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Côte d'Ivoire: les milices du sud-ouest proches du Président Gbagbo s'opposent au renforcement des pouvoirs du Premier ministre Banny
ABIDJAN, 24 oct 2006 - Les Forces de résistance du grand ouest (FRGO), milices proches du président Gbagbo qui contrôlent le sud-ouest ivoirien, ont mis en garde mardi la France et l'ONU contre tout transfert de pouvoirs du chef de l'Etat au Premier ministre, en se disant "prêtes à toutes éventualités". Dans un communiqué transmis à l'AFP, le FRGO demande à M. Gbagbo de "refuser toutes les initiatives des organisations sous-régionales, suppôts de la France, dans le but d'atteindre leur objectif de destruction de notre pays". Les FRGO font ici référence aux recommandations de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui ont en partie inspiré le projet de résolution sur la Côte d'Ivoire présenté lundi soir par la France à l'ONU. Ce texte, qui propose des modalités pour la transition ivoirienne après le 31 octobre, prévoit de donner les pleins pouvoirs au Premier ministre Charles Konan Banny, soutenu par la communauté internationale. "Nul n'a le monopole de la violence et nous sommes prêts à toutes les éventualités", soulignent les FRGO. Celles-ci mettent notamment en garde la France, qu'elles accusent d'avoir "armé les rebelles" qui contrôlent le nord du pays depuis leur tentative de coup d'Etat ratée contre M. Gbagbo en septembre 2002. "La France nous trouvera sur son chemin si elle ose maintenant une action de déstabilisation des Institutions", préviennent les milices. Les FRGO disent avoir demandé à "tous (leurs) combattants, partout où ils se trouvent, de se tenir mobilisés et prêts afin que nous prenions nos responsabilités pour tenir la Côte d'Ivoire debout". Alliées aux forces loyalistes du président Gbagbo, les FRGO regroupent le Front de libération du grand ouest (FLGO), plus importante des milices, l'Alliance patriotique Wê (Ap-wê), le Mouvement ivoirien de libération de l'ouest de la Côte d'Ivoire (Miloci) et l'Union des patriotes pour la réunification du grand ouest (UPRAGO), implantée près du Liberia.
Côte d'Ivoire: Dans un projet de loi envoyé au Conseil de Sécurité par la France, l'Onu pourrait donner les pleins pouvoirs à Konan Banny dans le cadre de la nouvelle période de transition politique en Côte d'Ivoire
NEW YORK (Nations unies), 23 oct 2006 - La France a fait circuler lundi au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution sur la nouvelle période de transition politique en Côte d'Ivoire, qui prévoit de donner les pleins pouvoirs au Premier ministre Charles Konan Banny. Ce texte affirme la prééminence des textes internationaux sur la Constitution ivoirienne pour tout ce qui concerne cette nouvelle transition, rendue indispensable par le nouveau report des élections, qui ne pourront se dérouler comme prévu avant le 31 octobre. Il "affirme qu'en cas de divergence, les instruments internationaux qui définissent les modalités particulières de la transition, en particulier les décisions du Conseil de sécurité fondées sur les décisions et les recommandations de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) et de l'Union africaine (UA), prévalent sur la Constitution ivoirienne et la législation du pays". Le projet souscrit à deux décisions du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, selon lesquelles d'une part le président Laurent Gbagbo "demeurera chef de l'État à partir du 1er novembre 2006 (...) pour une nouvelle et dernière période de transition n'excédant pas 12 mois", d'autre part le mandat du Premier ministre, Charles Konan Banny, est prorogé de la même manière à partir du 1er novembre 2006. Dans les deux cas, le texte fixe les conditions précises dans lesquelles les deux hommes exerceront leurs fonctions respectives, conditions qui reviennent à donner tous les pouvoirs à M. Konan Banny, tout en rappelant que "le mandat constitutionnel du président Laurent Gbagbo a expiré le 30 octobre 2005".
Côte d'Ivoire: la rébellion des Forces nouvelles demande à l'ONU d'écarter Gbagbo de la nouvelle période de transition dans la résolution du 25 octobre prochain sinon ils "se donneront les moyens nécessaires pour récuser, rejeter et empêcher la mise en œuvre d'une résolution"
ABIDJAN, 20 oct 2006 - La rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN) a demandé vendredi à l'ONU d'écarter le président Laurent Gbagbo de la nouvelle période de transition qui doit débuter le 1er novembre, et dont les modalités seront arrêtées le 25 octobre par le Conseil de sécurité. Les Forces nouvelles, qui contrôlent la moitié nord du pays depuis septembre 2002, "récusent tout maintien de M. Gbagbo comme chef de l'Etat dans la nouvelle transition", dans un communiqué. Les FN "demandent à l'ONU de ne pas cautionner" un tel maintien, source selon elles "de souffrance et de graves périls socio-politiques" dans le pays. "La future résolution des Nations unies doit rompre avec l'impasse et le statu quo entretenus jusque là du fait de résolutions inadaptées et de blocages suscités par le chef de l'Etat", affirment-elles. En cas de maintien de M. Gbagbo, quasiment certain car déjà annoncé par l'ONU, les FN "ne se reconnaîtront plus dans (le nouveau) schéma de transition" et "se donneront les moyens nécessaires pour récuser, rejeter et empêcher la mise en oeuvre d'une résolution" en ce sens, préviennent-elles. Elles invitent donc "toutes les forces vives en Côte d'Ivoire à se mobiliser avec les moyens nécessaires et adéquats afin d'empêcher (ce) maintien". La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis une tentative de coup d'Etat ratée des FN contre M. Gbagbo en septembre 2002. Le président ivoirien contrôle toujours le sud, alors que le nord est aux mains des FN. En octobre 2005, devant l'impossibilité d'organiser des élections au terme du mandat de M. Gbagbo (élu pour cinq ans en 2000), le conseil de sécurité de l'ONU avait décidé de prolonger d'un an le mandat du président, en prévoyant des élections avant la fin octobre 2006. Mais ce délai n'a pu être tenu, et l'ONU a déjà annoncé qu'elle devrait à nouveau, le 25 octobre, prolonger d'un an le mandat de M. Gbagbo, en tandem avec le Premier ministre Charles Konan Banny, en donnant à ce dernier des pouvoirs élargis pour permettre la tenue d'élections d'ici octobre 2007.
