Depuis que le Président de la République François Bozizé Yangouvonda a donné son accord de principe pour la tenue prochaine d'une concertation avec les différents acteurs politiques du pays, l'actualité politique nationale semble prendre un coup d'accélérateur. De part et d'autres, les différentes parties affûtent leurs armes pour ne pas être surprises par l'autre. C'est ainsi que les partis politiques de l'opposition se sont réunis pour harmoniser leurs points de vue lors de ce dialogue qui se révèlent très déterminants pour un dénouement heureux de la crise que traverse en ce moment la République Centrafricaine. On ignore ce qui se prépare du côté de la rébellion tant le public ainsi que les acteurs de la vie politique nationale souhaitent que cette concertation soit élargie à l'opposition armée qui apparaît comme responsable de l'insécurité qui sévit dans le pays. Cependant, là ou le bas blesse, est le fait que l'opposition politique centrafricaine a encore une fois de plus sollicité par la voix de Luc Apollinaire Dondon Konamabaye, 1er Vice-président du MLPC, a sollicité l'arbitrage du Président gabonais Omar Bongo Ondimba. Cette démarche que nous jugeons indigne d'une opposition politique responsable nous emmène à nous poser la question de savoir pourquoi toujours faire appel au Président Gabonais pour le règlement des conflits centrafricano-centrafricains ? Est-ce une manière tacite de prouver que les acteurs politiques nationaux sont-ils incompétents à pouvoir proposer des solutions idoines à nos problèmes ? A-t-on pensé au moins que le Président Gabonais a lui aussi ses propres difficultés avec la classe politique de son pays et qu'il ne sera pas éternellement appelé à jouer le rôle de « l'arbitre » dans les problèmes centrafricains?
Il faut noter qu'au sujet de la médiation du Président gabonais Omar Bongo Odimba, les leaders des autres formations politiques du pays sont divisés sur la question. Pour eux, ils demandent l'implication directe du Président français Jacques Chirac dans le règlement des conflits.
En effet, les solutions aux problèmes centrafricains ne pourront jamais venir de l'extérieur ni être dictées par qui que ce soit mais viendront plutôt des centrafricains eux-mêmes. Comment comprendre que trois années seulement après la tenue du dialogue national et à peine 10 mois de l'investiture du démocratiquement élu François Bozizé, le pays renoue avec les mêmes maux qui ont été à l'origine des précédentes crises? Une chose est sûre, tous ceux qui président actuellement aux destinées du pays ainsi que ceux qui se déclarent être en rébellion ont toujours été animés par la défense de leurs propres intérêts ,de leurs parents, ethnies et clans mais pas du peuple centrafricain qui est pris en otage par ces hommes politiques véreux toujours insatisfaits.
Par ailleurs, la Constitution de notre pays en son article 104 alinéa 2 et 3 dispose que : « le Conseil National de la Médiation a pour mission principale, l'amélioration des relations entre les citoyens en vue de protéger et promouvoir les droits des citoyens. Le Conseil National de la Médiation est doté de pouvoirs étendus pour recevoir les réclamations des citoyens et proposer des reformes en vue de la mise en place d'un mécanisme de résolution des conflits de tous ordres notamment politiques, économiques, sociaux, militaires majeurs impliquant l'Administration et les administrés, de garantie de la démocratie de proximité et d'accès des faibles au droit ».
L'on peut aisément déduire sans se tromper que la Constitution de notre pays a pris le soin de prévoir tous les mécanismes de résolution de nos problèmes internes. Le simple fait que l'opposition centrafricaine ait sollicité l'arbitrage du Président Omar Bongo Ondimba, l'on est tenté de dire que cela constitue une manière tacite de remettre en cause la compétence du Conseil National de la Médiation et la souveraineté de l'État. Cependant, avec une réelle volonté politique, le pays parviendra à résoudre les problèmes sociaux (paiement des salaires, bourses, pensions et autres) et une clairvoyance dans la gestion des affaires publiques, constitue un début de résolution de nos problèmes. Il faut également souligner que ceux qui s'agitent dans le Nord s'appuient sur les insuffisances du gouvernement pour justifier leurs entreprises.
La Communauté internationale ne peut intervenir qu'à titre d'appoint pour aider le pays à régler par lui-même ses conflits.