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RDCONGO LES BANDES ARMEES SEVISSENT DANS L'EST

RDCongo: à l'approche des élections, les bandes armées sévissent dans l'Est

 

© AFP
Soldat de l'Onu en faction sur la base de Katweguro (RDCongo), le 26 avril 2006
© AFP José cendon
GOMA (AFP) -
dimanche 30 avril 2006 - 11h09 - A l'approche des premières élections pluralistes en République démocratique du Congo (RDC) depuis plus de 40 ans, bandes armées et mouvements rebelles continuent de sévir dans l'Est du pays, en se livrant à des atrocités sur les populations.

Ces groupes armés - congolais et étrangers - interviennent notamment dans la province du nord-Kivu, où ils conservent une capacité de nuisance pouvant perturber le processus électoral. Parmi ces groupes, figure celui du général dissident Laurent Nkunda, qui rend la situation de la province particulièrement volatile.

Issus de l'ancienne rébellion pro-rwandaise du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) qui fait aujourd'hui partie du gouvernement de Kinshasa, le général et ses hommes ont refusé d'être intégrés au sein de nouvelles unités de l'armée régulière.

Ce général, connu pour ses capacités militaires, a pris brièvement le contrôle de la ville de Bukavu, capitale de la province voisine du sud-Kivu en 2004. Début 2006, ses hommes, en général plus aguerris que les militaires congolais, ont lancé une série d'attaques contre des positions de l'armée régulière dans le nord-Kivu.

"Il prouve à chaque fois sa supériorité sur le plan militaire", affirme Hans Romkema, un analyste spécialisé dans la région.

"Sauf si l'on agit rapidement pour arrêter les dissidents armés, d'autres accrochages seront inévitables", a relevé de son côté l'organisation International Crisis Group (ICG) dans un rapport publié jeudi.

"Les accrochages ont pris un caractère ethnique car les dissidents sont tous des Hutu et des Tutsi congolais. Ceci a exacerbé les tensions au sein de la province où des conflits liés à la terre opposent depuis longtemps ces communautés et les autres groupes ethniques", note ICG.

Basé dans les collines du Masisi, une région au nord-ouest de la capitale provinciale Goma, Laurent Nkunda a été critiqué par la communauté internationale pour de graves violations des droits de l'Homme, commises notamment quand il réprima une mutinerie dans la ville de Kisangani en 2002 et lors de la prise de Bukavu. Il est sous le coup d'un mandat d'arrêt.

"Tout le monde sait où il se trouve, ses hommes circulent librement à Goma, il y a une compagnie de Casques bleus juste à côté de là où il se trouve et personne ne vient le chercher", lance, sous couvert d'anonymat, un de ses sympathisants.

Le chef militaire du nord-Kivu, le général Gabriel Amisi, laisse de son côté entendre que le général dissident sera arrêté après les élections, prévues initalement le 18 juin et qui ont été reportées à une date qui reste à fixer.

"A quoi ça sert de gâcher le processus électoral", s'est-il interrogé cette semaine, à propos d'une éventuelle arrestation du dissident.

Le chef des Casques bleus de la Mission de l'Onu en RDC (Monuc) déployés dans la région, le général de brigade Gudapati Venkata Satyanarayana, affirme pour sa part que, lorsque l'armée congolaise "sera prête à lancer des opérations contre Nkunda", la Monuc l'appuiera.

En attendant, les Casques bleus "surveillent ses activités et les activités de ses hommes", dont le nombre est estimé à "entre 150 et 200", toujours selon le général onusien, qui estime "dominer la zone par sa présence".

Il avoue toutefois la difficulté de distinguer entre les hommes de Nkunda proprement dits et des officiers de certaines unités de l'armée régulière qui lui sont acquis et qui se joignent à lui dès qu'une occasion se présente.

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