Côte d'Ivoire: Le Secrétaire général de l'Onu, M. Annan recommande dans un rapport au Conseil de sécurité une période de transition politique la plus courte possible et qui soit "la dernière" déterminée uniquement sur la base du temps nécessaire pour achever les processus en cours
NEW YORK (Nations unies), 18 oct 2006 - La nouvelle période de transition politique en Côte d'Ivoire devrait être la plus courte possible et constituer le dernier délai donné aux dirigeants de ce pays avant leur mise à l'écart, recommande le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans un rapport publié mercredi. Dans ce rapport au Conseil de sécurité, qui doit examiner le 25 octobre la crise en Côte d'Ivoire et décider des modalités de la nouvelle transition dans ce pays coupé en deux depuis 2002, M. Annan ne ménage pas la classe politique ivoirienne qu'il juge responsable du report, pour la seconde fois en un an, des élections qui étaient l'étape-clé d'un processus de sortie de crise. M. Annan affirme que "la durée de la future période de transition devrait être déterminée uniquement sur la base du temps nécessaire pour achever le processus de désarmement, démobilisation et réintégration, dresser les listes électorales, démanteler les milices, rétablir l'autorité de l'Etat et terminer les préparatifs techniques pour les élections". Soulignant que "le manque de volonté politique des dirigeants ivoiriens ne doit pas être une nouvelle cause de blocage", M. Annan recommande de leur signifier que cette nouvelle transition sera "la dernière". "S'ils échouent encore à aller aux élections, la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest), l'Union africaine (UA) et le Conseil de sécurité devraient envisager la mise en place d'arrangements transitoires faisant appel à d'éminentes personnalités de la société civile, non partisanes", ajoute le rapport. M. Annan recommande encore que pour éviter les blocages observés au cours de l'année écoulée, le Conseil devrait affirmer que "les instruments internationaux établissant les modalités de la transition (résolution de l'ONU, décisions de l'UA ou de la Cédéao) auront, en cas de doute, la prééminence sur la constitution et les lois ivoiriennes". La transition mise en place jusqu'à octobre 2006 donnait au Premier ministre Charles Konan Banny des pouvoirs élargis, que le camp du président Laurent Gbagbo n'a cessé de contester, en s'appuyant sur la constitution ivoirienne. Le processus de paix ivoirien, encadré par les Nations unies et l'Union africaine, devait déboucher avant fin octobre sur des élections générales visant à réunifier le pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat des Forces nouvelles (FN) en septembre 2002. Mais les désaccords persistants des protagonistes sur l'actualisation des listes électorales et sur le désarmement, ainsi que les affrontements réguliers de leurs partisans, ont rendu ce délai impossible à tenir. C'est la seconde fois que les élections, initialement prévues en octobre 2005, sont reportées.
Côte d'Ivoire : L'Union africaine a décidé de reconduire pour un an maximum MM. Gbagbo et Konan Banny et déchargé le Président Tabo Mbeki de la médiation en Côte d'Ivoire
ADDIS ABEBA, 17 oct 2006 - L'Union africaine (UA) a "décidé" de reconduire pour une période "n'excédant pas douze mois" le président ivoirien Laurent Gbagbo et le Premier ministre Charles Konan Banny qui bénéficiera de pouvoirs encore plus élargis, a annoncé mardi le président de l'UA, Denis Sassou Nguesso. Ces décisions vont maintenant être transmises au Conseil de sécurité des Nations unies, qui se penchera le 25 octobre sur la crise en Côte d'Ivoire et décidera des modalités de la nouvelle transition dans ce pays coupé en deux depuis 2002. "Il est clairement établi que malgré tous les efforts déployés, il n'est pas possible d'organiser des élections en Côte d'Ivoire (d'ici le 31 octobre 2006), comme cela avait été prévu l'année dernière", a déclaré M. Sassou Nguesso lors d'une conférence de presse à Addis Abeba, au terme d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, consacrée à la Côte d'Ivoire. "Nous avons décidé d'une autre période de transition n'excédant pas douze mois, au cours de laquelle Laurent Gbagbo est confirmé dans ses fonctions de chef d'Etat et le Premier ministre Charles Konan Banny dans ses fonctions de Premier ministre de la transition", a-t-il poursuivi. "Et puisque le CPS de l'UA a analysé les différents blocages constatés, il a pris une série de décisions, notamment de renforcer les pouvoirs et les moyens du Premier ministre pour qu'il conduise à bon port sa mission", a ajouté le président en exercice de l'UA et chef de l'Etat du Congo-Brazzaville. "En conseil des ministres, il sera possible de procéder par ordonnance et décret loi", a-t-il précisé au siège de l'UA où s'est tenu pendant environ neuf heures le CPS, réuni au niveau des chefs d'Etat. "Le Premier ministre disposera également de l'autorité nécessaire sur toutes les forces intégrées de défense et de sécurité ivoiriennes pour lui permettre d'exécuter les tâches qui lui sont assignées", selon le communiqué final du CPS. L'UA a de fait repris les recommendations faites le 6 octobre par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Elle a enfin décidé "de soumettre la présente décision au Conseil de sécurité des Nations unies pour recueillir son soutien". L'ONU a cependant d'ores et déjà annoncé qu'elle allait accorder à la Côte d'Ivoire un nouveau délai d'un an pour organiser des élections, les modalités de la nouvelle transition politiques devant être arrêtées le 25 octobre. La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat ratée de la rébellion des Forces nouvelles (FN) contre le président Gbagbo en septembre 2002. Le camp présidentiel contrôle le sud, alors que le nord est aux mains des FN.
