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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 11:04
LA DOMINATION ET LE PILLAGE DE L'AFRIQUE PAR LA FRANCE VIA LE FRANC CFA! toute une manipulation!!! Le pillage de l'Afrique par les Français La domination politique, économique et militaire incontestée de la France sur ses anciennes colonies d'Afrique Noire est enracinée dans une devise, le franc CFA. Créée en 1948 pour permettre à la France de contrôler le destin de ses colonies, quatorze pays (le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la Guinée Bissau et le Tchad) ont maintenu la zone franc même après qu'ils aient obtenu leur indépendance des décennies auparavant. En échange de la garantie française de la convertibilité du franc CFA, ces pays ont consenti à déposer 65 % de leurs réserves de devises étrangères sur un compte spécial du ministère des Finances français et ont accordé à la France un droit de veto sur la politique monétaire de la zone franc chaque fois que ce compte spécial serait trop à découvert. Ces décisions ont eu des conséquences dévastatrices pendant quarante ans. La majeure partie de la réserve de francs CFA provient du commerce entre la France et ses alliés africains. Par conséquent, la zone franc a toujours eu peu d'argent à sa disposition et des taux d'intérêt élevés. D'un autre côté, conformément aux programmes d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, une discipline budgétaire rigoureuse a permis de conserver une inflation faible, comme si se serrer davantage la ceinture au nom de la stabilité des prix constituait la priorité à adopter en matière de politique dans des pays désespérément pauvres touchés par des décennies d'une demande en baisse. Résultat, une combinaison redoutable de convertibilité des devises, de taux d'intérêt qui grimpent en flèche, d'inflation faible et de mouvement des capitaux sans entraves, qui ne fait qu'alimenter la spéculation et la fuite des capitaux. Les spéculateurs transfèrent des sommes d'argent énormes de la France vers des comptes de dépôts locaux portant des intérêts élevés, collectent leurs gains exonérés d'impôt tous les trois mois et font de nouveau le plongeon de garantie du découvert. Les banques commerciales sont inondées de ces fonds de spéculation à court terme instables qu'elles prêtent aux gouvernements selon les conditions les plus draconiennes possibles. Les banques et les spéculateurs récoltent une coquette somme, les gouvernements sont criblés de dettes commerciales insoutenables, le secteur national de production est privé de financement sur le moyen et le long terme, et la majorité des individus restent empêtrés dans une pauvreté écoeurante. Entre-temps, le transfert libre des profits, le remboursement des dettes et la propension de l'élite à expatrier leurs biens entraîne une fuite des capitaux. Cette hémorragie massive de la devise étrangère est dirigée exclusivement vers la France grâce au contrôle des capitaux qu'elle a mis en place en 1993. Par conséquent, certains des pays les plus pauvres du monde financent une partie du déficit budgétaire français. La seule raison logique de l'existence du franc CFA est la connivence qui existe entre la France et les élites qui gouvernent ses anciennes colonies dans le but de piller les états de la zone franc. Même les effets bénéfiques de la devise commune sur le commerce entre les pays membres ont été neutralisés par la décision paradoxale prise par les anciennes colonies françaises d'Afrique noire en vue de démanteler la structure gouvernementale fédérale et le marché unique de l'époque coloniale et d'édifier des barrières commerciales à la place. Comme si tout cela ne suffisait pas, le taux de change du franc CFA, qui était demeuré inchangé depuis 1948, a été dévalué de 50 % en 1994. Y avait-il un meilleur moment (du point de vue des investisseurs étrangers, cela va sans dire) pour entreprendre une vaste privatisation des biens de l'Etat ? Sous les auspices du FMI et de la Banque mondiale, des secteurs lucratifs tels que l'énergie, les télécommunications, l'eau et les banques ont été liquidés aux entreprises occidentales à des prix défiant toute concurrence. Ainsi, le partenariat conclu entre la France et ses anciennes colonies africaines s'est finalement soldé par un déséquilibre spectaculaire. La France a obtenu un vaste marché pour ses produits, une réserve constante de matières premières à bon marché, le rapatriement de la part du lion qu'elle s'est taillée sur les économies locales, une influence politique incomparable, une présence stratégique importante avec des bases militaires occupées à titre gracieux, et la certitude qu'elle peut compter sur le soutien diplomatique de ses alliés africains. Mais pour les Africains, le partenariat a signifié une performance commerciale faible, une somme d'argent restreinte, des taux d'intérêt élevés, une fuite massive des capitaux et des montagnes de dettes dont le remboursement empêche tout investissement supplémentaire dans les domaines de l'éducation, de la formation, de la santé, de la production alimentaire, du logement et de l'industrie. Les effets négatifs de cet accord s'étendent en outre au continent africain dans son ensemble. Au niveau politique, la France et ses alliés sont opposés au concept d'un gouvernement continental prôné à la fin des années 1950 et au début des années 1960 par des individus comme Nasser et Nkrumah. Ils ont contribué à faire obstruction au projet et à fonder le club africain notoirement inefficace composé de chefs d'Etat, l'Organisation de l'unité africaine (OUA), ramenant ainsi l'intégration africaine des décennies en arrière. Lorsque l'OUA a mandaté la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) afin de promouvoir l'union monétaire et économique régionale, la France et ses alliés ont agi rapidement pour y faire obstacle en menant la création de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC). Ils ont ainsi empêché en partie la CEDEAO d'imiter les performances économiques de ses organisations soeurs, la Communauté de développement de l'Afrique australe (CDAA) et le Marché commun de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe (COMESA). Mais pour les alliés africains de la France, la greffe d'un programme d'intégration économique sur une union monétaire artificielle préexistante est illusoire et impraticable. En effet, cette greffe a séparé la structure de ces sociétés depuis la soi-disant indépendance de 1960. Il n'est pas étonnant qu'à l'heure actuelle, la majorité de ces pays soient confrontés à des troubles civils, des rébellions et un risque d'implosion. Pour que l'Afrique française puisse se développer, la zone franc doit être démantelée. La naissance de l'euro a offert à ces anciennes colonies une chance de se libérer de l'étreinte étouffante de la France. Ils ne l'ont pas saisie. Au lieu de cela, ils ont fixé leur devise sur l'euro et non plus sur le franc CFA, tout en gardant les mêmes règles, les mêmes institutions et le même mode de fonctionnement. Cette décision aura certainement des conséquences tragiques pour les citoyens de l'Afrique francophone. Voici l'extrait du solde du compte courant extérieur pour quelques pays d'afrique de l'ouest visible par tous sur le site de la banque de france : Solde du compte courant extérieur auprès de la banque de france pour l'année 2004 en franc cfa benin 733 milliards fcfa = 1,11 milliards d'euro burkina faso 659 milliards fcf= 1 milliard d'euro cote d'ivoire 4563 milliards = 7 milliards d'euo guinée bissau 97 milliards = 147 million d'euro mali 984 milliards = 1,5 milliard d'euo niger 445 milliards = 678 millions d'euro senegal 2336 milliards = 3,5 milliards d'euro togo 823 milliards = 1,25 milliard d'eruo A titre exemple pour comprendre le mécanisme, lorsqu'un pays comme la cote d'ivoire vend du cacao pour un million de dollards aux etats unis, les etats unis donne 1 million de dollars au tresor français et celui-ci garde 65 % (la part de la banque de france) et donne 35 % à la bceao.
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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 15:22
Sept pays africains font plus fort que la Chine.
(Les Afriques 07/10/2008)


Sur les 9 dernières années, 18 pays africains ont doublé leur PNB.

