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| (La Libre 10/07/2006) ( 10/07/2006) Floraison de slogans électoraux très personnalisés dans les rues de Kinshasa. Les thèmes de fond, liés à la pauvreté, sont absents des mots d'ordre des candidats, déplore un intellectuel. En revanche, celui de la nationalité est omniprésent. Pour un Congo uni, fort et prospère, je vote Joseph Kabila». «Pour la sécurité, la justice, le développement, votons Jean-Pierre Bemba président». Les affiches électorales ont fait leur apparition il y a un peu plus d'une semaine sur le boulevard du 30 juin, l'artère centrale de Kinshasa: le chef de l'Etat sortant occupe la berme centrale, son rival les bas-côtés. Le vice-président Arthur Zahidi Ngoma a placardé quelques affiches - «Une vision d'excellence pour le Congo», mais la plupart des autres candidats à la présidentielle et aux législatives du 30 juillet ont préféré les calicots tendus au-dessus des rues, moins chers. «La candidature de la qualité, Azarias Ruberwa», «Avec Pay Pay, ça va marcher», «Jonas Mukamba, le Mandela congolais», «Oscar Kashala, le leader du nouveau Congo»... Plusieurs candidats aux législatives, pragmatiques, indiquent leur numéro d'ordre sur le bulletin de vote - qui, dans les quatre circonscriptions de Kinshasa, comptent plusieurs centaines de noms et jusqu'à six pages format poster! - «Andre Kimbunta, haut sommet numéro 577 p.4 », «Tshiamala, Kin 1, numéro 384 p.3 ». D'autres font appel au sentiment religieux des adeptes des quelque 3 000 sectes évangélistes et pentecôtistes enregistrées dans la capitale congolaise: «X, leader serviteur chrétien», «Nous, les chrétiens du Mont Amba, votons pour Kabengele, évangéliste», «Votez avec conscience Ntangu Langa Adamo, pour un Congo d'espoir - Jésus Christ est seigneur». La plupart des calicots proclament les vertus d'une personne. «Mulongo Mukalay, le visionnaire», «Therese Olenga, une femme de distinction», «Y., l'homme des actions concrètes», «Samafundu Bibiane, mère propre», «Dr Kaluta Jeanne, une grande femme d'action», «Me Kiegba, candidat altruiste et sans passé politique, veut servir». «Les partis n'existent pas» «En fait, à part un ou deux qui ont une existence réelle, les partis n'existent pas dans ce pays; il n'y a que des personnes», explique un religieux. «Personne ne vous parle des problèmes de transport, qui découragent la production agricole ou piscicole, ou de ce qu'on va faire pour la moitié de la population qui a moins de 25 ans ou de comment on va relancer l'économie», s'emporte un intellectuel rentré d'Europe l'an dernier. «Quand les candidats interviennent à la télévision ou à la radio, ils s'insultent ou ne parlent que de procédures électorales ou de congolité», ajoute-t-il. Ce thème xénophobe est destiné à nuire au président Joseph Kabila et au vice-président Azarias Ruberwa, accusés d'être rwandais, mais pourrait toucher aussi le vice-président Jean-Pierre Bemba, fils de métis, le vice-président Yerodia Abdoulaye (non candidat), fils de Sénégalais, et tant d'autres. «Pay Pay, véritable mwana mboka (enfant du pays, NdlR.), appellation bien contrôlée», n'hésite pas à proclamer le calicot d'un candidat à la présidence, originaire du Kivu, région où Joseph Kabila est le plus populaire parce qu'on l'y considère comme... un rempart contre le Rwanda voisin. MARIE-FRANCE CROS Mis en ligne le 10/07/2006 - - - - - - - - - - - © Copyright La Libre |