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LES VILLAGEOIS DE PAOUA FUIENT DEVANT LES BANDES ARMEES

23/11 :Rca: Les villageois fuient devant les bandes armées

Chassés de leurs foyers comme des bêtes par des éléments armés, des villageois terrifiés du nord-ouest de la Centrafrique affirment en être réduits à se nourrir en brousse de racines, de fruits et de feuilles de manioc.

Des bandes d'éléments non identifiés ont commencé à opérer dans cette contrée il y a près de deux ans, provoquant un exode de population vers le Nord en direction du Tchad. Des travailleurs humanitaires assurent que les attaques, tant par ces bandes armées que par les forces gouvernementales, se sont intensifiées ces deux dernières semaines.

"Nous sommes pourchassés en pleine brousse comme des animaux par l'armée nationale et notre vie n'a plus de sens sur Terre", affirme Martin Déou, un habitant du village de Bowara.

Martin Déou est l'un des rares jeunes gens à être sortis mardi de la brousse au passage d'un convoi des Nations unies.

Habituellement, le vrombissement d'un moteur les fait s'enfoncer plus profondément encore dans la savane de crainte d'une nouvelle attaque mais cette fois, la vue du sigle de l'Onu les a incités à venir témoigner.

On a assisté ces deux dernières semaines à une augmentation importante des attaques, explique Marcus Prior, du Programme alimentaire mondial (Pam), à Paoua, le centre administratif voisin.

Les agresseurs s'en sont pris en particulier aux stocks de vivres constitués grâce aux récentes récoltes, laissant pour toute nourriture aux villageois des feuilles de manioc et ce qu'ils peuvent trouver en brousse.

Le Pam a lancé ce mois-ci un pont aérien humanitaire pour aider le million de personnes affectées par les violences dans le nord de la République centrafricaine, près de la frontière avec le Tchad.

DES MILLIERS DE PERSONNES DEPLACEES

Des habitants affirment que des soldats gouvernementaux ont attaqué des villages en accusant la population locale d'aider les groupes armés. Ces derniers comportent, semble-t-il, des mercenaires tchadiens et des insurgés centrafricains.

A Paoua, un ancien responsable municipal a déclaré mardi soir à des journalistes qu'il venait d'être retenu pendant plusieurs heures par des militaires qui l'accusaient de collaboration avec les bandes armées.

Beaucoup de villages des environs sont abandonnés et des milliers de personnes, fuyant leurs cases pillées ou incendiées, ont convergé sur Paoua.

Les travailleurs humanitaires estiment que 150.000 personnes ont besoin d'assistance.

Le gouvernement de Bangui minimise le nombre de personnes déplacées et impute les attaques aux groupes armés.

"Il y a des problèmes sécuritaires, il y a des coupeurs de route (ndlr: bandits)", a déclaré Cyriaque Gonda, porte-parole du président François Bozizé.

La France a offert une aide logistique à la République centrafricaine et au Tchad, et la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cemac) a promis de renforcer sa force de 380 hommes déjà déployée en République centrafricaine.

Des analystes notent néanmoins que Bangui contrôle mal le nord du pays et que le mandat de la force de la Cemac est faible.

"Une grande partie du territoire échappe au contrôle du gouvernement. Il y a là tant de groupes, tous opérant en fonction de leurs propres intérêts", confiait récemment à Reuters un militaire du Commandement européen des Etats-Unis (Eucom), dont dépend la région.

Source: Alwihda - Reuters/L'Express

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