7 ont fait mieux que Chine avec plus de 150 % de croissance cumulée. 33 ont fait mieux que la France. Qui dit mieux ?


Classement par niveau de croissance

Comparatif grandes puissances

PNB 1998
PNB 2007
Croissance cumulée sur 9 ans

Chine
1055
2641
150%

Inde
374
907
142%

Russie
404
822
104%

Grande-Bretagne
1220
2425
99%

USA
7690
13446
75%

France
1526
2297
51%

Brésil
773
893
15%






Pays africains
PNB 1998
PNB 2007
Croissance cumulée sur 9 ans

Guinée Equatoriale
0.4
4.3
963%

Angola
3.8
32.4
753%

Mozambique
1.7
6.9
306%

Soudan
7.8
29.9
283%

Nigeria
30.7
92.4
201%

Tchad
1.6
4.8
197%

Cap Vert
0.4
1.1
178%

Burkina Faso
2.6
6.3
142%

Algérie
43.8
101.2
131%

Mali
2.7
6.1
127%

Kenya
9.3
20.9
124%

Bénin
2.2
4.7
114%

Botswana
4.9
10.4
112%

Congo
1.8
3.8
111%

Mauritanie
1.1
2.3
109%

Zambie
3.6
7.5
108%

Tanzanie
6.6
13.4
103%

Comores
0.2
0.4
100%

Ethiopie
6.5
12.9
98%

Cameroun
9.1
18.0
98%

Afrique du Sud
130.2
255.3
96%

Swaziland
1.4
2.7
93%

Niger
2.0
3.7
85%

Namibie
3.6
6.6
83%

Sénégal
4.9
8.9
82%

Ghana
6.6
11.8
78%

Maroc
34.3
58.0
69%

Togo
1.4
2.2
59%

Maurice
4.3
6.8
58%

Cote d'Ivoire
10.2
16.0
57%

Tunisie
19.4
30.0
55%

Sierra Léone
0.9
1.4
51%

Congo RD
5.1
7.7
51%

Madagascar
3.6
5.3
48%

Seychelles
0.5
0.7
48%

Gabon
4.9
7.0
43%

Egypte
71.2
101.7
43%

Centrafrique
1.1
1.5
35%

Rwanda
1.7
2.3
35%

Ouganda
6.6
8.9
35%

Lesotho
1.4
1.8
31%

Gambie
0.4
0.5
23%

Erythrée
0.8
0.9
11%

Guinée Bissau
0.3
0.3
0%

Malawi
2.3
2.3
-2%

Guinée
3.9
3.7
-5%

Burundi
1.2
0.8
-33%

Zimbabwe
8.6
4.5
-48%






Djibouti, Libéria, Libye, Somalie :nc








(Source l'Etat du Monde)







En 1998, 17 pays africains étaient engagés dans des conflits armés.

Dix ans plus tard, ils ne sont plus que cinq. Entre 1998 et 2007, 18 pays africains ont enregistré une croissance cumulée supérieure à 100% et sept d’entre eux ont fait mieux que la Chine, tant admirée pour ses performances économiques.

Précédemment, nous rendions compte du classement Doing Business 2009 qui plaçait quatre pays africains parmi les dix meilleurs réformateurs du monde.

A l’heure où la planète finance connaît la déconfiture que l’ont sait, on peut mesurer, à la lecture de ce dossier spécial à quel point les capitaux internationaux sont à côté de la plaque en ignorant superbement ce formidable gisement de croissance que constitue le continent
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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans ECONOMIE
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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 20:58
Economie
Une hausse catastrophique pour la zone CFA
L'euro a franchi coup sur coup cette semaine les seuils de 1,37 et 1,38 dollar pour la première fois de son histoire. La devise européenne avait dépassé 1,37 dollar mardi, avant d'enfoncer le seuil de 1,38 dollar vendredi, culminant à 1,3814 dollar. Elle a pris 1,3% au billet vert sur la semaine, et un peu plus de 4,5% depuis le 1er janvier.
C’est une bonne et une mauvaise nouvelle pour les pays de la zone CFA*. Le Franc est lié à l’Euro.

En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, cette hausse de l’euro favorise l’importation d’hydrocarbures et d’autres biens de consommation à moindre coût. En revanche, les exportations africaines risquent à ce rythme de devenir largement prohibitifs. On pense en particulier au coton.

C’est la raison pour laquelle les responsables des deux banques centrales (BCEAO pour l’Afrique de l’Ouest et BCEAC pour l’Afrique centrale) émettent l’idée d’aligner le FCFA plus seulement sur la devise européenne mais sur un panier de monnaies (dollar, franc suisse, yen, etc…).

Pour le moment, la Banque centrale européenne, qui a son mot à dire,  ne s’est pas prononcé sur cette hypothèse.


Voici les faits marquants de l'évolution de la devise depuis sa création:

31 décembre 1998: la parité de l'euro avec les anciennes monnaies européennes (Deutschmark, lire italienne, franc français) est arrêtée. Elle correspond à une valeur d'un euro pour 1,1665 dollar.

4 janvier 1999: premier jour de cotation officielle. L'euro termine les échanges à 1,1837 dollar.

27 janvier 2000: pour la 1e fois, l'euro passe sous le niveau de parité, à 0,9882 dollar.

26 octobre 2000: l'euro à son plus bas historique à 0,8230 dollar.

9 novembre 2000: après une série d'interventions de la Banque centrale européenne (BCE), l'euro repasse au-dessus de 0,86 dollar.

2 janvier 2002: introduction des pièces et billets en euro; la devise grimpe, un mouvement qui va se poursuivre doucement avec une économie américaine affaiblie.

15 juillet 2002: l'euro atteint la parité avec le dollar. A partir de cette date, la tendance de long terme restera à l'appréciation de l'euro face au dollar.

30 décembre 2004: l'euro grimpe à 1,3666 dollar.

15 novembre 2005: après presque un an de correction, l'euro recule jusqu'à 1,1640 dollar, avant de rebondir.

27 avril 2007: l'euro grimpe à 1,3682 dollar.

10 juillet 2007: l'euro franchit 1,37 dollar pour la première fois.

13 juillet 2007: l'euro atteint un nouveau record à 1,3814 dollar.


* Les pays de la zone franc sont
Bénin, Côte d’Ivoire, Cameroun, Guinée Bissau, Mali, Centrafrique, Tchad, Burkina, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Niger, Sénégal, Togo

Publié le 13 July 2007.
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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans ECONOMIE
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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 18:39
Franc CFA : Fin d'un héritage colonnial ?
(Continental Novembre 2007) 
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Symbole, s’il en est, de la «communauté de destin» entre la France et ses ex-colonies, le franc CFA est devenu, à l’heure des indépendances, la monnaie commune des pays de la «zone Franc» sur le continent africain. Considérée par les «pragmatiques» comme une valeur sûre constitutive d’une économie moderne dans le contexte mondial, cette monnaie est désignée par nombre d’économistes du continent comme une incongruité, la matérialisation prolongée d’une tutelle exercée par l’ex-puissance coloniale sur sa «zone d’influence». Quand l’on sait l’étroite dépendance –unique au monde– de cette monnaie africaine vis-à-vis du franc français au vu des mécanismes qui président à son existence, les experts et autres observateurs s’interrogent depuis des années sur la capacité de survie du CFA dont le cours aligné sur le franc français (et aujourd’hui sur l’euro) traduit de moins en moins la réalité et les «indices de performance» des économies africaines. Alors que le sort du CFA se joue au quotidien au Trésor français, la relative passivité des dirigeants africains renforce, au regard de l’opinion, l’idée d’une «mise sous surveillance» de la souveraineté des États de la zone Franc et de leur marge de manoeuvre régalienne en matière de politique monétaire. Une question devenue cruciale, entêtante aujourd’hui: avec le rattachement du franc CFA à l’euro sous les auspices et l’égide de la France, quel est le destin à moyen terme de la monnaie africaine dans sa structure actuelle? Car, par-delà l’interrogation «politique» sur la matérialité du CFA, le renchérissement irrépressible de l’euro face au dollar fait peser, chaque jour, une sévère hypothèque sur les économies africaines émergentes, s’agissant de leur compétitivité dans les échanges mondiaux. Exploration d’une exception franco-africaine, quarantesept ans après les indépendances des pays de la zone Franc.