Cote d'Ivoire: A l'occasion de la journée mondiale du refus de la misère, la ligue ivoirienne des droits de l'homme prévient que si la crise ivoirienne perdure, la pauvreté dans le pays risque de s'accentuer
ABIDJAN, 16 oct 2006 - La pauvreté "a augmenté de façon significative" ces dernières années en Côte d'Ivoire "et risque de s'accentuer" si la crise perdure, a prévenu lundi la ligue ivoirienne des droits de l'homme (Lidho). "La pauvreté a augmenté de façon significative en Côte d'Ivoire et elle risque de s'accentuer avec la crise socio-politique dont la solution tarde à venir", explique la Lidho dans un communiqué publié la veille de la journée mondiale du refus de la misère. "La misère gagne du terrain depuis plus d'une décennie. Les pauvres, dont le nombre ne cesse de croître, deviennent de plus en plus pauvres, tandis qu'une minorité de +riches+ contrôle une part de plus en plus importante des richesses nationales", explique-t-elle. Entre 1970-1975 et 2000, l'espérance de vie a baissé de 50 à 46 ans, et la probabilité de mourir avant 40 ans est aujourd'hui de 42%, selon la Lidho. Selon la ligue, "10% de la population consomme 34% des richesses nationales alors que 10% des pauvres n'en consomment que 2%" et "20% des riches consomment 52% des richesses alors que 20% des pauvres n'en consomment que 5,2%". L'indice de développement humain, qui était de 44% dans les années 80, est passé à 43% dans les années 90, ajoute-t-elle. La Côte d'Ivoire figurait en 2005 au 163ème rang (sur 177 pays) du classement du développement humain du programme des nations Unies pour le développement (PNUD), et au 84ème rang (sur 103 pays en développement) à l'indice de pauvreté humaine, rappelle la Lidho. A l'occasion de la journée mondiale du refus de la misère, la Lidho appelle tous les acteurs nationaux, et notamment le gouvernement, à "prêter une attention plus soutenue aux maillons les plus faibles de la société" et à favoriser une "redistribution plus équitable des richesses nationales".
Côte d'Ivoire: Aide commune européenne de 143 milliards de F CFA pour 2008-2013 allouée à la Côte d'Ivoire qui doit servir à promouvoir une bonne gouvernance économique et politique, à consolider la paix, la cohésion sociale et les infrastructures et appui aux filières agricoles
ABIDJAN, 14 oct 2006 - L'Union européenne a alloué à la Côte d'Ivoire une enveloppe de 143 milliards de francs CFA (218,4 millions d'euros) au titre de la coopération communautaire pour la période 2008-2013, indique samedi un communiqué de la délégation de la Commission européenne à Abidjan. Cette enveloppe, qui correspond au 10ème Fonds européen de développement (FED), doit servir à "promouvoir une bonne gouvernance économique et politique" (32,8 millions d'euros) et à "consolider la paix, la cohésion sociale et les infrastructures" (152 millions d'euros), précise le communiqué. Le reste de l'enveloppe (32,8 millions d'euros) doit venir appuyer plusieurs programmes de développement des filières agricoles, d'intégration régionale, de coopération technique et de soutien à la société civile, ajoute-t-il. Les sommes engagées correspondent au budget de coopération dédié à la Côte d'Ivoire mis à disposition par les 25 Etats membres de l'Union européenne, et ne comprennent donc pas l'aide bilatérale propre à chaque pays. Le 10ème FED s'inscrit dans le cadre du partenariat entre l'Union européenne et les 77 pays de la zone Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) défini par l'accord de Cotonou du 23 juin 2000, révisé à Luxembourg le 25 juin 2005. La situation précaire de l'Etat ivoirien, coupé en deux depuis une tentative de coup d'Etat en septembre 2002 et régulièrement secoué depuis par des accès de violences, n'a pas permis la mise en oeuvre du 9e FED. Après un coup d'Etat fin 1999, la croissance ivoirienne a reculé de 2,3% en 2000. L'activité n'est redevenue significativement positive qu'à partir de 2004, avec 1,6% de croissance en 2004 et 1,8% en 2005, selon l'UE, qui reste le principal contributeur à l'aide au développement en Côte d'Ivoire.
Côte d'Ivoire: L'Anaproci, une association ivoirienne de producteurs de cacao, premier producteur mondial de cacao, dénonce le nouveau prix d'achat de la fève, fixé à 400 francs CFA (0,61 euro) le kilo et menace de déclencher un mouvement de grève national
ABIDJAN, 12 oct 2006 - Les producteurs ivoiriens de cacao ont menacé jeudi de déclencher un mouvement de grève national à partir de lundi prochain pour protester contre le nouveau prix d'achat de la fève, jugé insuffisant. "Nous allons paralyser le pays si nous n'obtenons pas gain de cause", a déclaré à la presse Gervais Seri, secrétaire général de l'Association nationale des producteurs de café cacao de Côte d'Ivoire (Anaproci), à l'issue d'une réunion de crise à Abidjan. L'Anaproci, qui regroupe la majorité des 600.000 planteurs de Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, dénonce le nouveau prix d'achat de la fève, fixé à 400 francs CFA (0,61 euro) le kilo, selon M. Séri, qui estime que cette menace de grève est "un signal fort" à l'attention du gouvernement. Ce prix "indicatif d'achat bord champ" vient d'être fixé par la Bourse du café cacao (BCC) d'Abidjan, structure de commercialisation du cacao en Côte d'Ivoire. Les planteurs réclament de leur côté un prix de 600 FCFA/kg, jugeant le prix de 400 FCFA "insuffisant du fait des taxes encore trop élevées". Valable le temps de la "traite" (période de vente du caco), qui s'ouvre en octobre et doit durer plusieurs mois, ce prix a été majoré de 10 FCFA par rapport à la campagne précédente, a précisé M. Séry L'Anaproci réclame également une réduction de 100 FCFA/kg du Droit unique de sorti (Dus), une taxe qui s'élève actuellement à 220 FCFA/kg. Selon la bourse d'Abidjan, la Côte d'Ivoire a produit 1,4 million de tonnes de cacao au cours de la campagne 2005/2006, dont 1,33 ont été exportés, contre 1,28 million, dont 1,22 ont été exportés, lors de la saison précédente. Environ 6 millions d'Ivoiriens, sur un total de quelque 15 millions, vivent directement ou indirectement du cacao. Près d'un tiers des 600.000 producteurs de cacao recensés ont abandonné leur exploitation par crainte de l'insécurité depuis le début de la crise militaro-politique de septembre 2002, déclenchée par une rébellion armée qui occupe toujours le nord du pays. Selon la présidence ivoirienne, le café et le cacao représentent 40% des recettes d'exportations de la Côte d'Ivoire et 20% de son PIB, estimé à 8.000 milliards de FCFA (12,20 milliards d'euros) par le Fonds monétaire international (FMI).
