Le président François Bozizé, président du conseil supérieur de la Magistrature avait rencontré les magistrats centrafricains du moins, les chefs des juridictions le jeudi 18 mai 2006. Cette rencontre s'inscrivait dans la continuité des discussions sur les points de revendications des magistrats centrafricains. En effet, ces derniers avaient décidé le 18 avril dernier d'un mouvement de grève illimitée. Les diseurs de droit réclamaient du gouvernement la revalorisation de leurs salaires et l'amélioration de leurs conditions de travail. L'Assemblée générale illimitée pour reprendre l'expression des magistrats avait pris un nouveau visage jeudi 20 avril avec un sit-in organisé au Palais de justice suivi d'une déclaration du président de l'Amicale des Magistrats Centrafricains (AMCA) sur une station nationale privée ainsi que la publication d'un communiqué de presse. L'exécutif avait très mal apprécié le comportement de ceux qui constituent une référence des valeurs dans notre société. Le premier magistrat Bozizé avait piqué une crise des nerfs contre ses collègues et dans la foulée des préparatifs de son dernier voyage à Johannesburg (Afrique du Sud), le Premier magistrat a convoqué tous les chefs de Cours et des tribunaux présents à Bangui et le bureau de l'AMCA à sa propre « Assemblée générale » au Palais de Renaissance. Cette réunion qui avait une allure quelque peu folklorique regroupait les représentants des organismes internationaux, quelques diplomates, les représentants de l'organisation des femmes et de la jeunesse, l'ensemble de la presse etc. Ce rassemblement, loin de trouver une solution à la crise qui paralysait l'appareil judiciaire, à plutôt servi de cadre au général président de dire ce qu'il pensait de ces ‘intellos' qu'il qualifie d'agitateurs et de brigands. Se sentant atteint dans leur honorabilité, les magistrats ont durci leur position et n'ont baissé de colère que suite à une rencontre avec le ministre de la justice. A cette occasion, le garde des sceaux Paul Otto les avait informé d'une prochaine rencontre avec le chef de l'Etat.
C'est ainsi que le jeudi 18 mai 2006, le président a reçu une fois de plus les chefs de Cour et des tribunaux, cette fois-ci, dans la discrétion.
Trois heures d'entretien qui n'ont pas donner grand-chose. Le président François Bozizé a maintenu sa position sur la résolution des problèmes posés. Ainsi concernant la revalorisation des salaires des magistrats, il leur a précisé, mais cette fois-ci avec un bémol dans le langage que leur situation salariale ne pouvait être évoquée différemment des autres agents pris en compte sur le budget de l'Etat. Ainsi, un travail est entrain d'être élaboré pour une prise en compte global et les magistrats ne peuvent pas faire une exception. La justice sociale admet un accès équitable à tous aux avantages que concède l'Etat. Quant aux difficultés qui entravent le bon exercice de leur fonction, le président Bozizé a promis y trouver le plus rapidement possible des solutions même s'il faut qu'il mette la main à la poche. Toutefois, certains magistrats restent sceptiques et sont gagnés par le désespoir. Mais toute idée de velléité est à écarter car le corps s'emble divisé sur une hypothétique « Assemblée Générale illimité ». Qui de Bozizé ou des magistrats a gagné la bataille? La question reste posée ! Toutefois, la hache de guerre semble être enterrée car le calumet de paix a été fumé par les deux parties.