Le Gl après avoir fait le porte à porte pour dénicher les récalcitrants, quémandé du carburant à leur fournisseur dont la dernière facture honorée par l'armée remonte à fin 2005, est arrivé ce matin à bord de deux véhicules à Doba où il a récupéré le Com régiment, le Com Régiment adjoint pressenti pour effectuer la mission, a catégoriquement et publiquement refusé d'aller mourir en terre étrangère. Ce beau monde a bougé à bord de trois véhicules en direction de Sarh où il doit récupérer le Com Rm de Sarh, le Cl Ali Djelbey, l'ami intime de Bozizé. On se rappelle que quand Deby avait demandé au Com Rm de Sarh de bouger au front Est, Bozizé a personnellement téléphoné à Deby le suppliant d'annuler la décision, car Ali Djelbey est le verrou contre les rebelles centrafricains (les mauvaises langues disent que c'est le Cl qui a demandé à Bozizé d'intervenir pour échapper au front Est ! Eh, les mauvaises langues !!). Toujours est-il que le Com Rm de Sarh est très proche de Bozizé, il passe toutes ses week-ends à Bangui où il parade, accompagné de ses gardes de corps armés jusqu'aux dents. La colonne tchadienne difficilement constituée doit passer la nuit à Goré, où elle doit récupérer deux véhicules escadrons, avant de pénétrer en territoire centrafricain.
Pour les militaires tchadiens, c'est une mission complètement insensée qu'ils sont entrain d'accomplir. La colonne est composée en tout et pour tout de 9 véhicules en très mauvais états à la différence des flamboyants Toyota neufs du front Est, de moins de 70 personnes dont la moitié n'est pas armée ; ajouter à tout cela la démotivation notoire des militaires.
Deby aurait dit au Gl Massramé que toute la logistique sera supportée par Bozizé et les tchadiens seront payés en diamants. Tout cela n'a pas convaincu les Tchadiens. A Doba, les palabres ont été si intenses pour demander l'annulation de la mission que le Gl a failli se faire prendre en otage. Les officiers faisant partie de la mission considèrent cette aventure comme une manifestation évidente de la vantardise de Deby et une diversion destinée à faire croire qu'il est capable d'aider les voisins et faire front à toutes les rébellions. Or, tout le monde sait que, même, les rares foyers de rebellions du Sud n'ont pas pu être contenus ; il a fallu plus d'une année pour venir à bout de 20 hommes dirigés par le Lt Raoul, ex compagnon de Ketté, qui opéraient dans la région ( Le Lt Raoul fut capturé et porté disparu, depuis). Mais ce que les militaires ignorent, c'est l'autre pan de l'opération : Deby est un fournisseur des services, surtout s'il est payé en diamants.
A suivre