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POURQUOI LES MOUVEMENTS REBELLES MONTENT ILS LES ENCHERES POLITIQUES ?

LES MOUVEMENTS REBELLES MONTENT LES ENCHERES POLITIQUES



En politique ce sont les intérêts qui comptent. Et comme disent les juristes, ‘‘Action = Intérêt''. Le président Bozizé est en train de faire l'expérience depuis le fameux accord de paix de Syrte qui pose plus de problèmes qu'il n'en résout vraiment.
François Bozizé pris dans son propre piège au nom de la paix et de la réconciliation nationale ? On serait tenté de le croire avec les enchères des mouvements des rebelles comme l'UFDR et le FDPC d'Abdoulaye Miskine.
On savait déjà que les chefs rebelles de l'UFDR n'attendent pas suivre les traces du FDPC. D'abord, ils ne se reconnaissent pas dans l'accord signé à Syrte et ensuite malgré la pression mise sur leurs personnes, Abakar Sabone et Am Droko Djotodja refusent obstinément de signer un quelconque accord en prison. Mieux, encore, les dernières informations laissent penser que les responsables de l'UFDR misent avant tout sur le dialogue politique comme préalable à la signature d'un accord de paix avec le gouvernement centrafricain.
L'UFDR se méfie du Général François Bozizé qui ne serait pas à ses yeux un homme de parole capable de tenir jusqu'au bout ses engagements politiques. C'est que les ex-compagnons du Général François Bozizé réagissent comme le chat. Ne dit-on pas que « chat échaudé craint l'eau froide ? »
Abakar Sabone et ses compagnons de l'UFDR avait déclenché cette nouvelle face à ce qu'ils considèrent comme les actes de trahison et l'ingratitude de François Bozizé qui les aurait grugés après le 15 mars 2003.
« Le dialogue d'abord, l'accord de paix après… ». C'est la ligne de défense de l'UFDR qui presse le gouvernement de parer au plus pressé en convoquant dans un délai raisonnable le dialogue politique. Certaines informations en provenance de la sous région laissent penser que les rebelles de l'UFDR qui se seraient reconstitués après leur débâcle de la fin de l'année, seraient prêts à reprendre les hostilités en cas de non convocation du dialogue politique. On espère simplement que c'est une manière pour les chefs rebelles de l'UFDR de mettre la pression sur le Général François Bozizé et son gouvernement pour obtenir ce qu'ils veulent, à savoir : le dialogue politique tout de suite ! Pression et surenchères donc…
De leurs côtés, les chefs rebelles du FDPC d'Abdoulaye Miskine et de Ringui Le Gaillard ne se sont pas contentés de la signature de l'Accord de paix de Syrte.
Quelques jours après leur retour à Bangui dans l'avion présidentiel, Abdoulaye Miskine n'avait pas manqué d'exprimer ses doutes et ses mécontentements au Secrétaire général de la CEN-SAD, M. El Madhani qui s'était rendu expressément à Bangui pour s'enquérir de la suite à donner à l'accord de paix de Syrte. A cette occasion déjà, Abdoulaye Miskine a clairement laissé entendre que ces gardes du corps le tiennent pour un prisonnier et sous haute surveillance. Il est allé loin en affirmant qu'il aurait perdu 10 kilos depuis qu'il a quitté la Libye où il serait aux petits soins grâce à la générosité du colonel Kadhafi. Mieux encore, il n'apprécie guère qu'on lui ait affecté un minibus sans batterie qu'il faut pousser avant qu'il ne démarre.
En clair, Abdoulaye Miskine détesté par la population centrafricaine regrette déjà d'avoir signé l'Accord de Paix et souhaitait retourner en Libye. Ce n'est pas étonnant que lors de la dernière rencontre de Sebah en Libye de nouveau en présence des présidents libyen et centrafricain, Abdoulaye Miskine soit revenu sur ses griefs et ses appréhensions quant à la stricte application des termes de l'accord de paix de Syrte.
De fait, Abdoulaye Miskine se plaint de tout, de ne pas manger assez et d'être confronté à une animosité populaire. Et pourtant, tout le monde était fondé à croire que le ‘‘Parrain'' de l'accord de paix de Syrte, en l'occurrence le colonel Kadhafi avait arrosé les signatures de cet accord de quelques milliers de pétrodollars. Or manifestement, la revue à mi-parcours de cet accord à Sebah a déjà fait apparaître des désaccords profonds quant à l'application effective dudit accord. Un ‘‘couac'' en perspective quant à la suite des évènements.
Car malgré la bonne volonté affichée du président François Bozizé et celui du gouvernement centrafricain, Abdoulaye Miskine et Ringui Le Gaillard qui vivraient aux frais de la princesse sont mécontents. « Chat échaudé craint l'eau froide ». On commence à craindre que Ringui Le Gaillard et Abdoulaye Miskine ne reviennent plus à Bangui malgré la sommation du colonel Kadhafi.






Jeudi 01 Mars 2007
Jean Ding Kpi
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