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QUAND DEBY PLANQUE 100 MILLIARDS DE C F A AU CAMEROUN

QUAND DEBY PLANQUE 100 MILLIARDS DE F CFA AU CAMEROUN…
(Afrique Education du 16 au 31 mai 2006)


La Banque mondiale n’avait pas tort de se plaindre de la gestion calamiteuse de Déby. Les ressources pétrolières nationales sont véritablement presque totalement à la disposition de son clan. Pour assurer les beaux jours de ses enfants après sa perte du pouvoir qu’il redoute tous les jours que Dieu fait, il a carrément vidé ( ?) la caisse comme l’avait fait Hissène Habré, lors de sa fuite vers le Cameroun, il y a quinze ans. Arrivé à N’Djamena sans combattre, Idriss Déby et ses hommes, qui poursuivaient Habré pour l’abattre, avaient alors trouvé qu’il avait pris soin, avant de traverser la frontière camerounaise, de vider préalablement les coffres forts de la Banque centrale. Devenu président de la République mais sans le moindre sou, Déby a retenu la leçon. Voilà pourquoi ne sachant pas très bien si son dernier carré de fidèles soutenu par l’armée française, allait réussir à contenir l’attaque des combattants du capitaine Mahamat Nour, il a vite fait de confier la somme de 100 milliards de f cfa (152 millions d’euros) à ses fils afin qu’ils les mettent en lieu sûr. Entendez au Cameroun. L’ordre reçu cinq sur cinq, ils n’ont fait que traverser la frontière pour se rendre dans la ville de Kousseri qui fait face à N’Djamena, où ils ont demandé, visiblement pressés et un peu énervés, à rencontrer le chef d’agence de la Banque internationale de crédit et d’épargne au Cameron (BICEC). Ce dernier aurait, dans un premier temps, paniqué quand un des fils Déby lui a annoncé la somme. C’est ainsi qu’il s’est isolé pendant de longues minutes (interminables pour les Déby) pour rendre compte à ses supérieurs hiérarchiques à Douala et recueillir, avant toute chose, leur avis.

Pas de chichi devant une telle manne même quand on est la BICEC. Après consultation, cette banque française a ordonné à son préposé de l’encaisser sans trop se faire prier. Aux dires de certains employés de cette agence (ce genre d’opérations laisse toujours de traces), rien que le comptage des billets avait pris toute la journée ainsi qu’une partie de la nuit.

Selon nos informations, il ne s’agissait pas de faux billets même si Idriss Déby, c’est connu, excelle beaucoup dans le faux. A ce titre, il est négativement réputé jusque dans les banques parisiennes. Pour preuve, lisez ce qui suit : avant de se retrouver en prison, à N’Djamena, en 1998, Armand Grah, Ivoirien de son état, avait été chargé par le président Déby de faire fabriquer, à titre d’essai, des faux billets. C’est ainsi que sept milliards de faux billets imprimés en Europe, avaient atterri, par mesure de sécurité, d’abord à Abidjan. Sous prétexte d’une évacuation sanitaire du sultan (Gong) de Léré à Abidjan par l’avion présidentiel, l’aéronef de Déby devait, en réalité, rapatrier les faux billets concernés à N’Djamena. Mais selon Grah, il n’y avait pas eu entente avec les faussaires français sur les modalités de leur rémunération. Du coup, ces faux billets n’ont pas été amenés à N’Djamena pour y être écoulés. Ils ont été plutôt débarqués dans un autre pays (sûr) de la sous-région, à l’abri des yeux et des oreilles indiscrets. Une fois à N’Djamena, Armand Grah manifeste ouvertement son mécontentement. Il est arrêté par son ami Déby pour l’empêcher de parler. Pour sauver sa peau, il a dû envoyer sa confession et un pathétique SOS au chargé d’affaires de l’ambassade de France au Tchad, Luc Furhmann, en date du 23 septembre 1998, pour ne pas se retrouver outre-tombe.

Déby est donc un faussaire patenté. Une autre histoire : le 23 mai 2000, le général Youssouf Boy, commandant de la garde présidentielle et beau-frère d’Idriss Déby (mari de sa sœur cadette), est intercepté, avec de volumineux sacs contenant de faux billets de banque, par le premier adjoint au commandant de brigade de la gendarmerie de Kousseri. Conséquence, tout le microcosme policier, militaire, économique et politique tchadien, prend d’assaut Kousseri dans le but de sortir le général transporteur de faux billets de son pétrin. A 17 heures, la brigade territoriale de Kousseri ouvre la porte de la cellule après un coup de téléphone d’Idriss Déby à son grand-frère Paul Biya qui lui enlève, une fois de plus, une grosse épine du pied. Et ce n’est pas la première fois qu’il présente de telles saletés au président camerounais.

Ce 12 avril 2006, il a vraisemblablement été question de vrais billets sinon l’affaire aurait, parallèlement au coup d’état que tentait de faire Mahamat Nour, fait grand bruit, à Kousseri et dans le reste du Cameroun, en l’absence de Paul Biya. Seulement, les opposants tchadiens affirment avoir cette banque française implantée au Cameroun à l’œil. Dès qu’ils prennent le pouvoir, l’un des premiers dossiers à traiter, sera la demande de rapatriement des 100 milliards de f cfa concernés au trésor public tchadien.

 

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