AGENCE DE PRESSE, ANALYSES POLITIQUES,PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE ET ECONOMIQUE, DU DROIT DE LA PERSONNE,LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
Réduction des gardes rapprochées des autorités de la transition: Possible aggravation de la crise au sein de l’espace présidentiel
¨
© Copyright Le Potentiel
Tous les militaires commis à la garde des autorités de la transition confiés à la seule gestion administrative du chef d’Etat-major général des Fardc.
Le Conseil supérieur de la Défense a levé des options ce week-end. Si elles se concrétisaient elles marqueraient de la levée du dernier goulot d’étranglement pour une restructuration et une intégration complète des Fardc, d’une part, et d’autre part pour une sécurisation avant, pendant et après des élections. Toutefois, la question qui inquiète est celle de la bonne foi des ex-belligérants qui peuvent surprendre par une éventuelle résistance au brassage et à la réduction des troupes commises à leur garde ; méfiance quand tu nous tiens !
Le Conseil supérieur de la défense s’est réuni vendredi dernier au Palais de la nation sous la présidence du chef de l’Etat, Joseph Kabila. Au nombre des options prises par cette haute instance figure la poursuite du contrôle des hommes et matériels commis à la sécurisation des dirigeants de la transition, le respect des effectifs prévus pour chaque autorité suivant les accords signés à cet effet.
Pour rappel, il ressort des accords signés entre composantes et entités au Dialogue inter-congolais que les vice-présidents de la République devraient disposer d’une garde rapprochée dont le volume ne pouvait pas dépasser 25 hommes. Tandis que le président de la République se contenterait d’une brigade. Mais la taille de cette brigade avait bloqué la loi sur l’Armée au Parlement. A telle enseigne que cette question est restée en suspens malgré l’adoption de la loi sur l’Armée.
Or, le communiqué du Conseil supérieur de la défense indique que tout surnombre des gardes par rapport aux effectifs fixés devra être orienté vers les centres de brassage dont le Conseil a demandé l’augmentation ‘’en vue d’accélérer la sélection des militaires devant constituer la 3ème vague d’intégration’’.
Le Conseil supérieur de la défense précise aussi que tous les militaires commis à la garde des autorités de la transition seront dorénavant confiés à la seule gestion administrative du chef d’Etat-major général des Forces armées.
Selon plusieurs sources contactées à ce sujet, ce sont les gardes rapprochées des membres de l’espace présidentiel qui seraient le plus visées. Cela au regard de la multiplication d’incidents de ces derniers jours entre ces dernières.
Les mesures du Conseil supérieur de la défense visent ainsi à réduire la capacité de nuisance de ces contingents en détachement commis à la garde des membres de l’espace présidentiel. Empressons-nous de relever le gros de ces gardes rapprochées n’a pas encore été inscrit au programme de brassage en cours.
LE CONTROLE DES ARMES : UNE MISSION HYPOTHETIQUE
C’est dans ce sens que se justifierait la mise sur pied d’une commission chargée du contrôle des armes et des munitions non inventoriées . Celle-ci a déjà effectué son travail dans la province de l’Equateur et fait le rapport à la réunion du Conseil du week-end passé.
En outre, le Conseil supérieur de la défense dit attendre aujourd’hui lundi 22 mai le rapport final du contrôle des effectifs commis à la sécurisation des autorités de la transition. Par ailleurs, de l’avis de nombreux observateurs, ces incidents entre les gardes rapprochées des membres de l’espace présidentiel, dont les derniers en date sont ceux survenus sur la route de N’Sele et au quartier Moulaert de la Commune de Bandal sur la route menant vers la commune de Selembao, n’augurent rien de catholique. Ils seraient même considérés comme le prélude à un affrontement pouvant se généraliser de manière dangereuse jusqu’à perturber le processus électoral.
« Une bataille rangée entre les ex-belligérants a été évitée in extremis à chaque fois», note un témoin de l’incident du quartier Moulaert où les gardes de Jean-Pierre Bemba et ceux de Yerodia se sont mis à jouer à l’affût de la moindre étincelle.
Au-delà du bien-fondé des mesures prises par le Conseil supérieur de la défense ; d’aucuns restent sceptiques quant à la bonne foi des ex-belligérants à collaborer franchement sur la réduction du nombre de leurs gardes rapprochées. Ils font savoir que, selon certaines indiscrétions, les autres membres de l’espace présidentiel demeureraient circonspects concernant la réduction du nombre des gardes commis à leur garde en cette période tendue de pré campagne électorale où les uns seraient défavorisés par rapport aux autres.
