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LES"NON DIT" DE LA DECLARATION DE BOZIZE SUR L'INSECURITE DANS LE VAKAGA

LES ''NON-DIT'' DE LA DECLARATION DE BOZIZE SUR L'INSECURITE DANS LA VAKAGA


L'on ne dira jamais assez. Le comportement des princes qui nous gouvernent face aux problèmes cruciaux tel que celui de l'insécurité qui a élu domicile en Centrafrique ne sera jamais compris. Que de surprise et d'étonnement les Centrafricains vivent chaque jour tant les événements qui surviennent dans le pays ne cesse de dévoiler les vrais visages de nos gouvernants.



Le dernier fait en date est la déclaration du Chef de l'État relative aux dernières attaques de Gordil. Cette déclaration ne cesse de susciter des interrogations parmi la population qui voudrait bien savoir quels sont ces individus sanguinaires et criminels dont l'ambition profonde est d'asservir la Centrafrique ; quelles sont ces puissances étrangères qui les appuient dans leur lugubre mission déstabilisatrice.
Face aux tonitruantes déclarations que ce soit du Chef de l'Etat François Bozizé ou des chefs rebelles tels que Florian N'djadder et le célèbre Abdoulaye Miskine qui cherchent chacun à tirer la paternité des événements douloureux de Gordil vers soi, les observateurs analystes de la vie sociopolitique du Centrafrique se livrent à des véritables gymnastiques pour essayer de comprendre ce qui se passe dans le nord-est du pays si ce n'est le fait des factions rebelles centrafricaines qui réclament ces attaques.
D'aucuns pensent que c'est le revers de la médaille des alliances de circonstance et des promesses non tenues de Bozizé lors qu'entré en rébellion, il tenait coûte que coûte assouvir son ambition de prendre le pouvoir, ce pourquoi, il n'a pas hésité à prendre des engagements vis-à-vis de ceux qui avaient accepté de le soutenir. Il s'agit notamment du Tchad qui a offert les hommes et du Soudan qui a apporté l'équipement et l'armement lourd. ‘‘Dans cette situation, a déclaré un ex libérateur, on ne cherche pas à comprendre en profondeur quelles seront les conséquences immédiates, à moyen ou long terme des actes qu'on pose. L'essentiel c'est de réussir son coup et le reste se verra après. Entretenir une rébellion coûte de l'argent et Bozizé n'en avait pas ; donc il devait s'endetter et/ou passer des contrats pour tenir le coup''. C'est certainement ce que le Chef rebelle François Bozizé a dû faire avec certaines puissances ce qui explique la réussite de son entrée dans Bangui le 15 mars 2003. C'est le pari de ces partenaires qui est gagné ; reste le sien à travers les contre parties à verser.
Il va sans dire que le maître de Bangui éprouve d'énormes difficultés à tenir ses promesses car, ayant retrouvé un trésor public vide, une économie à plat. Sans doute qu'il aurait, comme au RD Congo avec Kabila père et les Rwandais, confié l'exploitation des ressources forestières et minières du pays à ses créanciers en compensation de leur soutien, mais la transition consensuelle qui lui avait été imposée et surtout la vigilance du CNT ne lui ont pas permis de se tirer d'affaire comme il l'aurait souhaité, abusant ainsi de la patience de ses partenaires. Les agitations des ex libérateurs du contingent Tchadien basé au Pk 12 en est une illustration parfaite. Il a fallu des gymnastiques assez difficiles pour débarrasser la population du Pk 12 de ce cadeau empoisonné. D'ailleurs les indemnités payées avaient été boudées motivant le refus de retourner au Tchad de beaucoup d'entre eux qui auraient promis se venger.
Dans le même ordre d'idée, on ne sait toujours pas la teneur et la nature des compensations promises par exemple à des États tels que le Tchad et le Soudan qui ont prêté main forte à Bozizé. Toutefois on peut penser qu'en acceptant d'aider Bozizé, Omar Al Béchir a sans doute une visée sur la Centrafrique comme source potentielle d'approvisionnement en café et en bois qui, revendus au Moyen Orient, lui feraient rentrer des devises compensatrices. Or, avec la brusque fermeture des frontières entre le Soudan et la RCA Béchir s'est certainement senti trahi par le maître de Bangui qui lui préfère Idris Deby et a décidé d'orienter désormais son soutien à ceux qui veulent en découdre avec le régime de Bozizé.
Somme toute, qu'il s'agisse des factions rebelles centrafricaines ou des conséquences des promesses non tenues de Bozizé vis-à-vis de ceux qui l'ont soutenu dans la rébellion, seule la voie du dialogue que souhaite le peuple Centrafricain doit être privilégiée dans la recherche des solutions à la crise qui prévaut et qui ne fait qu'aggraver l'état d'insécurité. Les efforts de nos autorités politiques doivent être concentrés sur cet aspect pour une résolution efficace et durable de la situation d'insécurité qui ne cesse de défrayer la chronique depuis fort longtemps.

Jeudi 06 Juillet 2006
Grand Petit-Jean.
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