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ET SI BOZIZE RENDAIT JUSTICE AU PEUPLE CENTRAFRICAIN

ET SI BOZIZE RENDAIT JUSTICE AU PEUPLE CENTRAFRICAIN OPPRIME




Acculé à tout bout de champ, le Général Bozizé est en train de récolter le fruit de ce qu'il a semé. Dès les premières heures de sa prise de pouvoir par la force le 15 mars 2003, Bozizé avait déclaré qu'il était venu tout juste mettre de l'ordre dans la maison et la céder à celui qui sera élu démocratiquement à l'issue d'une élection libre, démocratique et transparente. Ce qui veut dire en un mot qu'il aura pour mission principale de gérer que la transition dite consensuelle et se retirer par la suite de la politique. Cette prise de position officielle était appréciée non seulement par l'opinion nationale mais, aussi par la communauté internationale qui n'a pas hésité un seul instant à voler au secours du malade centrafricain.
La Communauté Économique et Monétaire en Afrique Centrale (CEMAC), pour marquer sa générosité envers le peuple centrafricain, avait dans un premier temps octroyé une bagatelle de 5 milliards de Fcfa pour permettre au pays de faire face à ses difficultés de trésorerie. Une deuxième aide d'un montant de 12 milliards sera encore octroyée par cette organisation sous régionale aux autorités qui éprouvaient des difficultés de tous ordres. Parmi ces difficultés, on notait les revendications des ex libérateurs ayant accompagné Bozizé dans sa prise de pouvoir. Ceux-ci estimaient qu'ils avaient été lésés car Bozizé n'a pas respecté les termes de l'accord qui les liait lorsqu'ils étaient encore en rébellion. Une bagatelle d'un montant d'un milliard, sur les 12 milliards de la CEMAC, servira à satisfaire partiellement les revendications de ces ex libérateurs dont certains ont été manu militari reconduits au Tchad. Malheureusement, ceux-ci ne vont jamais atteindre le sol tchadien, puisque ayant fui en cours de chemin et par la suite vont créer tout un tas de problèmes au pouvoir du maître de Bangui.
L'appétit aidant, François Bozizé qui voyait la fin de la transition s'approcher à grand pas avait été contraint de retourner sa veste et lancer à la face de la communauté nationale et internationale que « si le peuple le lui demandait, il allait se présenter aux élections car il est aussi citoyen centrafricain ». Ce brusque revirement de Bozizé a poussé certains politiciens qui n'attendaient que cette occasion à organiser des séries de marches de soutien pour susciter une fois de plus sa candidature.
L'homme fort du 15 mars 2003 a dans un premier temps observé un total mutisme à ce sujet avant de bondir a quelques jours de l'ouverture de la campagne présidentielle en ses termes : « Peuple centrafricain, j'ai pris bonne note de vos appels pressants en faveur de ma candidature. En tant que soldat, je suis à l'écoute de mon peuple, je suis donc candidat ». Dès lors, toutes les manœuvres ont été mises en oeuvre pour consacrer la victoire du candidat Bozizé.
À peine une année seulement après l'investiture du général président, le gouvernement mis en place et dirigé par Élie Doté sorti des entrailles de la Banque Africaine de Développement (BAD) a eu de la peine à asseoir le programme politique du président Bozizé qui fait de la lutte contre l'insécurité et le règlement des problèmes sociaux son cheval de bataille. Il doit même son élection au slogan de lutte contre l'insécurité à laquelle lui et ses partenaires politiques s'étaient engagés en ces termes: ‘‘Bozize l'homme de la situation''.
Au lieu de s'atteler à la recherche des solution aux problèmes suscités, le régime de Bangui a plutôt brillé par l'affairisme au sommet de l'État, le clientélisme, le tribalisme, l'impunité, la violation des droits fondamentaux, le non paiement des arriérés de salaires, pensions et bourses. La grogne sociale latente a fini par s'éclater au grand jour, poussant ainsi les factions rebelles ayant élues domicile dans le Nord et le Centre Ouest Centrafricain à justifier leurs entreprises déstabilisatrices par la non satisfaction des besoins vitaux du peuple par l'actuel pouvoir.
L'incapacité, sinon l'insuffisance des moyens logistiques mis à la disposition des forces armées centrafricaines pour venir à bout de ces rebelles compliquent davantage la situation de la population qui se voit privée de la liberté d'aller et venir pour vaquer librement à leurs occupations quotidiennes.
Le régime de Bangui étant insensible aux cris de douleur du peuple puisqu'il refuse de dialoguer avec les acteurs aussi bien politiques qu'armés s'enfonce au jour le jour dans sa tour d'ivoire et on se demande pourquoi François Bozize qui se dit candidat du peuple refuse ostensiblement d'écouter ce peuple qui ‘‘pourtant l'a élu'' et encore moins de faire sa volonté.
Il n'est pourtant un secret pour personne que la démocratie telle que défendue par les autorités centrafricaines n'est qu'une démocratie de façade car, le peuple qui constitue en quelque sorte une vitrine pour ses représentant observe de loin, la manière avec laquelle ceux-ci gèrent le pouvoir qu'il leur a concédé. Et comme c'est le peuple qui donne le pouvoir, les princes qui nous gouvernent seront surpris un jour que ce peuple leur retire sa confiance. Et ce sera alors trop tard.
Les mêmes revendications fusent toujours, mais à quand des solutions durables acceptées par tous pour une véritable paix en Centrafrique ?

Mercredi 31 Mai 2006
Harly-Schengen
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