"A Bangui, il nous a été rapporté que la plupart des villages sont désertés. Nous sommes venus, nous avons constaté les faits, mais nous vous demandons de regagner vos maisons, de cesser de vous exposer aux dangers de tous ordres", a déclaré M. Doté aux chefs de villages et aux élus de la région de Paoua.
"Je vous demande à vous, maires et chefs de villages, de sensibiliser vos administrés pour qu'ils regagnent leurs villages, le gouvernement s'engage à garantir votre sécurité", a poursuivi le chef du gouvernement, qui s'exprimait en sango, la langue nationale centrafricaine.
Plusieurs dizaines de représentants de la population de Paoua ont défilé jeudi matin dans les rues de la ville pour dénoncer principalement l'insécurité qui règne dans la région, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les manifestants ont remis au Premier ministre un mémorandum dressant la liste de leurs préoccupations, au premier rang desquelles figurent les "exactions" d'un détachement de la Garde républicaine, l'unité chargée de la sécurité présidentielle, déployé à Bossangoa (300 km au nord de Bangui).
Fief de l'ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par l'actuel président François Bozizé le 15 mars 2003, la ville de Paoua avait été la cible le 29 janvier d'un raid mené par des hommes armés, membres de groupuscules rebelles hostiles au régime de Bangui.
Cette attaque avait été sévèrement réprimée par les Forces armées centrafricaines (Faca) et la Garde républicaine, provoquant l'exode des populations de Paoua et de nombreux villages alentours.
Le Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) évalue à environ 45.000 le nombre de Centrafricains réfugiés dans ses camps du sud du Tchad.
Le gouvernement a reconnu que les affrontements avaient fait 27 morts, mais une mission de l'Union des journalistes centrafricains (UJCA) a évalué à au moins 80 les personnes tuées par les forces de l'ordre.
A la suite de la publication du rapport de l'UJCA en mars, la décision a été prise d'organiser une "mission de paix". Arrivé mercredi soir à Paoua à la tête de cette mission formée de ministres, députés, représentants des bailleurs de fonds et des ONG, Elie Doté doit regagner Bangui vendredi.