Côte d'Ivoire: Après avoir pris acte des recommandations de la Cédéao de la probable reconduction d'un an du Président Gbagbo, l'opposant ivoirien Ouattara propose une présidence collégiale et une suspension de la Constitution pour avancer dans le processus de paix
ABIDJAN, 11 oct 2006 - L'opposant ivoirien et ancien Premier ministre Alassane Ouattara a préconisé mercredi l'instauration d'une présidence collégiale, dont il ferait partie, et une suspension de la Constitution pour faire appliquer les résolutions de l'Onu et avancer dans le processus de paix. Dans un document intitulé "propositions concrètes pour une sortie de crise en Côte d'Ivoire", Alassane Ouattara, prenant acte de la probable reconduction pour un an du président Gbagbo, propose, à défaut de sa mise à l'écart, la mise en place d'un "conseil présidentiel" collégial. Ce conseil regrouperait les principaux leaders ivoiriens que sont, outre MM. Gbagbo et Ouattara, l'opposant et ancien président Henri Konan Bédié, ainsi que Guillaume Soro, secrétaire général de la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle le nord du pays depuis septembre 2002. M. Ouattara y réitère sa volonté de suspendre la Constitution ivoirienne, qu'il considère comme un obstacle à l'application des résolutions de l'Onu, et de renforcer les pouvoirs du Premier ministre Charles Konan Banny (nominations, décrets-lois, commandement militaire, désarmement) aux détriments de ceux du président Gbagbo. Il réclame également la reprise à partir de novembre et l'achèvement "en deux mois" des "audiences foraines" destinées à recenser les populations en vue des élections et paralysées en raison des affrontements entre partisans de M. Gbagbo et ceux de l'opposition et de la rébellion. "Sur la base de ces hypothèses, le premier tour des élections présidentielles pourrait techniquement se dérouler dans huit mois maximum", estime M. Ouattara, président du parti d'opposition du Rassemblement des Républicains (RDR). La plupart de ces recommandations semblent avoir bien peu de chances d'aboutir, selon plusieurs diplomates, qui estiment que M. Gbagbo devrait être reconduit à son poste pour an an, et la Constitution ivoirienne, qui lui confère ses pouvoirs, maintenue. La Côte d'Ivoire est coupée entre le sud (gouvernemental) et le nord, tombé aux mains des rebelles des Forces nouvelles (FN) lors de leur tentative de coup d'Etat contre M. Gbagbo en septembre 2002.
Côte d'Ivoire: Après le sommet de la Cédéao, les Chefs d'Etat des pays membres du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine se réuniront le 17 octobre à Addis Abeba pour se pencher sur la crise en Côte d'Ivoire
ADDIS ABEBA, 10 oct 2006 - Les chefs d'Etat des pays membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine se réuniront le 17 octobre à Addis Abeba pour débattre des propositions de sortie de crise en Côte d'Ivoire, a annoncé mardi le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré. "La réunion aura lieu le 17 octobre à Addis Abeba au niveau des chefs d'Etat" du CPS, a déclaré M. Konaré à Addis Abeba, siège de l'Union africaine (UA). Les réunions à ce niveau du CPS, l'un des principaux organes de l'UA, sont relativement rares. Généralement, elles ont lieu au niveau des ambassadeurs ou des ministres des Affaires étrangères. Vendredi, les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) s'étaient réunis à Abuja pour se pencher sur la crise en Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis une tentative de coup d'Etat ratée en septembre 2002. Au terme de ce sommet, la Cédéao avait fait parvenir à l'UA des "recommandations détaillées", et non rendues publiques, concernant la transition Ivoirienne. Ces recommandations prévoient une rallonge d'un an pour le président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Charles Konan Banny après le 31 octobre dans le cadre de la nouvelle transition ivoirienne, selon des sources diplomatiques africaines. Le sommet d'Abuja visait à définir les modalités de cette nouvelle transition, la précédente, définie par la résolution 1633 adoptée par l'Onu en octobre 2005, arrivant à terme le 31 octobre. Les récentes réunions sur la Côte d'Ivoire ont constaté l'échec de la résolution 1633, qui prévoyait la tenue d'élections avant le 31 octobre 2006. Ce délai n'a pu être tenu en raison des multiples blocages et affrontements entre partisans du président Gbagbo, de l'opposition et de la rébellion des Forces nouvelles (FN), dans un pays coupé en deux entre le Sud (gouvernemental) et le Nord (tenu par les FN) depuis septembre 2002. Il revient désormais à l'UA et à l'Onu de déterminer l'équilibre des pouvoirs entre MM. Gbagbo et Banny après le 31 octobre, dans un contexte délicat de tensions et de risques d'affrontements sur le terrain.
