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(Notre Voie 11/05/2006) ( 11/05/2006) On peut tout reprocher à l’ex-Premier ministre Seydou Diarra sauf qu’il a gouverné le pays dans l’illégalité. Ce qui n’est pas le cas de son successeur Charles Konan Banny. Banquier de formation, gouverneur de la BCEAO, il se refuse, curieusement, à soumettre la loi de finance à l’approbation des députés, représentants du peuple. Sans cet accord préalable et nécessaire du peuple, Banny fait le tour du monde avec l’argent du contribuable ivoirien. Plus de deux mois que le président Mamadou Koulibaly l’a saisi par courrier officiel pour qu’il vienne dire, devant l’Assemblée nationale ce qu’il compte faire avec l’argent des Ivoiriens comme l’a fait à l’époque, sans problème, Seydou Diarra. Mais l’homme refuse de s’exécuter. Il affirme sur les chaînes étrangères que le parlement ivoirien n’est plus national. Une attitude jugée méprisante par les députés réunis en séance plénière, hier, sous la présidence de la première vice-présidente Amon Ago Marthe. Avec les représentants du peuple, elle a fustigé l’attitude du Premier ministre du gouvernement de réconciliation nationale. “ Comment peut-on gérer sans que le budget ait été soumis au peuple”, s’est-elle interrogée. Pour les députés, Banny gouverne dans l’illégalité. C’est pourquoi la conférence des présidents a demandé au président Mamadou Koulibaly d’interpeller le gouvernement sur l’attitude du Premier ministre. Avec 105 députés sur 201( le quorum est de 101), la séance plénière a adopté le calendrier des travaux de la première session ordinaire de l’année 2006. La clôture de cette session est prévue le 26 juillet prochain. Une dizaine de projets de loi devrait être adoptée avant cette date. La loi portant indemnisation des victimes de guerre, la loi portant modification de certaines dispositions de la loi 62-405 du 07 novembre 1962 portant organisation du régime des pensions civiles, loi relative à la pension de reversions de la femme fonctionnaire décédée, loi relative à l’état civil en Côte d’Ivoire, la loi sur les conventions internationales, loi portant statut du corps diplomatique sont, entre autres, les lois qui seront votées par les parlementaires. Ce calendrier sera soumis au Conseil constitutionnel, a annoncé la première vice-présidente. Elle espère que le gouvernement enverra des commissaires pour défendre les textes. En tout état de cause “nous avons fait notre travail. Nous allons envoyer ce calendrier au président de la République. Libre au gouvernement d’envoyer ou pas un commissaire ”, a poursuivi Mme Amon Ago Marthe. Le 30 mai prochain, les députés adopteront une proposition de résolution portant modification de certaines dispositions du règlement de l’Assemblée nationale. Avant, ils auront, le mardi 23 mai, une séance d’information sur la grippe aviaire en Côte d’Ivoire, sur le redéploiement de l’administration pilote par le Comité National de Redéploiement de l’Administration (CNPRA) et sur le Programme national de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (PNDDR). Les députés ont prévu également d’organiser un séminaire sur le trafic d’enfants et sur le VIH sida. allanaliali2005@yahoo.fr Allan Aliali Banny est-il encore crédible? A entendre le Premier ministre Banny parler depuis son retour de tournée en Europe et en Amérique, on croirait rêver. Tant l’homme affiche sa détermination à procéder au désarmement des rebelles. Mais faut-il encore croire en lui? “Tous les problèmes qui sont prévus dans la feuille de route seront attaqués par le gouvernement et moi. Mais j’ai besoin que le chef de l’Etat et moi, nous nous mettions d’accord là-dessus. Je suis déterminé à aller au désarmement parce que je sais bien qu’on ne peut pas aller aux élections sans désarmement. Et je sais très bien aussi qu’il ne peut y avoir d’élections sans identification”. Le Premier ministre Charles Konan Banny a tenu ces propos, avant-hier mardi, au palais de la présidence de la République suite à sa rencontre avec le chef de l’Etat pour lui faire le point de sa mission auprès des bailleurs de fonds. Apparemment, ces propos sont rassurants pour les Ivoiriens qui attendent le désarmement depuis la formation du premier gouvernement issu de Marcoussis. Mais quand on se réfère à ces propos qu’il a récemment tenus justement au cours de sa tournée, on peut s’autoriser à douter de la bonne foi du Premier ministre. En effet, intervenant devant le Conseil de sécurité des Nations unies, là, on s’attendait à ce qu’il parle du désarmement comme étant aujourd’hui le seul obstacle à l’organisation des élections, Charles Konan Banny s’est autorisé à demander un supplément de casques bleus en Côte d’Ivoire en lieu et place du chef de l’Etat qui est juridiquement le seul habilité à prendre de telles décisions mettant en cause la souveraineté du pays. La question qui est naturellement venue aux lèvres de nombre d’Ivoiriens, c’est pourquoi faire ? Ce d’autant plus que Pierre Schori est