Zone Franc : Chronique d'une alliance équivoque
Monnaie commune à quatorze pays africains, le franc CFA reste l’un des derniers legs de la colonisation française. Histoire d’une zone monétaire unique au monde.

Au commencement était la zone Franc, créée le 9 septembre 1939, composée de la France et de ses colonies, Départements et Territoires d’Outre-Mer où le franc français était la monnaie en vigueur. Mais progressivement, eu égard à des événements politiques, économiques et juridiques, la zone connaîtra des changements divers. C’est ainsi qu’est né, le 26 décembre 1945 –jour où la France ratifie les Accords de Bretton Woods– le franc CFA (franc des Colonies françaises d’Afrique). La parité de la nouvelle monnaie est déclarée au Fonds monétaire international sur la base de 1 FCFA pour 1,70 franc français. Cette parité passera à 2 en octobre 1948, puis à 0,02 en 1960 lors du passage au nouveau franc français, et sera maintenue jusqu’à la dévaluation du 11 janvier 1994 où le franc CFA a subi un brutal réalignement monétaire par rapport au franc français. Une nouvelle parité est définie au taux de 1 FCFA pour 0,01 FF. Depuis le 1er janvier 1999, le FCFA est arrimé à l’euro (1 euro = 655,957 FCFA).

Au gré des aléas politiques, plusieurs pays, tels l’ex- Indochine (Cambodge, Laos, Viêtnam) quitteront la zone Franc en 1954, suivis de la Tunisie (1958), du Maroc (1959), peu après leur indépendance, et de l’Algérie en 1963. En Afrique subsaharienne, à l’exception de la Guinée de Sékou Touré et du Mali de Modibo Kéita, qui ont décidé de créer leur propre monnaie, renonçant à participer à l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), –devenue en 1994, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa)(1) –, la zone Franc a en revanche résisté aux indépendances des pays de l’ex-AOF (Afrique occidentale française). La situation a été plus stable dans l’ex-AEF (Afrique équatoriale française) qui n’a connu aucune défection et a même accueilli la Guinée Équatoriale au sein de son union, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) (2).

En 1958, le vent des indépendances commence à souffler. Le général de Gaulle propose alors aux colonies africaines un référendum sur l’union-partenariat avec la France. Dans le même temps, le franc des Colonies françaises d’Afrique devient le franc de la Communauté française d’Afrique (CFA), commun aux deux sous-régions. Mais il n’a pas la même dénomination selon qu’on soit en Afrique de l’Ouest ou en Afrique centrale. Aujourd’hui, l’appellation franc CFA signifie « franc de la Coopération financière en Afrique centrale» pour les pays de la Cemac et « franc de la Communauté financière d’Afrique » pour les pays de l’Uemoa. La convertibilité extérieure des deux monnaies, distinctes, reste toutefois garantie par le Trésor français où les banques centrales africaines doivent déposer au moins 65 % de leurs réserves extérieures (lire page 25). Une disposition singulière toujours en vigueur !

En 1959, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Banque centrale des États de l’Afrique équatoriale et du Cameroun (BCEAC), devenue Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) en 1972, sont créées, avec pour mission de gérer l’émission des deux francs CFA pour les deux régions. Entre 1972 et 1973, de nouveaux accords de coopération monétaire sont signés entre les deux zones monétaires et la France, réduisant la présence de cette dernière au sein des Conseils d’administration des deux banques centrales, dont les pouvoirs ont été par ailleurs renforcés, leur offrant des possibilités de participer plus activement au développement des pays membres. Parallèlement, les sièges des deux institutions financières quittent Paris pour être transférés à Yaoundé (Cameroun) pour la BEAC, en 1977, et Dakar (Sénégal) pour la BCEAO, en 1978. Entre-temps, l’UMOA avait perdu, en 1973, la Mauritanie, mais a récupéré dans la zone CFA le Mali en 1984 et accueilli la Guinée Bissau en 1997. Malgré les indépendances des pays africains, ce qui frappe d’abord dans la zone Franc, c’est la permanence des règles de son fonctionnement, qui n’ont connu, depuis plus de cinquante ans, que de succincts aménagements, malgré les multiples changements de l’environnement international. Alors que le franc disparaît au profit de l’euro, la France, parraine au sein de l’Union européenne le rattachement du CFA à l’euro. L’avènement de l’euro en 1999 et son renchérissement face au dollar ne manquent pas de poser maints problèmes structurels aux économies africaines (lire ci-contre interview de Mamadou Moustapha Kassé). Nombre d’économistes africains considèrent cet arrimage comme une survivance de l’époque coloniale, voire une mise sous tutelle, car si les États africains prenaient des initiatives souveraines, notamment une nouvelle dévaluation du franc CFA, ou encore l’admission d’un nouveau membre en leur sein, ils seraient tenus d’en informer au préalable la France qui, à son tour, en référerait à ses partenaires européens.

Lucien Ahonto

(1) Les pays de l’Uemoa: Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo.
(2) Les pays de la Cemac: Cameroun, Gabon, Tchad, Guinée équatoriale, Centrafrique, Congo Brazzaville.


Mamadou Moustapha Kassé : Heurs et malheurs du tandem euro-CFA


«C’est à nous de définir la situation qui nous convient le mieux et comment procéder pour la mettre techniquement en musique.»
Le franc CFA étant arrimé à parité fixe à l’euro, l’onde de choc provoquée par la forte appréciation de la monnaie européenne face au dollar affecte également les économies de la zone Franc. Cette fixité du taux de change doit-elle être maintenue, aménagée ou purement et simplement rompue ? Analyse de Mamadou Moustapha Kassé, professeur d’économie et doyen honoraire des Sciences économiques et de Gestion de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Continental: L’euro atteint en ce moment un niveau record face au dollar (1,43 dollar, le 19 octobre). Ce qui signifie que le franc CFA s’apprécie aussi vis-à-vis du billet vert. N’est-ce pas paradoxal quand on connaît l’insignifiance des économies de la zone CFA par rapport à celle des États-Unis ?

> Mamadou Moustapha Kassé : Pas tant que cela. Le vrai problème c’est que les règles de fonctionnement de la zone Franc ne sont pas exclusivement déterminées par ses membres. Elles dépendent pour beaucoup de la volonté de la Banque centrale européenne qui fixe celles de la zone euro.

D’après certains économistes, cet arrimage confère une garantie de convertibilité au franc CFA dans toutes les monnaies étrangères. Est-ce vraiment un avantage ?

