Dix anciens présidents africains ont appelé vendredi les Africains établis à l'étranger, particulièrement aux Etats-Unis, à revenir pour faire bénéficier de leurs connaissances et de leurs moyens économiques le continent le plus pauvre du monde. L'ancien président zambien Kenneth Kaunda a lancé cet appel lors d'une réunion qui a rassemblé à Johannesburg pendant deux jours d'anciens chefs d'Etat comme ceux du Botswana, Ketumile Masire, du Burundi, Pierre Buyoya, du Kenya, Daniel arap Moi et de Tanzanie, Benjamin Mkapa.
"Il y a de (nombreuses) raisons pour lesquelles les dirigeants africains doivent entretenir des relations avec la diaspora", a déclaré M. Kaunda, qui a dirigé la Zambie de 1964 à 1991.
"Le revenu annuel de l'ensemble des Africains installés aux Etats-Unis s'élève à 750 milliards de dollars. Ce potentiel économique doit servir au développement de l'Afrique et à la création de projets", a souligné M. Kaunda lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'il fallait s'atteler également à résoudre le problème de la fuite des cerveaux.
Il y a aux Etats-Unis 200.000 scientifiques africains, davantage que dans l'ensemble du continent, a-t-il relevé. Quelque 40.000 Africains à l'étranger possèdent des doctorats, a ajouté l'ancien président.
"Il est important de faire plus pour encourager nos frères et soeurs à rentrer (...) nous devons développer des stratégies pour montrer que nous souhaitons sérieusement leur retour", a ajouté M. Kaunda.
Cette conférence était organisée par le Centre de recherche et d'archives présidentielles africaines de l'Université de Boston et l'Université de Witwatersrand à Johannesburg.
L'ex-président du Bénin, Nicephore Soglo, Aristides Pereira du Cap-Vert, Karl Offman de l'Ile Maurice, Ali Hassan Mwinyi de Tanzanie et l'ancien dirigeant ghanéen Jerry Rawlings étaient également présents.