Cette suspicion aurait pour effet d’aggraver la tension existante. Surtout lorsque l’on sait que la mise hors processus de brassage de ces troupes aujourd’hui concernées procédait du principe de « être en mesure de parer à toute éventualité ». D’où la concrétisation de cette démarche, qui bénéficierait de l’approbation de la Monuc et de l’Union européenne mais s’avèrerait hypothétique en cette fin de transition. Faut-il souligner que l’Union européenne ne voudrait rencontrer sur le terrain des forces dont aucune institution de la République n’aurait le contrôle. Au demeurant, mieux vaut tard que jamais, dit-on, pourvu que le contrôle amorcé ainsi que le brassage annoncé ne demeurent pas lettre morte comme beaucoup d’autres programmes et projets de lois.
Invité au cours d’un point de presse tenu dimanche 21 mai 2006 à commenter ces mesures du Conseil supérieur de la défense, le ministre des Affaires étrangères a répondu en ces termes : « Je ne parle pas au nom du Mlc, plutôt en tant que ministre des Affaires étrangères. Je ne peux pas commenter les recommandations du Conseil supérieur de la défense. Je précise que ce Conseil a mis en place une commission qui doit enquêter sur l’ensemble du territoire national sur les armes qui demeurent par-ci par-là. C’est dans ce cadre que ladite commission s’est rendue à l’Equateur avec l’accord de tout le monde, y compris celui du Mlc et celui du chef de l’Etat. C’est que personne n’avait rien à cacher. Partout où elle est passée, à Basankusu, Boende, Mbandaka, Gemena et Gbadolite, elle a trouvé des portes ouvertes pour vérifier ce qu’il y avait comme armements. Et le gros des armements sont ceux qui, pendant les combats qui l’ont opposé aux forces ex-gouvernementales, le Mlc a pu choisir quelques-uns. Ce sont ces armes que l’on a retrouvées. Sur l’aéroport de Gbadolite, ce n’est un secret pour personne, il y a une ou plusieurs bombes qui ont été larguées par les anciennes forces gouvernementales. Ces munitions qui n’avaient pas explosé, étaient toujours là. Certaines ont été détruites, d’autres pas. Il n’y a donc aucune arrière-pensée dans cela. C’est une opération tout à fait normale, menée par une commission militaire avec l’accord du Conseil supérieur de la défense. Mais il est évident qu’on a commencé par l’Equateur. Mais, l’opération devait se poursuivre sur l’ensemble du territoire national pour ramasser toutes les armes ; détruire celles qui peuvent l’être et donner à l’Armée d’autres qui peuvent encore servir. Donc, il n’y a aucun problème, aucune arrière-pensée.
Communiqué de presse du Conseil supérieur de la Défense
Réuni en sa 21ème réunion ordinaire sous la présidence du chef de l’Etat, Son Excellence Joseph Kabila, le Conseil supérieur de la Défense a émis les avis ci- dessous:
- L’acceptation du principe de déployer urgemment les SIX nouvelles Brigades ayant terminé leur brassage; - La multiplication par la Conader des Centres d’Orientation en vue d’accélérer la sélection des militaires devant constituer la 3ème vague d’intégration;
- L’amélioration par la Conader de son système de prise en charge des démobilisés pour une meilleure réinsertion;
- Suivant le rapport de la commission dépêchée à Gbadolite et Gemena, pour le contrôle des armes et munitions, le Conseil a demandé que ces armes soient récupérées par l’Etat-major général et que l’opération soit étendue sur tout le territoire national afin de déceler toutes les armes non inventoriées par l’Armée. Etant donné le contrôle partiel des hommes et matériels commis à la sécurisation des autorités de la Transition, le Conseil a opté pour:
- Continuer ce contrôle sur tout le territoire national ;
- Respecter les effectifs prévus pour chaque autorité suivant les accords;
- Tout surnombre devra être orienté vers les Centres de brassage;
- Tous les militaires commis à la garde des autorités de la Transition seront confiés à la seule gestion administrative du chef d’Etat-major général des Forces armées.
Le Conseil attend le rapport final du contrôle des effectifs commis à la sécurisation des autorités de la Transition pour ce lundi 22 mai 2006.
Pour le Conseil Supérieur de la Défense
Dr ONUSUMBA Adolphe
Ministre de la Défense
Par Le Potentiel