> Incontestablement! Il nous permet d’être plus ouverts au commerce international en attirant des investissements et des placements financiers. Il facilite en plus nos échanges commerciaux, parce qu’il nous épargne l’épineuse épreuve de la recherche de devises pour équilibrer notre commerce extérieur. Sans compter qu’il nous assure la stabilité de change dans la zone où se déroule la part la plus importante de notre volume commercial, tout en nous permettant de juguler l’inflation. Il suffit de comparer le niveau d’inflation dans les pays de la zone Franc à celui du reste de l’Afrique pour s’en rendre compte. Grâce aux critères de convergence en vigueur au sein de la Cemac et de l’Uemoa, le taux d’inflation n’y excède pas 2 %. Il frôle actuellement les 3 %, à cause d’une certaine tension observée ces derniers temps sur les prix des denrées alimentaires et de certains produits de première nécessité, comme le carburant, alors que, outre la situation catastrophique du Zimbabwe, le taux de l’inflation dans le reste de l’Afrique tourne en moyenne autour de 10 à 12 %.

Quelles sont en revanche les conséquences négatives sur les économies de la zone Franc ?

> Tous nos achats en euro auront tendance à se surévaluer. Notre balance commerciale vis-à-vis de la zone euro va se détériorer particulièrement quand nous vendrons en dollar et achèterons en euro. Or, nous sommes obligés de vendre certaines de nos productions en dollar parce qu’elles sont cotées en dollar sur le marché mondial, alors que, dans le même temps, nous achetons en euro puisque la plupart de nos industries, de nos infrastructures fonctionnent avec la monnaie unique européenne. Ce qui entraîne une incidence négative très forte sur notre balance commerciale. Cette forme d’arrimage rigide du franc CFA à l’euro pose réellement problème. D’où sa remise en question par la plupart des économistes africains. Au point que l’on se pose à nouveau la question d’une dévaluation de notre monnaie pour améliorer notre compétitivité. Il aurait à mon sens, mieux valu mettre en place un mécanisme permettant d’ajuster la valeur du franc CFA en fonction des situations économiques des pays, c’est-à-dire modifier le taux de change quand c’est nécessaire. Autrement dit, le faire flotter comme savent si bien le faire les Asiatiques, qui déprécient leur monnaie pour pouvoir être compétitifs et vendre à des prix intéressants sur le marché mondial.

En clair, nos produits d’exportation sont aujourd’hui fortement pénalisés sur le marché mondial ?

> Non, quand nous les vendons en euro aux pays de la zone euro. Oui, pour ceux dont le cours est exprimé en dollar. Par exemple, les revenus d’un pays de la zone Franc qui vend du cacao coté en dollar peuvent diminuer fortement. Un manque à gagner qu’il pourrait compenser par la très forte demande de matières premières de la part de grands pays émergents comme la Chine et l’Inde. En réalité, notre vrai problème est celui du renchérissement de nos approvisionnements dans la zone euro. Ceci étant, ces handicaps sont en partie corrigés par deux mécanismes, à savoir les transferts de fonds provenant des émigrés qui vivent dans les pays du Nord et qui constituent maintenant une part substantielle dans la mobilisation de nos ressources et les aides extérieures, peut-être moins efficaces, mais qui, quoiqu’on en dise, ont augmenté, surtout depuis le sommet du G8 de Gleneagles en Grande-Bretagne, en juillet 2005, où il a été décidé d’annuler les dettes d’un certain nombre de pays pauvres. Les IDE (Investissements directs étrangers, ndlr) provenant en grande partie des pays asiatiques, mais aussi du secteur privé, ont également fortement progressé en Afrique. Reste qu’il nous faut étudier de façon plus pointue les répercussions de ces multiples variations des changes sur les ressources que nous percevons, histoire de prévenir tout éventuel mouvement erratique.

Faut-il dévaluer le franc CFA pour pouvoir mieux résister à cette secousse monétaire ?

> Une dévaluation peut entraîner des difficultés supplémentaires. Mettre au point un mécanisme qui lui donne une valeur flottante permettant d’avoir une politique monétaire beaucoup plus souple et beaucoup plus active me semble plus judicieux. Seul problème, c’est la difficulté à le faire de façon homogène, étant donné l’extrême diversité des situations économiques et financières des pays de la zone Franc. La Côte d’Ivoire par exemple, même actuellement plombée par sa situation politique –une situation qui ne se prolongera pas indéfiniment–, dispose d’énormes potentialités, alors que d’autres pays de la zone sont nettement moins lotis.

Ne faudrait-il pas en finir avec cet héritage colonial et créer une monnaie commune à la zone Cemac et à la zone Uemoa, en y incluant la Mauritanie et les pays anglophones comme le Nigeria, le Ghana, le Liberia, la Sierra Leone et la Gambie ?

> Cette hypothèse est inscrite dans l’agenda de toutes les organisations régionales. L’idée de la coexistence de deux zones –une zone CFA et une autre constituée de toutes les autres monnaies avec l’établissement de passerelles entre les taux de parité des deux monnaies– est assez avancée dans l’espace monétaire de la Cedeao. À mon avis, il faut rester dans la zone Franc qui offre tout de même de substantiels avantages, mais en instaurant des règles qui permettent de modifier le taux de change quand les situations économiques et financières l’exigent. Et ce, pour deux raisons. Nous sommes uniquement des producteurs de matières premières dont nous ne contrôlons pas les instabilités des cours. Nous sommes donc soumis à des contraintes que nous ne maîtrisons pas. Par ailleurs, toutes nos balances commerciales connaissent des déficits structurels.

Peut-on en déduire que la zone Franc n’est pas encore prête à se désarrimer de l’euro ?

> Elle le fera inéluctablement un jour. Notre situation doit, en tout cas, être analysée de façon extrêmement objective, afin que les responsables politiques en accord avec les experts économiques mettent au point la stratégie la plus appropriée. C’est à nous de définir la situation qui nous convient le mieux et comment procéder pour la mettre techniquement en musique. Sinon, nous continuerons à payer cher notre immobilisme et notre absence de réflexion sur ces questions extrêmement importantes. Surtout que nous sommes confrontés sur le marché mondial à des pays comme la Chine qui, pour avoir opéré les modifications nécessaires, n’hésitent pas à faire varier leur taux de change. D’autant que le commerce entre l’Afrique et la Chine se développe de façon exponentielle.

Autrement dit, il faudrait d’abord instaurer des critères de convergence et une discipline monétaire avant de songer à créer une monnaie commune ?

> Des critères de convergence très clairs existent déjà dans la zone Franc, et en dehors de quelques rares dérapages, ils sont respectés par la plupart des États membres. D’où le taux de croissance appréciable dans la zone, et qui est parfois plus élevé que la moyenne africaine. Il a oscillé par moments entre 6 et 7% malgré la crise ivoirienne, contre 4,5 à 5 % pour la moyenne africaine. Le problème de la convergence se posera en revanche lors de la création de la seconde zone, car les déséquilibres budgétaires ne sont pas les mêmes entre le Ghana et la Gambie par exemple, tout comme la situation des réserves, qui est extrêmement différente du Liberia à la Sierra Leone, en passant par le Nigeria. En clair, ce sont plutôt les pays hors zone franc CFA qui ont besoin d’un pacte de stabilité. Après quoi, il faudra trouver des mécanismes relationnels entre les deux zones.

Propos recueillis par Valentin Hodonou



Euros et CFA : L'inéluctable réaménagement
L’appréciation de l’euro par rapport au dollar depuis quatre ans s’avère préjudiciable aux économies des pays de la zone Franc. D’où l’urgence de s’interroger plus fermement encore sur leur souveraineté monétaire.

