Un hélicoptère de l'Onu atteint par des tirs en Ituri, un blessé
Le pilote d'un hélicoptère de la Mission de l'Onu en République démocratique du Congo (Monuc) a été blessé par balle jeudi quand des miliciens ont ouvert le feu sur l'appareil à 30 km de Bunia, chef-lieu d'Ituri (nord-est).
Le pilote a été atteint d'un balle à la cuisse qui avait traversé le fuselage de l'hélicoptère, un MI-17 qui effectuait une mission de sensibilisation au désarmement avec sept personnes à bord: deux pilotes et un assistant, deux Casques bleus équipés de mitraillettes, un porte-parole de la Monuc et un correspondant de l'AFP.
"Nous approchions de Bunia, à une altitude de 600 mètres, quand l'hélicoptère de la Monuc a été visé par des tirs provenant du sol", a expliqué Stewart Price, collaborateur de l'AFP.
"Plusieurs balles ont traversé le fuselage de l'hélicoptère et l'une d'entre elles est entrée directement dans le cockpit. Le pilote bangladais a reçu une balle dans la cuisse gauche", a-t-il poursuivi.
"La Monuc n'a pas riposté. Nous avons atterri quelques minutes plus tard à Bunia et le pilote a été immédiatement conduit à l'hôpital de la Monuc", a-t-il ajouté, précisant que le pilote ne semblait pas grièvement blessé.
Cet incident intervient alors que d'intenses combats ont opposé ces derniers jours l'armée régulière congolaise, appuyée par la Monuc, et des miliciens réfractaires au désarmement qui sont parvenus à reprendre le 29 juin un de leurs bastions, Tchei, à 80 km au sud de Bunia.
L'hélicoptère de l'Onu lançait des tracts appelant les miliciens au désarmement. Il avait survolé en 2H30 les villages de Kasenyi, Marabo, Tche, Komanda, Songolo et Bukiringi, dans un rayon d'environ 50 km autour de Bunia, quand il a été visé par des tirs.
"Des personnels de la Monuc (à Bunia) ont estimé que les armes utilisées devaient être plus lourdes que les Kalachnikov AK-47 habituellement employées par les miliciens pour pouvoir transpercer le fuselage de l'hélicoptère à une altitude de 600 mètres", a indiqué M. Price.
La prise de Tchei a entraîné le déplacement de plus de 5.000 personnes et la Monuc a demandé mardi à ses personnels et collaborateurs de "ne plus se déplacer au sud de Bunia", alors que des tirs à l'arme lourde avaient été entendus la veille à 12 km au sud de la ville.
Depuis le mois de mai, des miliciens multiplient les attaques contre des positions des FARDC, qui ne parviennent pas à garder le contrôle des territoires reconquis depuis 2005 dans ce district troublé où les affrontements entre milices et les violences interethniques ont fait plus de 60.000 morts depuis 1999.
En 2005, plus de 15.000 combattants ont rendus les armes en Ituri, mais des miliciens réfractaires au désarmement, estimés à environ 2.000 par la Monuc, maintiennent un climat de terreur dans le district, empêchant quelque 200.000 déplacés internes de regagner leurs villages.
La reprise de combats d'intensité au sud de Bunia hypothèque la tenue dans cette zone des élections présidentielle et législatives prévues le 30 juillet en RDC.