Côte d'Ivoire: Selon plusieurs diplomates européens à Abidjan, la Cédéao recommande dans le cadre de la nouvelle transition ivoirienne la prolongation d'un an du Président Gbagbo et du Premier ministre Banny
ABIDJAN, 9 oct 2006 - La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao) recommande la prolongation d'un an du président Laurent Gbagbo et du Premier ministre Charles Konan Banny après le 31 octobre dans le cadre de la nouvelle transition ivoirienne, a-t-on appris lundi de sources concordantes. Cet avis, non mentionné vendredi dans le communiqué final de la Cédéao, fait partie des recommandations "secrètes" (non rendues publiques) transmises à l'Union africaine (UA), qui doit examiner le dossier africain à la mi-octobre. "La Cédéao recommande la prolongation d'un an du dispositif institutionnel de transition actuelle, avec le président Gbagbo et le Premier ministre Banny", ont indiqué lundi plusieurs diplomates européens à Abidjan. "Nous sommes informés que le chef de l'Etat est encore maintenu à son poste pour une période d'un an, et le Premier ministre Banny demeure à son poste", a également indiqué lundi le secrétaire générale de la rébellion des Forces Nouvelles (FN), Guillaume Soro, dans un entretien au quotidien "Le Patriote". Cette information va dans le même sens que les indications données ces dernières semaines par plusieurs responsables occidentaux sur les probables modalités de la prochaine transition qui doit débuter le 1er novembre.
Côte Ivoire: Après plusieurs heures de débat à huit clos entre les Chefs d'Etat et de gouvernement ont décidé de s'en remettre à l'Union africaine et à l'Onu au sortir du Sommet extraordinaire de la CEDEAO qui s'est tenu à Abuja le 6 octobre
ABUJA, 7 oct 2006 - Les onze chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest réunis en Sommet régional à Abuja vendredi sur la Côte d'Ivoire ont décidé de s'en remettre à l'Union Africaine et à l'Onu pour dénouer la crise qui dure puis quatre ans. A l'issue d'un sommet qui s'est achevé tard dans la nuit dans la capitale fédérale nigériane, les chefs d'Etat de onze pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao), dont le président ivoirien Laurent Gbagbo, ont exprimé leur "profonde préoccupation face aux blocages" du processus de paix qui ont empêché la tenue de l'élection présidentielle initialement prévue fin octobre. C'est le second report de la présidentielle après celui d'octobre 2005. La Cédéao n'a toutefois pas fixé ou proposé de date pour ce scrutin dans son communiqué. Avant l'ouverture du Sommet, le secrétaire exécutif de la Cédéao, Mohamed Ibn Chambas, avait averti: "ce sera le dernier report de la date des élections". Dans leur communiqué final, les chefs d'Etats ont également déploré "les obstacles et atermoiements" qui ont rendu impossible cette élection, tout en réclamant une "mise en oeuvre pleine et entière" de la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l'Onu. Adoptée le 21 octobre 2005, cette résolution réclame essentiellement l'attribution de "tous les pouvoirs nécessaires" au Premier ministre pour mener à bien la transition jusqu'à des élections présidentielle et générales "libres, ouvertes, régulières et transparentes". La même résolution prévoyait également une prolongation de 12 mois de Laurent Gbagbo comme chef de l'Etat, mais exigeait aussi des Forces Nouvelles (FN, rébellion) qu'elles appliquent le programme prévu de désarmement. Selon les présidents ouest-africains, la résolution 1633 constitue "le cadre idéal du règlement de cette crise" face aux blocages dans son application, ils demandent au Conseil de sécurité de l'ONU de "prendre les mesures appropriées". La Cédéao exprime par ailleurs son soutien "à l'Onuci (la force de l'Onu en Côte d'Ivoire) et aux forces françaises" de l'Opération Licorne (4.000 hommes), ainsi que sa "satisfaction" dans l'application de la "feuille de route" de la transition par le Groupe international de travail (GTI) chargé de veiller au bon déroulement de cette transition. Enfin, les chefs d'Etat ont décidé de soumettre leurs recommandations au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union Africaine (UA). L'UA doit se réunir mi-octobre à Addis Abeba sur la situation en Côte d'Ivoire. Deux semaines plus tard ce sera au tour du Conseil de sécurité de l'Onu de se saisir une nouvelle fois du dossier, après avoir constaté le 20 septembre dernier l'impossibilité d'organiser une élection présidentielle dans les délais prévus. La Cédéao regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.
Côte Ivoire: Incertaine jusqu'à la dernière minute, le Président Gbagbo a quitté ce matin Abidjan pour Abuja où il participera au sommet des Chefs d'Etats de la CEDEAO sur la crise ivoirienne
ABIDJAN, 6 oct 2006 - Le président ivoirien Laurent Gbagbo a quitté vendredi matin Abidjan pour Abuja où il doit participer au sommet des chefs d'Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) sur la crise en Côte d'Ivoire, a-t-on appris de sources concordantes. Selon un officier de l'état-major des forces loyalistes ivoiriennes, l'avion du président Gbagbo a décollé vers 07H00 (locales et GMT) de l'aéroport international d'Abidjan pour la capitale nigériane. Une autre source aéroportuaire a confirmé l'information, sans plus de précisions. La participation de M. Gbagbo à cette importante réunion destinée à relancer le laborieux processus de paix en Côte d'Ivoire était incertaine jusque là. A Abuja, les chefs d'Etat de la Cédéao vont devoir notamment aborder l'épineuse question des prérogatives de l'exécutif ivoirien. L'opposition ivoirienne demande d'octroyer les pleins pouvoirs au Premier ministre de transition Charles Konan Banny, et la rébellion des Forces nouvelles (FN, qui contrôle le Nord depuis septembre 2002) veut le départ du président Gbagbo et son remplacement par un triumvirat de transition. Drapé dans la Constitution, le chef de l'Etat ivoirien entend en revanche rester à son poste et conserver ses pouvoirs jusqu'à l'organisation d'une élection présidentielle. Encadré par les Nations unies et l'Union africaine (UA), le processus de paix ivoirien devait déboucher sur des élections fin octobre mais des désaccords persistants, notamment sur l'actualisation des listes électorales et le désarmement, ont rendu ce délai impossible à tenir. Le report, prévisible depuis des mois, a été rendu officiel le 20 septembre par l'Onu à son siège de New York, les médiateurs et les acteurs de la crise ivoirienne, en l'absence notable de Laurent Gbagbo qui avait refusé de se rendre à cette réunion.