En février dernier, au cours de meetings tenus dans certaines communes d’Abidjan en Côte d’Ivoire, le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, a déclaré que son pays allait battre sa propre monnaie, pour dit-il «se libérer de sa dépendance vis-à-vis de la France». Et de marteler : « C’est la France qui nous empêche de balayer nos rues. L’argent qu’il faut pour cela est déposé dans le Trésor français, qui nous le prête à des taux élevés. Pour être libres, nous allons créer notre monnaie, qui nous permettra de construire des infrastructures, notamment des routes, des écoles et des hôpitaux sans s’endetter auprès de la France.» Deuxième personnalité de l’État, Mamadou Koulibaly est souvent présenté comme le boutefeu du régime ivoirien qui voit dans la rébellion qui a surgi en septembre 2002 une manoeuvre de la France visant à détruire la politique de «refondation» du président Laurent Gbagbo. Ses propos, parfois qualifiés «d’irresponsables» par certains observateurs, ont pu être perçus comme l’expression d’un ressentiment, d’une rancoeur contre l’ex-puissance coloniale. Peut-être à tort. Car ce n’est pas la première fois que ce professeur agrégé d’économie et ancien ministre de l’Économie et des Finances sous la présidence de feu Robert Gueï, fait de telles déclarations. Et sauf à jouer la politique de l’autruche, nul ne saurait nier que les propos de Mamadou Koulibaly posent, simplement, la question de la souveraineté monétaire des pays de la zone Franc.

Lorsqu’il évoque «l’argent déposé au Trésor français», il s’agit sans doute d’une allusion à cette inique convention sur les comptes d’opérations, signée en 1962 entre le ministère français de l’Économie et les ex-colonies nouvellement indépendantes. Il faut savoir que par cette convention, les banques centrales des pays de la zone Franc (1) déposent leurs réserves dans les caisses du Trésor français sur un compte courant appelé «compte d’opérations ». Jusqu’en 1973, elles avaient l’obligation de verser la totalité de leurs avoirs extérieurs, puis 65 % à partir de 1973. En contrepartie, la France s’engage à fournir à ces banques les fonds dont elles ont besoin pour effectuer leurs transactions internationales et à assurer la convertibilité du FCFA. En cas de découvert, le Trésor perçoit des agios payés par les banques centrales. Et si le compte est créditeur, le Trésor leur verse des intérêts. D’après un exministre des Finances ouestafricain, les comptes au Trésor français n’ont jamais été totalement débiteurs, même à la veille de la dévaluation du F CFA de janvier 1994. Mais, hormis quelques initiés, nul ne sait ce que fait la France de cet argent et ce qu’il rapporte aux Africains. Pas même le président gabonais Omar Bongo Ondimba qui, en 1996, s’interroge : «Nous sommes dans la zone Franc. Nos comptes d’opérations sont gérés par la Banque de France, à Paris. Qui bénéficie des intérêts que rapporte notre argent ? La France !» Comme le décrit fort bien Nicolas Agbohou dans son livre Le franc CFA et l’euro contre l’Afrique, les Africains stockent d’énormes sommes d’argent dans les caisses du Trésor français, qui auraient servi à financer des projets de développement. Pourquoi s’endetter auprès du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale alors qu’on dispose de liquidités dans les coffres-forts de la Banque de France ?

Depuis la dévaluation du FCFA, les comptes d’opérations sont restés excédentaires, et le Rapport 2005 de la zone Franc montre que les banques centrales détiennent des records de réserves au Trésor français: près de 6300 milliards de FCFA, dont 3000 milliards pour la BCEAO, soit un taux de couverture de l’émission monétaire supérieur à 110 %, alors que la convention de 1962 n’exige qu’un taux de couverture de 20 %. À croire que, décidément, les Africains refusent le développement en se privant ainsi de moyens financiers pour investir dans les secteurs clés comme l’éducation, la santé et les infrastructures. Les citoyens burkinabè, maliens et nigériens qui découvrent ces chiffres, sans être des experts en affaires monétaires, mais dotés du bon sens, se disent bien que, manifestement, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, sachant que leurs pays se disputent, depuis des années, les derniers rangs du classement du Programme des Nations unies de l’indice de développement!

En fait, et c’est le sens des propos de Mamadou Koulibaly, plus de quatre décennies après les indépendances, la souveraineté monétaire des pays de la zone Franc reste encore à conquérir. Alors que l’Asie, après s’être débarrassée des vestiges du colonialisme, s’en sort économiquement, les pays de la zone Franc hésitent toujours à rompre le lien colonial, comme s’ils doutaient de leurs propres capacités à prendre en charge leur destinée. Il y a comme une servitude volontaire dans le maintien des mécanismes liant le FCFA d’abord au franc français, puis à l’euro, s’agissant notamment de la fixité du taux de change. Certes, la parité fixe avec l’euro assure une certaine stabilité au FCFA, le met à l’abri des fluctuations des taux de change et facilite le commerce avec l’Europe, principal partenaire commercial des pays de la zone Franc. Cependant, cette politique du franc fort n’a pas attiré les investisseurs comme on pouvait l’espérer. Selon le Rapport 2005 de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel, l’ensemble de l’Afrique noire n’attire que 2% des investissements directs étrangers (IDE) consacrés principalement à l’extraction des matières premières, pétrolières et minières. Le franc fort permet de contenir l’inflation à un niveau relativement bas, d’amortir, pour les pays non pétroliers, le choc de la flambée du baril de pétrole… Mais la parité fixe avec l’euro met à mal la compétitivité des filières agricoles, comme le café, le cacao et le coton. La dépréciation du dollar par rapport à l’euro depuis 2003 grève la compétitivité du coton africain sur le marché international, déjà pénalisé par les subventions que les Européens et les Américains accordent à leurs agriculteurs. En 2005, la filière coton a ainsi perdu 220 milliards de FCFA, puis 300 en 2006, et en perdra probablement 400 en 2007. Que faire?

Faut-il se résoudre à une nouvelle dévaluation du FCFA ou faut-il fixer un plancher et un plafond, qui permettraient de recourir à des ajustements de la valeur du F CFA en cas de nécessité ? Et si les chefs d’État de la zone Franc tournaient la page de l’actuel statu quo et décidaient de ne plus confier l’avenir de leurs concitoyens au gouverneur de la Banque centrale européenne? Voici peut-être venu le temps de la rupture, par ailleurs inéluctable, du cordon ombilical avec la métropole.

Joachim Vokouma

(1)Il s’agit de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) et la Banque centrale des Comores (BCC).

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Repères

9 septembre 1939 : Création de la zone Franc, qui regroupe les Départements et Territoires d’Outre-Mer, Territoires sous mandat, colonies… où est utilisé le franc métropolitain.

26 décembre 1945 : Naissance du franc des Colonies françaises d’Afrique (CFA), à la parité de 1 FCFA = 1,70 FF.

1955 : Création de l’Institut d’émission de l’Afrique occidentale française et du Togo, et de l’Institut d’émission de l’Afrique équatoriale française et du Cameroun.

1958 : Le franc des Colonies françaises d’Afrique devient le franc de la Communauté française d’Afrique. Aujourd’hui, il signifie «franc de la Coopération financière en Afrique centrale» pour les pays de la Cemac, et «franc de la Communauté financière d’Afrique» pour les pays de l’Uemoa.

Avril 1959 : Création de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et de la Banque centrale des États de l’Afrique équatoriale et du Cameroun (BCEAC).

