagbo et demander à Banny de continuer la transition. Tout simplement. Ne croyez pas à autre chose. C’est ça et rien d’autre. Il faut parler aux jeunes. Dans ce combat, choisissez les jours décisifs pour ce pays et faites en sorte que ces jours soient difficiles. Arrêtez M. Banny dans sa comédie. Marquez : « il faut qu’il arrête ce minable ». Faites en sorte qu’il arrête. S’il n’arrête pas maintenant, le 31 octobre, ce pays va prendre feu. Nous, je vous le dis, nous sommes vieux. On ne peut plus rien faire. Mais, jamais, on passera sur notre corps pour dégager Gbagbo de son poste. Vous n’êtes pas jeunes pour rien. Soro se promène. Il est plus âgé que combien d’entre vous ? Je dis Soro, mais tous les autres. Les ministres rebelles et autres se promènent ici et font tout ce qu’ils veulent. Je sais qu’on va me taxer d’inciter à la violence. J’assume parce qu’il n’y a pas d’autres solutions. Réunissez-vous, réfléchissez, pensez votre stratégie propre. Arrêtez Banny, c’est un minable. Ce monsieur est un autocrate. Il n’accepte pas la discussion. Il ne peut pas discuter. Il a peur de l’Assemblée nationale.
Propos recueillis par Edgar Kouassi

 

© Copyright Le Patriote

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