Côte d'Ivoire: Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Côte d'Ivoire a déclaré hier à Ouagadougou que les Nations unies espèrent "recommandations claires" attendues de la Cédéao et de l'UA (ONU) que les sommets de la Cédéao et de l'Union africaine vont donner des recommandations claires au Conseil de sécurité sur comment sortir de la crise
OUAGADOUGOU, 4 oct 2006 - L'ONU attend "des recommandations claires" de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de l'Union africaine (UA) qui doivent tenir des sommets sur la crise en Côte d'Ivoire, a affirmé un de ses hauts responsables mercredi à Ouagadougou. "Nous espérons au niveau des Nations unies que les sommets de la Cédéao et de l'Union africaine vont donner des recommandations claires au Conseil de sécurité sur comment sortir de la crise", a déclaré le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Côte d'Ivoire, Pierre Schori, à l'issue d'une audience de plus d'une heure avec le président burkinabè Blaise Compaoré. Le sommet de la Cédéao est prévu vendredi à Abuja (Nigeria), et celui de l'UA les 16 et 17 octobre à Addis Abeba (Ethiopie). "Les Nations unies sont pour une solution pacifique, démocratique, ivoirienne et africaine" dans ce pays coupé en deux depuis une rébellion politico-militaire déclenchée en septembre 2002, a-t-il ajouté. Pierre Schori a expliqué avoir fait le déplacement au Burkina Faso, voisin de la Côte d'Ivoire, pour informer M. Compaoré, qui préside le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, de l'évolution de la situation sur le terrain. "Il est important d'échanger quelques points de vue" avant les deux sommets africains, qui seront suivis d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU prévu avant fin octobre, a-t-il souligné.
Côte d'Ivoire: A la veille du Sommet régional de la CEDEAO sur la Côte d'Ivoire, le Président ivoirien a envoyé mardi une émissaire au Togo pour remettre un message au Président Faure Gnassingbé
LOME, 4 oct 2006 - Une émissaire du président ivoirien Laurent Gagbo a été reçue mardi soir à Lomé par le président togolais Faure Gnassingbé, a-t-on appris de source officielle, à la veille d'un Sommet régional sur la Côte d'Ivoire à Abuja. Mme Sarata Touré Ottro Zirignon, adjointe au directeur de cabinet à la présidence ivoirienne, a remis un message de Laurent Gbagbo au président Gnassingbé, dont le contenu n'a pas été révélé. "N'oublions pas que les premières discussions sur la crise en Côte d'Ivoire ont eu lieu au Togo (...) Nous venons voir nos amis chaque fois que la crise est en discussions", a-t-elle déclaré à la presse. Le Togo avait abrité en novembre et décembre 2002, des négociations entre les représentants du gouvernement d'Abidjan et les mouvements rebelles ivoiriens sous la médiation du général Gnassingbé Eyadéma, père de l'actuel président décédé le 5 février 2005. La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat en septembre 2002 de la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle depuis la moitié nord du pays. Un sommet des chef d'Etat de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) consacré à la Côte d'Ivoire, doit se réunir le 6 octobre à Abuja, la capitale fédérale nigériane. On ignore si Laurent Gbagbo, qui avait boudé la réunion des Nations unies consacrée à la situation dans son pays le 20 septembre, y participera. La Cedeao regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, le Togo.
Côte d'Ivoire: L'Union africaine appelle à "appuyer les efforts" du Premier ministre de transition ivoirien, qui, dans un entretien se dit déterminé à continuer pour la sortie de crise dans son pays
ADDIS ABEBA, 2 oct 2006 - Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a appelé lundi à "appuyer" les "efforts" du Premier ministre de transition ivoirien, Charles Konan Banny, dont l'étendue des pouvoirs sera discutée par la Cedeao et l'UA en octobre. "Nous avons entendu une déclaration du Premier ministre, il est déterminé à continuer, nous devons donc appuyer ses efforts", a déclaré M. Konaré à la presse à Addis Abeba, siège de l'UA. Le Premier ministre de transition en Côte d'Ivoire a fait savoir lundi sur Radio France Internationale qu'il était prêt à poursuivre sa mission au-delà de son mandat qui prend fin de facto le 31 octobre. "Laisser tomber la Côte d'Ivoire? Non, je n'ai pas envie de laisser tomber la Côte d'Ivoire, surtout pas dans cette situation. J'ai contracté une dette", a-t-il déclaré. "Nous devons tout faire pour que les réunions de la Cedeao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, le 6 octobre à Abuja) et de l'UA (qui devrait avoir lieu mi-octobre) soient une réussite, et pour cela il y a deux conditions (...). La première c'est d'être à l'écoute des Ivoiriens et (...) il faut que les Ivoiriens s'expriment là-dessus", a encore estimé M. Konaré. "Il est important (...) qu'il y ait plus d'harmonie entre nos différentes positions, position de la commission, position de la présidence de l'Union, position du médiateur et de la Cedeao, il faut cette harmonie pour bien aborder le problème de la Côte d'Ivoire", a conclu M. Konaré. Le 20 septembre, l'ONU et les acteurs de la crise ivoirienne, à l'exception du président Laurent Gbagbo, ont reporté sine die l'élection présidentielle prévue fin octobre et confié aux instances collectives africaines, la Cedeao et l'UA, le soin de trouver un nouveau cadre au processus de paix. La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat en septembre 2002 de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle depuis la moitié nord du pays.
