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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 20:43

Renchérissement du prix de l’uranium nigérien: Les 40. 000 F de la discorde
(Le Democrate du 13 au 19 août 2007)

On a assisté à une levée de bouchers à l’annonce de l’accord signé entre le ministre des Affaires étrangères et de la
Coopération, Aichaitou Mindaoudou et la présidente du groupe Areva, Anne Lauvergeon. Désormais, pour l’année 2007, le kilogramme d’uranium nigérien sera acheté à 40.000 F au lieu de 27.300 F qu’ Areva pratiquait. Dès la publication de cette nouvelle, certains responsables de la société civile avaient investi les radios périphériques pour s’en prendre au ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération et aussi au président de la République, Mamadou Tandja. Il a été question de sabotage, trahison, bradage des ressources du pays… Beaucoup de choses et pas très agréables avaient été dites sur ceux que
l’on indique comme étant responsables de « cette braderie» le président de la République et la ministre des Affaires
Etrangères et de la Coopération. Omnibulés par les prix qui se pratiquent sur la marché international, ces citoyens
pensent qu’il faut, même si l’on ne va pas rompre définitivement avec Areva, qu’on lui fasse payer le prix cher pour sa probable implication dans l’affaire du nord et aussi pour avoir exploité les sites uranifères nigériens pendant plus de quarante ans sans que l’on ne ressente les retombées.
Ceux qui estiment que le prix 40.000 F est dérisoire se demandent pourquoi c’est la ministre des Affaires Etrangères
qui avait été chargée de négocier alors même qu’elle ne s’y connaît pas en la matière ? Pourquoi ne pas avoir créé une commission comprenant des techniciens en la matière, des économistes et aussi des membres des associations de la société civile ? Pourquoi accepter d’arrêter le prix en Cfa au lieu de devises internationales fortes comme le dollar ou l’euro ? Enfin pourquoi
cette précipitation ?
A toutes ces interrogations, la ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération,
Aichatou Mindaoudou a tenté de répondre dans un point de presse animé lundi dernier. A cette occasion, elle avait d’abord situé le cadre dans lequel elle a effectué cette mission et donné des précisions sur les résultats obtenus en trois points.
Selon elle, il s’agissait d’une mission spécifique que lui avait confiée le président de la République, Mamadou Tandja.
« Il fallait devait-elle indiquer, faire comprendre à la société Areva que dans l’exercice de sa souveraineté, le Niger est déterminé à mettre en oeuvre une politique de diversification de ses partenaires. On ne peut donc plus parler de monopole d’Areva sur l’uranium nigérien.
Poursuivant ses explications elle dira que le deuxième point visait à « demander une révision exceptionnelle du contrat qui lie Areva au Niger depuis trois ans et qui a établi le prix de l’uranate à 27.300 Cfa le Kilogramme. Au regard de la flambée des prix sur le marché, le
président de la République a demandé à Areva la révision du contrat avant son
terme, prévu le 31 décembre 2007, pour que le prix soit augmenté. Je dois préciser que la pratique internationale des contrats à long terme du même genre, fixe les prix de ce produit 80.000 et
85.000 F CFA. Comme il s’agissait d’une révision exceptionnelle, le président de la République a considéré que le prix étant estimé à 80.000 Francs et que cette somme soit partagée équitablement
entre l’Etat du Niger et Areva.
Cette révision exceptionnelle couvre uniquement l’année 2007. En attendant les négociations globales qui seront engagées à partir du 31 décembre 2007, Areva a consenti la modification exceptionnelle,rehaussant le prix à 40.000 F au profit du Niger avec effet rétroactif,
qui court à partir du 1er janvier 2007.
Pour Aichatou Mindaoudou, le troisième point consistait « à informer Areva que le gouvernement du Niger à la faveur du renchérissement des prix sur le plan international,a besoin de 300 tonnes, qu’il compte lui-même aller vendre sur le marché international où la livre coûte environ130.000 F.CFA. Cette requête a aussi été satisfaite, mais selon les modalités suivantes : sur la mise à la disposition de notre pays des 300 tonnes d’uranium, la société Areva, arguant qu’elle avait des engagements avec des clients, a accepté de mettre à la disposition du Niger, 100 tonnes et les 200
que nous demandons toujours au titre de l’année 2007, vont être à la disposition de notre pays en début d’année 2008. Le groupe a également consenti une avance de 15 milliards de francs CFA au Niger au titre de ses dividendes».C’est donc toutes ces explications que Mme Mindaoudou a voulu donner aux Nigériens. Ceux qui n’ont pas été convaincus n’ont pas hésité à faire un tir groupe sur elle et le président de la République qui avait commandité la mission.
On assiste alors à un divorce entre le Président de la république et certains responsables de la société civile qu’il saluait chaleureusement pour leur soutien dans son bras de fer avec le Mouvement des Nigériens pour la justice et ses commanditaires.Outre le fait de reprocher au gouvernement nigérien de s’être fait avoir par les patrons d’Areva, ils pensent que les sanctions doivent être plus dures pour cette entreprise dont ils évoquent le soutien aux irrédentistes du MNJ. On se souvient que deux cadres d’Areva avaient été expulsés du territoire nigérien: il s’agit d’abord du colonel à la retraite,
Gilles Denamur responsable de la sécurité de la compagnie et ensuite du directeur général de cette société au Niger, M. Dominique Pin.
La question que l’on se pose est la suivante: le Niger pouvait-il avoir plus que ce qu’il vient de négocier ?
Aujourd’hui ceux qui reprochaient au président de la République de flirter avec certains responsables des associations de la société civile au détriment des autres forces organisées comme les partis politiques, rient sous cape.Bref le Niger et Areva ont trouvé un compromis et il est presque exclu que le Niger revienne sur les clauses de cet accord conclu. L’essentiel est de gérer dans la transparence et au profit de tous les citoyens nigériens, les ressources financières ainsi engrangées. C’est peut-être sur ce point que les associations de la société civile doivent se battre en attendant la conclusion de nouveaux accords à la fin de cette année.
A.S

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
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