constant dans sa déclaration selon laquelle les forces onusiennes n’ont pas pour mission de procéder au désarmement des rebelles. Heureusement qu’hier, après sa rencontre avec le chef de l’Etat, il s’est rétracté en disant qu’il n’a jamais fait une telle demande. C’est tant mieux. Intervenant ensuite sur la question de l’Assemblée nationale, M. Banny s’est autorisé à dire que le parlement ivoirien n’est plus national. En d’autres termes, pour lui, l’Assemblée nationale n’existe plus dans sa forme républicaine de sorte qu’il ne peut se présenter devant elle. Et pourtant, le même Banny disait que le GTI n’avait pas dissous l’Assemblée nationale. Et que si telle avait été son intention il se serait opposé en tant qu’Ivoirien. C’était suite aux manifestations de protestation contre la décision du GTI de dissoudre le parlement. En ce qui concerne la concomitance du désarmement et l’identification, le Premier ministre déclare, aujourd’hui, ne pas en être l’auteur. Et, après avoir échoué dans sa tentative de faire croire que c’était un accord obtenu entre le Président Gbagbo et les chefs locaux de la rébellion, à savoir Bédié, Ouattara et Soro, il rejette la concomitance de ces processussur les militaires: “Les ivoiriens doivent savoir que cette concomitance a été signée avant même que je ne vienne entre les FDS et les forces Nouvelles” dit-il sans sourciller. Evidemment, il prend soin de ne pas indiquer l’accord dans lequel se trouve la concomitance du désarmement et de l’identification. Vraiment Banny a l’art de se dédire autant qu’il excelle dans les contrevérités. Un tel homme ne peut être digne de confiance. Boga Sivori Désarmement, réunification, élections: Banny, il reste 174 jours, on fait quoi ? Le Premier ministre Charles Konan Banny est revenu depuis quelques jours d’une autre promenade à l’extérieur du pays. Il a rencontré le président de la République. Mais, jusque-là personne ne sait encore quand il se résoudra à commencer le désarmement, première étape de sa feuille de route. L’idée m’a été proposée par un grand frère que j’aime beaucoup et que j’ai toujours admiré pour son engagement limpide. Après le retour du Premier ministre de ses voyages occidentaux pendant lequel il a débité les mêmes discours flous qu’on lui connaît maintenant depuis bientôt six mois, il m’a appelé dans son bureau pour me faire la proposition de demander au chef du gouvernement ce qu’on fait maintenant. Il a surtout attiré mon attention sur le fait qu’en tout et pour tout, seulement 174 jours nous séparent de la date du 31 octobre, annoncée comme date butoir de la mission du Premier ministre. Alors, comme me l’a suggéré mon grand frère, posons la question au Premier ministre. Il ne reste plus que 174 jours pour faire le désarmement, redéployer l’administration, faire le recensement électoral et organiser des élections qui doivent transparentes. Dès votre nomination, en plus de la mission de désarmement des rebelles, de réunification du pays et d’organisation des élections que vous a clairement confiée la résolution 1633, vous vous êtes créé de toutes pièces une autre mission: ramener la confiance entre les patriotes et les rebelles. Or vous savez très bien que quelqu’un qui est agressé ne peut avoir confiance en son agresseur, alors même que ce dernier continue de menacer arme au point. Mais c’était pour vous la solution de facilité la plus idéale. Parce que la confiance étant une denrée non quantifiable et non mesurable objectivement, les Ivoiriens n’auraient aucun moyen d’évaluation de votre travail. Vous avez participé au complot du GTI visant à décapiter le parlement ivoirien. La jeunesse patriote a fait échec à cette forfaiture. Vous avez, par la suite, organisé pompeusement une rencontre bidon que vous avez appelé “rencontre des quatre grands”. Une véritable comédie, qui vous a permis seulement de parader devant les caméras du monde entier. Avant d’aller rendre visite à vos patrons en France, profitant du cafouillage créé par le président congolais Denis Sassou Nguesso pour lancer le concept de concomitance. Avec l’inélégance de faire croire que c’était une décision de Yamoussoukro. Le président de la République, tout en dénonçant votre gros mensonge, a pris acte de votre volonté de faire le désarmement et l’identification concomitamment. Vous étiez entre-temps déjà parti voir vos patrons en Europe et aux Etats-Unis. De là-bas, vous avez rué dans les brancards contre le parlement. Vous ne le reconnaissez pas. Exactement ce qu’avait voulu le GTI. Or, en janvier, vous avez juré, la main sur le cœur, que le GTI n’avait pas dissous l’Assemblée nationale. Et que si telle avait été son intention, vous vous y seriez opposé. Tout le monde sait aujourd’hui que c’étaient des paroles en l’air. Mais vous êtes revenu de votre périple. Vous dites être revenu satisfait. C’est bien. Maintenant, on fait quoi ? Il ne reste plus que 174 jours. Monsieur le Premier ministre, on fait quoi maintenant ? Guillaume T. Gbato © Copyright Notre Voie |