Côte d'Ivoire: Dans un entretien publié par le quotidien "Le Parisien", Charles Konan Banny estime que la réunification de la Côte d'Ivoire doit passer avant la tenue d'élections
PARIS, 2 oct 2006 - Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny estime que la réunification du pays doit passer avant la tenue d'élections dans le pays, dans un entretien publié lundi par le quotidien Le Parisien. "Ma mission consiste à normaliser la situation avec tout d'abord la réunification du pays, le redéploiement de l'administration, la liberté de circulation, mais aussi l'identification des populations en vue d'élections libres et transparentes", a-t-il dit. "Les élections doivent venir couronner ce programme", a ajouté le Premier ministre de réconciliation nationale qui souligne que pour lui, les élections "ne constituent pas un but en soi". Le 20 septembre, l'ONU et les acteurs de la crise ivoirienne, à l'exception du président Laurent Gbagbo, ont reporté sine die l'élection présidentielle prévue fin octobre et confié aux instances collectives africaines, la Communauté économiques des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union africaine (UA), le soin de trouver un nouveau cadre au processus de paix. Le président Laurent Gbagbo est hostile à une implication de la Cédéao, mais M. Konan Banny estime que si les Ivoiriens échouent à résoudre la crise, "il faut que les Africains s'en mêlent". La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat en septembre 2002 de la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle depuis la moitié nord du pays.
Côte Ivoire: En marge du somment de la francophonie à Bucarest, dans un entretien le Président français a souhaité un renforcement des pouvoirs du Premier ministre ivoirien et une prise en main de la situation par les africains
BUCAREST, 28 sept 2006 - Le président français Jacques Chirac s'est déclaré jeudi "tout à fait désespéré" par la situation en Côte d'Ivoire et a souhaité un renforcement des pouvoirs du Premier ministre Charles Konan Banny, dans un entretien à TV5 et RFI en marge du Sommet francophone à Bucarest. Qualifiant de "désastreuse à tous égards" la situation du pays, qui est "incapable d'y organiser normalement, faute de listes électorales crédibles, des élections", M. Chirac s'est dit "tout à fait désespéré de cette situation". "Je pense qu'il n'y a pas d'autre solution qu'une prise en main par les Africains, et quand je dis les Africains, ça veut dire l'Union africaine et notamment la CEDEAO, c'est-à-dire des gens de la région", a-t-il ajouté. La CEDEAO est la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, qui compte 15 pays. Le chef de l'Etat français s'est déclaré "tout à fait favorable" à ce que le Premier ministre Charles Konan Banny, "un homme de sagesse qui n'est pas impliqué dans la défense d'intérêts particuliers en Côte d'Ivoire et qui incarne donc autant que faire se peut l'intérêt général", dispose des "pouvoirs les plus larges possibles". A la tribune du Sommet de la Francophonie, M. Chirac a appelé à des élections "ouvertes et fiables" en Côte d'Ivoire, où le processus de paix ivoirien devait déboucher avant fin octobre sur des élections générales visant à réunifier le pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat des Forces nouvelles en septembre 2002. Mais les désaccords persistants des protagonistes sur l'actualisation des listes électorales et sur le désarmement, ainsi que les affrontements réguliers de leurs partisans, ont rendu ce délai impossible à tenir. C'est la seconde fois que les élections, initialement prévues en octobre 2005, sont reportées.
Côte d'Ivoire: La CEDEAO a fixé au 7 octobre dans la capitale nigériane son sommet des Chefs d'Etat sur la Côte d'Ivoire
LAGOS , 27 sept 2006 - Un sommet des chef d'Etat de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) consacré à la Côte d'Ivoire se tiendra le 7 octobre à Abuja, la capitale nigériane, a-t-on appris mercredi auprès de cette organisation. "Ce sommet durera une journée et les invitations ont déjà été lancées", a déclaré un responsable de la CEDEAO. On ignore si le président ivoirien Laurent Gbagbo, qui avait boudé la réunion des Nations unies consacrée à la situation dans son pays le 20 septembre, participera au sommet d'Abuja. La CEDEAO regroupe les états suivants: Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo. Lundi dernier, devant l'assemblée générale de l'ONU, le Nigeria a fait part des craintes de plusieurs pays d'Afrique sur une aggravation des tensions en Côte d'Ivoire et a appelé le Conseil de sécurité à prendre des sanctions si les élections n'ont pas lieu dans ce pays avant la fin de l'année. Prévues initialement en octobre 2005 puis repoussées d'un an, ces élections ont été une nouvelle fois reportées.
Côte d'Ivoire: Le Front populaire ivoirien a demandé vendredi la dissolution du GTI, le départ de toutes les forces militaires françaises et le médiateur de l'Union africaine, M. Thabo Mbeki, soit chargé du règlement de la crise et soit l'unique interlocuteur du Conseil de sécurité de l'Onu
ABIDJAN, 22 sept 2006 - Le parti présidentiel ivoirien, le Front populaire ivoirien (FPI), a demandé vendredi la dissolution du Groupe de travail international (GTI) sur la Côte d'Ivoire et le départ de toutes les forces militaires françaises, lors d'une conférence de presse à Abidjan. "Le FPI est profondément préoccupé par la division du pays qui perdure malgré toutes les concessions politiques faites par le chef de l'Etat Laurent Gbagbo", a déclaré en préambule le président du parti Pascal Affi N'Guessan. "Le FPI demande en conséquence la dissolution du GTI et le départ du pays de toutes les forces militaires françaises de l'Opération Licorne et du 43e Bima", a poursuivi M. N'Guessan. "Le FPI demande que le médiateur de l'Union africaine (le président sud-africain Thabo Mbeki) soit pleinement et exclusivement chargé du règlement de la crise et soit l'unique interlocuteur du Conseil de sécurité de l'Onu et de la communauté internationale", a ajouté l'ancien Premier ministre ivoirien. L'Onu a officiellement confirmé mercredi que les élections en Côte d'Ivoire ne pourraient avoir lieu le 31 octobre, comme cela était initialement prévu. Aucune nouvelle date n'a été fixée à ce jour. Le président sud-africain est attendu lundi à Abidjan pour une visite de travail d'une journée. Le chef de l'Etat Laurent Gbagbo a, à plusieurs reprises ces derniers jours, stigmatisé l'échec de la communauté internationale à résoudre la crise dans son pays et a affirmé qu'il était désormais prêt à discuter "mais plus à négocier". "Le FPI appelle à la mobilisation des militants, les patriotes et démocrates de tous bords afin d'engager dès aujourd'hui avec vigueur et détermination la principale bataille, celle du départ de notre pays des forces armées françaises, forces d'exploitation, d'occupation et d'asservissement. La paix en Côte d'Ivoire est à ce prix", a ajouté Pascal Affi N'Guessan. Le parti présidentiel a par ailleurs salué la décision du président Gbagbo de ne pas assister à la réunion internationale sur la Côte d'Ivoire mercredi au siège des Nations unies, qualifiant la réunion de "mascarade".
