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Côte d'Ivoire: Kouadio Konan Bertin ( KKB) (Président de la jeunesse du PDCI) : "Nous n'accepterons pas la fraude"
17 Mai 2006
Publié sur le web le 17 Mai 2006
Interview Réalisée Par Allan Aliali
Kouadio Konan Bertin (KKB) est le président de la Jeunesse du PDCI. Dans cette interview, il parle de la prorogation de son mandat, de ses rapports avec le Premier ministre Charles Konan Banny. Mais surtout il s'élève contre la fraude sur la nationalité en cours dans le pays.
Le président Bédié a reconduit votre mandat qui arrive à terme le 30 mai prochain alors que des jeunes réclament la tenue d'un congrès. Pourquoi ?
Quand j'arrivais à la tête de la JPDCI le mai 2003, je savais très bien que j'avais un mandat de trois ans. Ce mandat prend fin le 30 mai prochain. En tant que démocrate, je suis le premier à enclencher tous les mécanismes pour qu'on aille à un congrès. Mais, je suis aussi un militant du PDCI-RDA. Un parti politique, c'est une association privée qui se dote de textes pour son fonctionnement. En ce qui concerne la JPDCI, structure spécialisée qui n'est pas autonome, il est dit que le président de la JPDCI convoque le congrès sur avis favorable de la direction.
En clair, cela veut dire que c'est la direction du parti avec le Bureau politique qui juge de l'opportunité ou non de tenir un congrès. Le Bureau politique a jugé opportun de nous reconduire.
C'est une note de satisfaction qui sanctionne notre travail de trois ans. Cela veut dire que le président du PDCI et le Bureau politique nous renouvellent leur confiance. Je voulais, en retour, traduire au président du PDCI, au secrétaire général, aux femmes et aux jeunes tous mes sentiments de gratitude. Les jeunes du PDCI, qui ont réclamé le congrès, sont dans leur droit. Je suis heureux qu'ils l'aient fait dans le strict respect de l'art démocratique.
Après la décision contestée de Bédié, certains dénoncent la chasse aux sorcières que vous voulez entreprendre. Qu'en est-il ?
Il n'y aura pas de chasse aux sorcières. Bien au contraire. Je suis soucieux du rassemblement dans l'unité. Ils n'ont rien à craindre. C'est Jean Jacques Rousseau qui le disait dans "Le Contrat social" : "L'obéissance en la loi qu'on s'est prescrite égale liberté". Les textes disent ceci, le Bureau politique a décidé autrement. Que chacun s'y conforme pour ne voir que l'essentiel. Pour ce qui me concerne, je m'emploierai à faire taire toutes les divergences comme on a l'habitude de le faire.
Vous vous êtes opposé à la prorogation de certains mandats dont celui de l'Assemblée nationale et du président Laurent Gbagbo. Pourquoi acceptez-vous aujourd'hui la reconduction du vôtre ?
Ce n'est pas la même chose. Mon mandat a été reconduit parce que le Bureau politique a estimé que j'ai bien travaillé et donc me renouvelle sa confiance, ce qui n'est pas le cas du Président Laurent Gbagbo qui a été sanctionné parce qu'incapable de produire des cartes d'identité pour les Ivoiriens. Il a été imposé par la communauté internationale. Je ne suis pas un président illégitime. Quand vous ajoutez à la volonté des jeunes l'onction du Bureau politique à ma reconduction. Je ne chercherai pas à avoir tous les militants du PDCI. Je me sens très bien dans ma peau. Ma légitimité reste intacte. Elle s'est même renforcée davantage avec l'appui du Bureau politique.
Il y a le clan Claude Atsé Atsé du Forum des jeunes du PDCI qui ne voit pas d'un bon oeil votre maintien. Après les interventions des aînés, la paix est-elle revenue entre vous ?
Nos rapports sont au beau fixe. Nous nous portons bien, chacun à son niveau où il se situe. C'est ce que je peux vous dire. Atsé est un jeune frère. Il y a seulement une question d'approche entre nous.
Comme vous, le mandat de l'Assemblée nationale a été reconduit.
Mais certains députés refusent de siéger. Exaspéré, le parlement de Côte d'Ivoire vient de supprimer les émoluments des députés qui ne veulent plus être députés. N'est-ce dans l'ordre des choses ?