12 mai 1962 : Création de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA).

1963 : Le Togo adhère à l’UMOA.

Juillet 1973 : Accord instituant la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).

1994 : Signature du traité instituant la Cemac. Entré en vigueur en 1999.

11 janvier 1994 : Dévaluation du franc CFA.


 

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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 13:11
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19 juillet 2007 4 19 /07 /juillet /2007 11:01
Sylvain Ndountingaï nommé ministre des Finances
(Agence Centrafrique Presse 17/07/2007) 




BRAVO MON PETIT CHRISO ET BON COURAGE

(ACAP)- Le Président centrafricain François Bozizé a nommé lundi 16 juillet 2007 le Lieutenant Colonel Sylvain Ndoutingaï au poste de ministre des Finances, des mines et de l'énergie et M. Jean Chrysostome Mékondongo, ministre délégué auprès du ministre des Finances, des mines et de l'énergie chargé des mines et de l'énergie.

Sylvain Ndountingaï était depuis mars 2003, ministère des Mines, de l'énergie et de l'hydraulique et M. Mékondongo était jusqu'à lors, coordonnateur de l'Agence du secteur électrique à l'Energie centrafricaine (Enerca).
Le président Bozizé avait limogé le 13 juillet dernier M. Elie Doté qui s'occupait du ministère des Finances et du budget et son ministre délégué Nicolas Nganzé Doukou.



Lundi 16 Juillet 2007 - 17:34
Dagoulou/ACAP
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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 23:21
Centrafrique
 
Bozizé, un président bâtisseur
Le président de Centrafrique, François Bozizé, a posé lundi sur une île située face à Bangui la première pierre d'un vaste complexe immobilier qui comprendra des logements, des hôtels de luxe, un hôpital et un centre commercial, a rapporté mardi la radio nationale. Baptisé "Cité kwa na kwa", du nom de la devise du chef de l'Etat qui signifie "le travail, rien que le travail", ce complexe d'un coût estimé à 300 milliards de francs CFA (environ 450 millions d'euros) sera bâti par des investisseurs du Golfe, notamment d'Arabie saoudite et de Bahreïn.
La maquette comprend des logements, un hôpital, trois hôtels, un centre commercial, des banques, des bourses de diamants, des centres de loisirs et d'affaires, des écoles, un commissariat de police ainsi que des casernes de gendarmes et de pompiers.

La cité doit voir le jour sur l'île Bongo Soua, où "île aux singes", au milieu du fleuve Oubangui qui sépare la Centrafrique de la République démocratique du Congo. Cette île, jusqu'ici très peu bâtie, n'est reliée à la capitale centrafricaine que par bateau.

La société privée Centrafricaine de développement et d'investissements (CDI) a été chargée de l'exécution des travaux, qui pourraient durer 4 à 5 ans, selon la ministre du Tourisme Yvonne Mboissona.

"La faible capacité des hôtels en République centrafricaine ne permet pas d'accueillir des visiteurs ou d'abriter des conférences internationales", a souligné la ministre.

Jadis surnommée "Bangui la coquette", la ville n'a pas connu de réalisations majeures en matière d'infrastructures depuis le règne de l'empereur Bokassa Ier (1965-1979).

Publié le 26 juin 2007.
 
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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 23:13
La COSUMAF inaugure lundi les journées du Marché financier de la CEMAC
(Gabonews 03/12/2006)


Libreville, 3 décembre (GABONEWS) - La Commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale (COSUMAF) inaugure lundi les premières Journées du Marché financier de l'Afrique centrale, a appris GABONEWS auprès de l'institution.


Ces journées s'étaleront jusqu'au mercredi prochain et seront une opportunité de promouvoir ce marché en cours de mise en place, a annoncé dimanche le président de la COSUMAF, Alexandre Gandou dans une conférence de presse.

Plus de 350 délégués venus de la sous région, d'Afrique et d'Europe participeront à ces journées.

Ces journées se dérouleront sous la forme d'un séminaire. Elles seront animées par des spécialistes d'un marché financier dotés d'une expérience prouvée.

Les thèmes liés aux connaissances de base d'un marché financier et d'une bourse de valeur seront développés pendant les 3 jours de la rencontre. Il s'agit de la surveillance du marché, de la politique pour attirer les entreprises vers le marché, du fonctionnement de la bourse, de l'acheminement d'un titre en bourse et de la bonne fin des opérations boursières.

Le rôle de l'information sera également au centre de cette rencontre. Des journalistes venus des 6 pays membres de la CEMAC ont d'ailleurs été invités à cette rencontre.

La COSUMAF souhaite pérenniser ces journées dans le but de donner une crédibilité à la bourse des valeurs mobilières de la CEMAC (BVMAC) dont le lancement est prévu en 2007.

Créée en 2001, la COSUMAF est l'organe de régulation du marché financier de l'Afrique centrale. Son siège est à Libreville qui abrite également le siège de la future Bourse de valeur mobilière dont le début des cotations est imminent, selon des sources concordantes.

Les six pays de la CEMAC sont : le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad.

GN/YLG/JJS/06

 

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10 juillet 2006 1 10 /07 /juillet /2006 23:00
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

Privatiser autrement: Les nouvelles perspectives, le cas de Camtel Mobile
(Le Messager 10/07/2006)
( 10/07/2006)


Un ingénieur financier repense le modèle des privatisations et des concessions des entreprises publiques par les appels publics à l’épargne.

La privatisation a théoriquement permis à de nombreuses entreprises du portefeuille de l’Etat de rentrer dans la logique économique. On a pu contourner l’étau des subventions budgétaires systématiques qui rimaient à ruiner des Etats déjà précaires de leurs ressources alors que l’ambition de départ était de créer de la richesse pour de nouveaux investissements directs nationaux.
Les Etats ont dû supporter seuls le poids financier des investissements, faute généralement pour eux, de n’avoir pas su mettre à contribution un actionnariat populaire resté léthargique du fait d’une culture du bas de laine. Les économies africaines n’ont pas su tirer le bon parti de ces ressources dormantes de financement intérieur.
Dans certains pays, les privatisations et les mises en concession ont permis à l’Etat de maximiser les retombées financières et fiscales, en même temps que les entreprises privatisées ont pu se moderniser avec des gains de productivité incontestables que l’on doit aussi à une réadaptation du système bancaire et du marché financier dans les pays où il a existé.
Si les bilans généraux de la privatisation restent mitigés, au moment précis où la réflexion doit s’articuler sur un dépassement du modèle des ajustements structurel, l’éclosion d’un marché financier ouvre assurément de nouvelles perspectives pour l’amélioration de la productivité des entreprises privatisées ou concédées. Il y a là la clé, au-delà des modèles keynésiens, d’une augmentation des ressources budgétaires et d’une nouvelle dynamique de la mobilisation de l’épargne locale. La clé aussi à une nouvelle stratégie de création de richesse et d’emplois sur une appropriation des nouvelles technologies.
Le mouvement de privatisation constaté ces dernières années dans le monde entier est un signe visible du retrait partiel de l'Etat du secteur économique, que ce soit pour des raisons financières ou des raisons idéologiques. Dans les pays du monde entier en général, la désétatisation a été le principal outil de passage de l'économie planifiée à l'économie de marché.
Nous n’allons pas revenir au débat sur la privatisation qui a suscité en son temps des émotions dans le public. Le présent article est une contribution qui se donne pour ambition de sensibiliser les administrations chargées de la mise en œuvre des privatisations sur la nécessité et l’opportunité de concilier les vœux du chef de l’Etat tels qu’énoncés dans l’article 2 de l’ordonnance 90/004 du 22 juin 1990 relative à l’instauration des mécanismes de marché et de stimulation des initiatives privées dans les opérations de privatisations.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il serait opportun de donner une signification au vocable privatisation afin que nous ayons une description commune du terme.