Côte d'Ivoire: Le médiateur de l'Union africaine pour la Côte d'Ivoire Thabo Mbeki sera à Abidjan dans les prochains jours pour des concertations en vue de la sortie de crise
ABIDJAN, 21 sept 2006 - Le président sud-africain et médiateur de l'Union africaine pour la crise ivoirienne Thabo Mbeki sera à Abidjan "dans quelques jours", a indiqué le président ivoirien Laurent Gbagbo dans un reportage de la première chaîne de télévision ivoirienne (RTI). "Le dossier (de la crise ivoirienne) revient à la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) et à l'Union africaine (UA). Le président Thabo Mbeki m'a fait connaître que dans quelques jours, il sera à Abidjan", a déclaré le président ivoirien. M. Gbagbo est également revenu aux micros de la télévision ivoirienne sur son refus de participer à la rencontre internationale sur la Côte d'Ivoire mercredi au siège des Nations unies. "C'était une réunion informelle. Alors quand le principal intéressé, le seul élu du pays, n'est pas là, qu'est-ce que les autres peuvent faire? Ils ne peuvent rien faire. Or, mon absence, je l'ai motivée comme étant une protestation contre la légèreté avec laquelle les gens du GTI (Groupe de travail international) traitent le dossier de la Côte d'Ivoire", a déclaré M. Gbagbo. "Le médiateur vient pour qu'on se concerte. (...) Je suis prêt à discuter mais je ne suis plus prêt à négocier", a-t-il conclu.
Côte d'Ivoire: A la suite d'une réunion sur la Côte d'Ivoire en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, le report des élections ivoiriennes a été confirmé mais aucune nouvelle date n'a encore été donnée
NEW YORK, 20 sept 2006 - Les élections en Côte d'Ivoire ne pourront avoir lieu à la date prévue, avant le 31 octobre, a confirmé officiellement mercredi à New York un haut responsable de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno. M. Guéhenno, chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, a confirmé ce second report des élections ivoiriennes en un an, à la suite d'une réunion internationale sur la suite à donner au processus de paix en Côte d'Ivoire, qui se tenait à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Cette réunion, a-t-il déclaré à la presse, a permis de confirmer "qu'il y a aujourd'hui en Côte d'Ivoire des blocages graves, qui ne vont pas permettre de tenir les élections à la date envisagée". Il n'a pas donné de nouvelle date pour ces élections. Tous les rapports en provenance de Côte d'Ivoire sont "concordants", a-t-il dit. Ils ont également confirmé "les dangers qui existent en Côte d'Ivoire, dangers pour les Ivoiriens, dangers pour ceux qui sont venus en aide aux Ivoiriens". "Ceci nous confirme qu'il est important d'agir maintenant dans l'urgence", a ajouté M. Guéhenno, précisant que la réunion de New York n'était pas une réunion de décision. "Les décisions seront prises par la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) qui a annoncé qu'elle tiendrait une réunion très prochainement, dans une quinzaine de jours, par l'Union africaine (UA) et en dernier ressort par le Conseil de sécurité", a-t-il dit. Les discussions ont permis de préciser "de nouvelles pistes possibles" qui avaient commencé à être élaborées par le Groupe de travail international (GTI) à Abidjan, a-t-il poursuivi. La réunion a rassemblé, autour du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, les principaux protagonistes de la crise ivoirienne -mais pas le président Gbagbo qui a décidé de la boycotter- et les médiateurs africains, notamment les présidents sud-africain Thabo Mbeki et nigérian Olusegun Obasanjo. Le processus de paix ivoirien, encadré par les Nations unies et l'Union africaine, devait déboucher avant fin octobre sur des élections générales visant à réunifier le pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat des Forces nouvelles (FN) en septembre 2002. Mais les désaccords persistants des protagonistes sur l'actualisation des listes électorales et sur le désarmement, ainsi que les affrontements réguliers de leurs partisans, ont rendu ce délai impossible à tenir. Les élections, initialement prévues en octobre 2005, avaient déjà été reportées d'un an à l'époque.
Côte d'Ivoire: Dans un entretien au quotidien français Le Monde diffusé mardi, M. Gbagbo a attaqué l'action de l'Onu et déclaré que les 11 000 soldats français et onusiens pouvaient partir "s'ils veulent"
PARIS, 19 sept 2006 - Le président ivoirien Laurent Gbagbo a attaqué l'action de l'Onu et de la France dans son pays, en affirmant que le plan de la communauté internationale en Côte d'Ivoire avait échoué et que les 11.000 soldats français et onusiens pouvaient partir "s'ils le veulent". Dans un entretien au quotidien français Le Monde diffusé mardi, M. Gbagbo a confirmé qu'il boycotterait une importante réunion prévue mercredi au siège de l'Onu à New York sur la Côte d'Ivoire, et a évoqué un "plan alternatif" qu'il pourrait proposer à l'U