C'est du brigandage. Parce que le président Mamadou Koulibaly a fait appel à tous les fonds des députés Pour payer, il ne donne pas pour les députés du PDCI
Ces députés ne peuvent pas être payés continuellement à ne rien faire?
La mission est terminée. Ce qu"ils font là-bas, c'est de la diversion pure et simple. Les députés du PDCI ont toujours travaillé dans ce pays. Ce sont des députés avec d'autres fonctions. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.
Côte d'Ivoire: Kouadio Konan Bertin ( KKB) (Président de la jeunesse du PDCI) : "Nous n'accepterons pas la fraude"
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Quel problème le fonctionnement normal de l'Assemblée national , pose-t-il dans l'avancement du processus de paix ?
Vous savez dans quel objectif vous voulez que l'Assemblée nationale fonctionne. Ça pose un problème lorsqu'il sert de banditisme d'Etat.
Comment est-ce possible lorsque les députés du RHDP sont majoritaires ?
De quelle façon ? Etre majoritaires ne signifie pas qu'il faut aller contre les textes de Marcoussis qui sont au-dessus de nos lois. Le FPI a noyé nos députés par des menaces perpétuelles, des agressions sur les députés par des achats de consciences.
Vos députés ne sont donc pas des poches d'intégrité ?
Ah oui ! Ils sont avec vous. Tous ces députés patriotes. Vous savez à quels frais Fologo est avec vous.
Fologo et ces députés PDCI ont décidé seulement de soutenir la République attaquée.
Il ne faut pas encourager la transhumance politique. Nous devons ensemble moraliser la société.
Ils sont partis parce que le PDCI a foulé aux pieds ses idéaux.
Dans ces temps qui courent, les idéaux sont là où le ventre se rassasie. Ce que je souhaite, c'est qu'on aille aux élections, que l'ordre revienne, il faut mettre fin à la pagaille. Il y a des gens qui se sentent bien. Nous pas, on vieillit, on ne travaille pas. Des gens vivent de la guerre. De grâce. Il y a des gens que j'ai connus ici, ne faisant rien, qui, avec la guerre, sont devenus milliardaires.
C'est pour ramener la paix que le PDCI s'est allié à la rébellion à travers le G7, puis le RHDP. Concrètement, que faites-vous pour la paix?
Depuis que le PDCI a fait le pas vers ses frères, les choses se sont améliorées. Seulement nous n'avons pas le pouvoir, nous n'avons que notre dialogue. Au début de la crise, le PDCl a soutenu la République.
Selon vous, qu'est-ce qui bloque le retour à la paix ?
La partie présidentielle qui refuse de respecter les accords signés.
Concrètement, quels accords ?
Je ne veux plus revenir à l'histoire. Avançons.
Croyez-vous à la concomitance du désarmement et de l'identification ?
Les techniciens disent que c'est possible. Moi, je ne suis pas technicien. Nous attendons le Premier ministre. C'est lui qui a dit qu'il peut faire, c'est que cela est faisable. Nous attendons que le gouvernement nous donne les modalités de la concomitance. Si ça coince, nous aviserons.
Des accords ont été signés. Le chef de l'Etat dit qu'il a fait sa part. Pensez-vous que les rebelles ont encore des raisons de garder les armes?
C'est celui qui tient la gâchette qui a ses raisons. Je n'ai pas de gâchette, je ne peux pas savoir pourquoi ils ont encore les armes.
Certains militants du PDCI après avoir combattu le gouverneur de la BCEAO Banny, sont aujourd'hui à ses pieds et font le pied de grue à son bureau et à son domicile. Le président de la JPDCI est devenu un habitué de la résidence Banny...
(Il s'énerve) Moi, je vais chez Banny et au grand jour avec la caution du président Bédié. Banny n'est pas militant du PDCI, mais il n'est pas l'ennemi du PDCI. Vous voulez que le FPI soit le seul à aller chez Banny. Cette fois-ci, croyez-moi, nous n'allons pas pousser Banny dans les bras du FPI.
La fraude sur la nationalité, dit-on, orchestrée par le RDR, est chaque jour dénoncée dans les journaux. Quel est votre commentaire ?
Je suis clair. A partir du moment où notre guerre tire ses origines d'un contentieux électoral, je suis de ceux qui se battront pour que le scrutin soit transparent et qu'il n'y ait pas de fraude. Cette fois-ci, donnons la chance à la Côte d'lvoire de retrouver la paix par des élections transparentes. Nous n'accepterons pas la fraude d'où qu'elle vienne.