Le Cameroun, sous la surveillance de la Banque mondiale et du Fmi, a décidé de privatiser et de donner en concession certaines sociétés du secteur concurrentiel de production de biens et services marchands. Outre les objectifs financiers de cette vision entre autres la promotion d'un actionnariat privé national ; objectif qui vise à associer à cette importante opération que constitue la cession d'un Patrimoine national à des opérateurs privés, les populations nationales légitimement intéressées à ce processus constituent par ailleurs un vecteur essentiel permettant de mobiliser l’épargne nationale. Une économie gagne des emplois productifs et ces emplois longs que sont les prises de participation. C’est essentiellement le rôle et la vocation d’une place boursière.
Depuis les indépendances, l’Afrique a vécu une violence : l’orthodoxie des ratios prudentiels dans un système bancaire et financier tenu en laisse par des encadrements de crédit, et les camisoles d’une zone monétaire dont les pays membres ne se sont jamais entendus sur une discipline budgétaire minimale. Une preuve, la Cemac qui s’installe sur les décombres de l’Udéac, risque d’être un “ machin ”, dixit De Gaulle, comme à propos de l’Onu. Il est de ces prérequis fonctionnels qui tiennent l’édifice de tout programme inter-Etats.
Pour leur remise à niveau, les entreprises ont généralement besoin de financements importants en montant et longs en durée, autant d’exigences que ne peuvent satisfaire les banques locales contraintes elles-mêmes au respect des ratios prudentiels de la commission bancaire. Pour satisfaire cette demande, le marché boursier représente une opportunité exceptionnelle.
Les mécanismes de marché et de stimulation des initiatives privées, tels qu'énoncés à l’article 2 de l'Ordonnance 90/ 004 du 22 juin 1990 relative à la privatisation des entreprises publiques et parapubliques, n’ont toujours pas été mis en application jusqu’à ce jour. Il est urgent qu’il leur soit redonné leur importance dans la démarche des instances chargées de la mise en œuvre de ce programme.
Des initiatives récentes démontrent de manière irréfutable que cette conciliation est non seulement possible, mais hautement souhaitable car induisant des effets positifs très probants.
On est en droit de déplorer le peu de diligence manifestée dans la concrétisation de cet objectif. Les privatisations restantes devront être repensées à l’aune de cet engagement présidentiel de large ouverture et d'accessibilité des différentes composantes nationales à ce programme si on veut saisir l'exceptionnelle opportunité d’une place boursière avec des entreprises comme la Cdc, la Camair, la Camtel ou la Snec.

Dsx, une opportunité pour les prochaines privatisations
Les ventes récentes des actions de l’Etat détenues par la Sni dans le capital de la Semc sur la place de Douala annoncent le début de la mise en œuvre de cette volonté. Ce partenariat est d’autant plus souhaité qu’il survient à un moment où la confiance des bailleurs de fonds revient dans le marché financier camerounais.
En visite à Douala à l’occasion de la cérémonie de lancement des premières cotations de la Dsx, le ministre de l’Economie et des finances, Polycarpe Abah Abah, a tenu à rencontrer le gotha banquier et financier, le Gicam, le Syndustricam et la Chambre de commerce. Il a tenu à mettre en avant les attentes du Gouvernement envers le marché financier en général, tout en vantant les opportunités qu’offre une bourse dans le financement de l’entreprise, en particulier et de l’économie en général. Il a ensuite profité de cet échange pour encourager les entreprises locales et les institutionnels à s’y investir massivement. Nous ne pouvons qu’encourager cette initiative du Minefi et aussi encourageons-nous les institutions de privatisations et la Sni à s’impliquer dans le mouvement de redynamisation de la Bourse en accompagnant les entreprises restantes candidates à la privatisation pour leur recapitalisation en Bourse.

Cotation
Certains pourraient penser, au vu de la situation financière de ces entreprises, qu’elles n’obéissent à aucun critère d’éligibilité à la cote de la Douala Stock exchange. C’est un argument à nuancer. Le marché joue sur l’avenir. Pour preuve, aucun épargnant camerounais soucieux de fructifier son épargne ne refuserait d’acheter aujourd’hui des actions de Aes Sonel ou Camrail. Dans des places d’une avance de la culture boursière, des start-up sont admises à la cote avec le seul argument d’un bon business plan. Dès que les partenaires stratégiques sont trouvés, le reste des actions à céder au public peut bien être admis à la cote.

Réflexion sur une privatisation de Camtel
A en croire les opérateurs de téléphonie mobile, le Cameroun compte 2 millions d’abonnés. Admettons que nous sommes 15 millions et que la population active représente 60 %. Cela représente 9 millions d’individus. Si nous mettons de côté les 2 millions d’abonnés actuels, nous nous retrouvons devant une demande potentielle de 7 millions d’individus qui doivent et qui ont besoin de communiquer par téléphone et qui n’y parviennent pas pour diverses raisons : enclavement, un accès incertain ou impossible au réseau, prix prohibitifs…
Pour communiquer, ces personnes sont parfois obligés de faire des déplacements coûteux alors qu’un simple coup de fil eût résolu le problème en une minute. Elles en deviennent inefficaces et très peu compétitives, car pour joindre leurs différents fournisseurs ou clients, elles n’y parviennent qu’au moyen du contact physique qui rallonge les délais dans la production et dans les livraisons.
En prenant pour hypothèse le dixième de cette demande à satisfaire. Le financement d’une société de téléphonie mobile, pour l’exploitation d’une concession du réseau de téléphonie mobile qui devra satisfaire une partie des potentiels consommateurs dans la cible restante. Appelons cette société Cameroon mobile telephone SA ayant pour actionnaire une entreprise de téléphonie mobile de dimension internationale, des investisseurs institutionnels tels que les compagnies d’assurances, les banques locales, les employés de Camtel, et surtout, en petits porteurs, le grand public utilisateur de téléphones mobiles. Le financement d’une telle entreprise proviendrait des actionnaires ci-dessus énumérés, avec 20 % réservés aux institutionnels, et 20 % au grand public, le principal actionnaire restant détenir les 60 %. Si les 40 % du financement s’obtiennent par appel public à l’épargne sur la Douala stock exchange.
La nouvelle entreprise est alors introduite en bourse et émet un million d’actions d’une valeur nominale de 20 mille francs Cfa. A la conclusion de l’opération, l’entreprise lève 20 milliards. Les marges dans la téléphonie mobile sont connues, mais pour le présent cas pratique, nous retiendrons le taux de 30 %, soit 15 milliards de dividendes à distribuer sur un chiffre d’affaires de 50 milliards seulement avec 700 mille abonnés. Nous prenons des hypothèses basses et plutôt pessimistes. On fait beaucoup mieux dans le secteur.
Le porteur qui achète cinquante actions pour un million se retrouve chaque année, dans le cas où l’Assemblée générale décide d’octroyer 40 % des bénéfices (soit 6 milliards sur les 15), avec 300 mille francs de dividende en plus de sa mise de départ, soit un taux de rendement de 12 %. De loin beaucoup mieux qu’une épargne sur livret ou sur un Dat.

