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| Bangui, 22/4/2006(AFP). Plusieurs milliers de personnes, pour la plupart des jeunes, ont manifesté vendredi dans la capitale centrafricaine Bangui pour dénoncer l’insécurité grandissante qui sévit depuis plusieurs mois dans le nord du pays. Organisée par une Coordination de la jeunesse, la marche a rassemblé, selon les sources, de 5 à 10.000 écoliers et étudiants, membres de formations politiques, de confessions religieuses ou d’ONG, qui ont défilé dans les rues de Bangui jusqu’à la présidence de la République. Là, le coordonnateur de la marche Daniel Nzéwé a lu un message dénonçant "les exactions perpétrées dans les villes du nord", condamnant "la prise du pouvoir par les armes" et se proclamant pour "la paix, la sauvegarde de l’unité nationale, le retour définitif à la sécurité, le respect des droits de l’Homme, la lutte contre l’intolérance et le renforcement de la démocratie". Le président de la Coordination de la jeunesse, proche de la coalition qui a soutenu le président François Bozizé lors des élections générales de 2005, a également lancé un appel à l’Onu, l’Union africaine (UA) et la communauté internationale pour qu’elles soutiennent la démocratie en Centrafrique. Le chef de l’Etat a répondu à la foule en sango, la langue nationale centrafricaine, en lui promettant l’organisation d’une "réunion élargie aux différentes couches de la Nation, pour discuter de la paix dans notre pays". "Voir des médecins assassinés, des maires tués, des soldats abattus, je dis non. Nous ne voulons plus de cela dans notre pays (...) nous voulons la paix au Tchad, nous voulons la paix au Soudan", a lancé François Bozizé. "Mais nous nous opposons aux braqueurs, aux coupeurs de route et aux rebelles", a-t-il poursuivi. "Aussi, nous ne voulons pas que les jeunes soient manipulés, dressés, pour tuer leurs frères, soeurs et parents ou pour déstabiliser notre chère patrie", a conclu le président. Plusieurs centaines de médecins, infirmières et personnels de santé ont par ailleurs défilé vendredi à Bangui pour demander un renforcement de la sécurité, après la mort le 9 avril de deux médecins centrafricains de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), assassinés par des "coupeurs de routes", a constaté un journaliste de l’AFP. La sécurité s’est considérablement dégradée depuis près d’un an dans tout le quart nord-ouest de la Centrafrique, où se multiplient les exactions des "coupeurs de route" et, plus récemment, les raids de groupuscules hostiles au régime du président François Bozizé. L’attaque de la ville de Paoua (500 km au nord de Bangui) par l’un de ces groupes le 29 janvier et la répression de l’armée qui a suivi ont fait plusieurs dizaines de morts, dont de nombreux civils. |