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Des diplomates européens inquiets devant des rumeurs de coup d’Etat au Congo Brazzaville
(Mwinda 19/05/2006)
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Cette fois-ci, on est loin des simples rumeurs répandues par le pouvoir de Brazzaville lui-même pour faire diversion, histoire de détourner l’attention des populations des problèmes de fond du pays, en particulier celui de la misère qui gangrène le tissu social. En tout cas, la persistance des rumeurs d’un coup d’Etat commence à inquiéter sérieusement certaines chancelleries occidentales à Brazzaville. D’après des informations recueillies par " MwindaPress ", un haut diplomate occidental a été reçu par « l’homme des masses », à la veille de son départ à Oyo, pour discuter avec ce dernier de ces bruits qui inondent la ville.
Le diplomate en question était mandaté par son pays pour faire part à Sassou Nguesso des inquiétudes suscitées par lesdites rumeurs. « L’homme des masses » a confié à son interlocuteur qu’il en était effectivement informé. Et de lui demander de l’aider en mettant à sa disposition les informations en sa possession.
A Brazzaville, les populations ne sont en rien surprises : « compte tenu de la pauvreté ambiante, du laisser-aller et de la gabegie, nous sommes sûrs et certains que, à un moment ou à un autre, ça devrait bouger. Nous ne pouvons pas éternellement regarder une minorité se partager les richesses du pays alors que la majorité vit dans une misère indicible », nous a confié un diplômé sans emploi.
De fait, les Congolais, aujourd’hui, n’ont guère le sentiment que leur pays soit vraiment dirigé. De l’avis général, jamais « l’homme des masses » n’a été aussi absent à la tête de son pays. Dépassé par l’ampleur des problèmes sociaux créés, il semble avoir abdiqué sur le front domestique pour se réfugier dans les questions concernant l’Afrique et dans les voyages tous azimuts. « On a l’impression qu’il s’en fout de tout le monde. Pour lui, aujourd’hui, sa fonction de président en exercice de l’UA passe avant tout. Il n’y a plus de pilote dans l’avion Congo. Le pays semble naviguer à vau-l’eau, à un moment où il devrait profiter de la manne pétrolière inespérée offerte par un contexte exceptionnellement favorable », renchérit un enseignant de sociologie à l’Université Marien Ngouabi.
C’est certainement cet immobilisme et ce désintérêt qui commencent à inquiéter certains diplomates occidentaux en poste à Brazzaville. Car ils savent mieux que quiconque que la nature a horreur du vide. Et le vide finit toujours par être comblé par quelqu’un qui ne vient pas forcément de très loin. Le remaniement ministériel préparé à Oyo participerait-il d'une reprise en main de la situation ? On en doute. Car après tout, peut-être souhaite-t-on au sein du clan au pouvoir la survenance d’une situation trouble. Qu’on se souvienne des propos de cet ancien chef d’état-major général de l’armée qui observait que : « Sassou ne sait pas gouverner en temps de paix ». Et c'était vrai ?
Franck Naya