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L'URGENCE D'HARMONISER LES INTERVENTIONS DES BAILLEURS DE FONDS VERS L'AFRIQUE

Aide aux pays africains : L'urgence d'harmoniser les interventions
Si l'efficacité de l'assistance financière aux pays africains est remise en cause, il faut chercher les raisons dans les différences d'approche notées chez les bailleurs de fonds. L'urgence est à l'harmonisation des différentes interventions.

Le président de la Banque africaine de développement, le Docteur Donald Kabéruka a reposé le lancinant débat sur une harmonisation des interventions des bailleurs de fonds en Afrique, depuis le quartier général de l'Institution financière à Tunis. Au cours de la vidéoconférence avec les bureaux de Dakar, Kampala, Abuja, Le Caire, il a dénoncé les variations de performance notées dans les divers modèles d'assistance. Les statistiques de l'aide au Sénégal semblent même lui donner raison. Par exemple, au terme de cette année, l'Usaid y a réalisé un taux de décaissement de 94 % pour ses projets d'assistance alors que, durant la même période, la coopération française a franchi le seuil de 75 % dans ses décaissements. L'Union européenne restait scotchée, elle, à 41 % au terme de l'année 2003. La Banque mondiale a enregistré un taux de 20 % en 2004 là où le Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme n'a pu exécuter que 15 % de son assistance pour le sida et 12 % pour celle du paludisme à la fin de ladite année. En substance, M Kabékura révèle que les raisons de telles disparités sont à chercher dans les différences notées dans les approches d'exécution des projets souvent complexes et trop coûteuses.

Au Sénégal par exemple, l'Etat fait actuellement face à quatre principaux types d'approches d'exécution de projet. lI s'agit en premier lieu de l'exécution directe des projets par une agence du donateur qui, de l'avis des spécialistes, a l'avantage d'être la moins contraignante pour le Sénégal qui a une plus grande liberté de manœuvre. Il y a aussi l'exécution directe par une agence nationale. Dans ce cas de figure, certains bailleurs confient la gestion de leurs fonds à des cellules. Ce modèle d'exécution par une cellule de gestion du projet pose problème en ce sens qu'il nécessite un long travail de mise en place nécessaire avant le démarrage (12 à 24 mois en moyenne).

Une frange de donateurs applique une gestion par contrat direct avec une entité privée là où d'autres affectionnent le modèle de contrat direct avec une entité privée. Une étude pilote préparatoire de démarrage d'un programme du Millenium Challenge Account (Mca), demandée par le Conseil national de sécurité des Etats-Unis d'Amérique, a même conclu à l'efficacité de cette approche. Selon cette enquête, la pertinence de cette démarche réside dans sa capacité d'appropriation, de temps de démarrage, de fiabilité d'exécution, de coût, de risque fiduciaire, de taux de décaissement et de qualité du suivi et évaluation.

Au cours de cette vidéoconférence, comme pour joindre l'acte à la parole, M Kabékura a rappelé que la Banque africaine de développement a organisé, en avril dernier à Bamako, conjointement avec l'Ocde, un atelier régional sur l'efficacité de l'aide dans le cadre de la déclaration de Paris sur l'harmonisation, l'alignement et la coordination entre les partenaires techniques et financiers, bilatéraux et multilatéraux. A l'en croire, avec ce nouveau mécanisme de coordination entre les bailleurs et les pays bénéficiaires de l'aide, il appartient désormais à ces derniers de prendre en charge les activités de coordination de l'assistance.

En marge de cette cérémonie, le représentant résidant de la Banque africaine de développement (Bad) Mohamed H'Midouche, s'est dit satisfait du taux de décaissement, qui est de 68 %, des projets approuvés pour le Sénégal depuis 2000. Par contre, ceux qui sont en cours n'ont atteint que les 26,4 %, confie-t-il, avant d'ajouter qu'entre 2006 et 2007, sa banque accordera à notre pays une enveloppe de 50 milliards de francs Cfa pour financer des projets de développement. En outre, il a révélé que depuis son installation à Dakar en novembre 2004, son institution a financé six projets de développement. Il s'agit, entre autres, du Projet d'électrification rurale pour 7,7 milliards de francs Cfa, de celui d'entretien routier pour 23 milliards de francs Cfa. Le développement de la Casamance ainsi que l'initiative eau en milieu rural, avec respectivement des enveloppes de 15,4 et 18 milliards, ont aussi bénéficié de l'appui de l'institution. qui a aussi financé la centrale électrique de Kounoune.

Au titre de l'année 2006, la Banque africaine de développement, de l'avis de M H'Midouche, compte appuyer le secteur privé et la bonne gouvernance pour 30 millions d'unités de compte, soit 23,1 milliards de francs Cfa. Le projet de promotion de la qualité de l'exportation bénéficiera, quant à lui, d'une enveloppe de 12 milliards de francs Cfa.

Ibrahima DIAW

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