Que se passerait-il à l’issue de cette opération ?
L’opération sera plus bénéfique à plus d’un niveau. D’abord pour la cible, car elle permettra à ceux qui sont injoignables par téléphone de l’être en un temps très court, elle permettra un gain de productivité dans leurs activités. Les bénéfices induits du fait qu’on peut être en contact permanent avec sa famille restée au village ou qu’on peut gérer ses activités et passer des ordres à distance sont appréciables.
Par ailleurs, en rendant lesdites populations heureuses, l’on aura économisé des ressources qui sont susceptibles d’être affectées à des projets sociaux. Les investisseurs privés et institutionnels rentabiliseront leur mise car, selon nos informations, le retour sur investissement (ROI) dans la téléphonie mobile est très rapide. Ceci est d’autant plus vrai que la Scm et Mtn étaient arrivés au Cameroun avec chacun un business plan de 35.000 abonnés au bout de 5 ans. Or, nous savons ce qui est arrivé. Dès la première année, chacune totalisait près de 100.000 abonnés, les serveurs étaient incapables d’où l’investissement supplémentaire visant à accroître la capacité des serveurs.
En supposant que chaque abonné au téléphone mobile consomme, pour les moins bavards 300 Fcfa par jour, l’entreprise de téléphonie mobile y gagne 9000 Fcfa par mois. Avec 1 million d’abonnés, ceci donne 9 milliards, par 12 mois on est à 108 milliards, à qui appartenait cet argent ? C’est tout l’enjeu et l’intérêt d’une place boursière, lorsque l’argent du consommateur peut être réinvestie dans l’économie plutôt que d’être rapatrié à l’étranger.

Contribution de la Dsx
Pour ces raisons et pour d’autres que sont : l’accès à de nouvelles sources de financement, la notoriété, la motivation des salariés, la mobilisation de l’épargne des agents économiques et l’inscription dans une dynamique de croissance, la place boursière de Douala a un rôle décisif à jouer dans le financement de l’entreprise et à la croissance de l’économie camerounaise. Tout démontre qu’elle est prête à accueillir toutes les entreprises en cours de privatisation à fort potentiel de croissance qui souhaitent changer de dimension et s’inscrire résolument dans une dynamique de croissance et d’investissement. A condition toutefois que ces entreprises adoptent une stratégie de développement clairement définie et se donnent un potentiel de croissance crédible et surtout une organisation comptable et financière adaptée.

Résultats attendus d’un modèle intelligent de privatisation
Une privatisation intelligemment menée induit des bénéfices appréciables à plusieurs niveaux. L’Etat se crée une nouvelle source de revenus financiers et fiscaux. Les professionnels de la banque et de la finance mettent utilement à contribution des connaissances dont ils ne se servent pas autrement. L’épargne locale est mieux investie et refinance l’économie, tandis que les salariés et même le grand public peuvent se constituer des situations de rente pour leur retraite.
Il ressort du cas pratique et de tous les développements en amont que les privatisions sont une opportunité pour l’enrichissement de la cote. Si nous tenons à donner un essor dynamique à la Dsx, le Cameroun devra veiller à ce que les privatisations restantes se passent en bourse. C’est grâce aux privatisations que les bourses d’Abidjan ou de Rabat ont décollées. La bourse de Paris qui nous est familière a connu son essor dans les années 90 grâce aux privatisations. Tout n’est donc qu’une question de volonté.

Du modèle général de la privatisation

La notion de "privatisation ” n'est pas aisée à décrire. Au sens strict du terme, on entend par là la cession d'éléments de l'appareil étatique de production et de fourniture de services à des particuliers. Il s'agit donc du transfert du secteur public au secteur privé d'une partie de la propriété ainsi que des droits, obligations et risques liés à celle-ci. Parfois, la privatisation englobe également l'octroi au secteur privé de mandats pour la fourniture de prestations (externalisation), de même que la cession en leasing de biens publics ou d'éléments de réseaux, l'attribution de concessions à des entreprises de distribution et les contrats de coopération entre les secteurs publics et privé (Public Private Partnership PPP, Private Finance Initiative PFI).
Là où l'octroi de subventions à certains secteurs économiques est considéré comme une ingérence de l'Etat dans le libre jeu du marché, la réduction des subsides peut être également considérée comme une forme de privatisation.
Un Etat peut se désengager de ses entreprises par différents moyens :
a) introductions en Bourse
b) vente à des investisseurs publics intéressés pour des raisons stratégiques.
c) octroi de concessions pour certaines prestations
d) accords de coopération.

Les techniques généralement utilisées sont :
* La vente d'actions à une ou plusieurs personnes physiques ou morales de droit privé peut être partielle ou totale. Dans toute la mesure du possible, il sera recherché une atomisation du capital qui favorise l'entrée au capital de plusieurs petits épargnants pour le développement de l'actionnariat populaire, une technique qui permet la continuité de l'entreprise :

* La cession d'actifs surtout utilisée dans le cas d'entreprises à structure financière fortement déséquilibrée. Elle implique la cession de tout ou partie des actifs de la société à privatiser au secteur privé. Ici l'accent est mis sur le traitement particulier du passif.
* L'entrée au capital : Pour permettre l'entrée au capital d'une entreprise publique de personnes physiques ou morales de droit privé, l'Etat et les organismes publics peuvent renoncer à leur droit de préemption dans le cas d'une augmentation du capital ou accepter une restructuration du capital par transformation des créances au bénéfice de ces personnes.
* L'exploitation de l'entreprise Dans ce cas l'Etat ne désire pas céder la propriété de l'entreprise, mais souhaite en confier l'exploitation à des personnes physiques ou morales de droit privé. Il peut procéder à
- la location, location-gérance, location-vente des actifs
- l'établissement d'un contrat de gestion de l'entreprise ou de ses actifs.
* la scission de l'entreprise en vue de faciliter la mise en œuvre d'une privatisation spécifique, il peut être décidé de scinder l'entreprise en plusieurs sociétés distinctes. Dans ce cas, la privatisation peut intervenir séparément selon l'une des techniques prévues supra.

Par Jean-Beaudry MANGUELE*
Ingénieur-Financier,
Auteur de : La Bourse Comprendre pour mieux investir



Par Par Jean-Beaudry MANGUELE*
Le 10-07-2006

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 17:49
Quand l’Afrique aide la Grande-Bretagne
(L'Humanite 07/07/2006)


La Grande-Bretagne a reçu plus d’argent de l’Afrique subsaharienne qu’elle ne lui en a accordé en aides au cours de l’année écoulée, en dépit de ses promesses de lutter contre la pauvreté, a dénoncé mercredi l’ONG britannique Christian Aid. Au cours des douze mois qui ont suivi le sommet du G8 de Gleneagles en 2005, présidé par la Grande-Bretagne, l’économie britannique a gagné 11 milliards de livres (15,9 milliards d’euros) en Afrique.

Le flux financier de la Grande-Bretagne vers l’Afrique s’est élevé à près de 17 milliards de livres. Il s’agit d’aides ou de dons, de transferts d’argent d’Africains vivant en Grande-Bretagne ou d’investissements directs en Afrique.

Mais dans l’autre sens, il s’est élevé à plus de 27 milliards de livres, en remboursements de dettes, bénéfices des compagnies britanniques, exportations de biens et fuite de capitaux depuis le continent africain. Les principaux responsables de cette situation sont les grandes entreprises et les hommes ddont les bénéfices en Afrique subsaharienne se sont élevés à 22 milliards de livres.

Que donnerait la même étude appliquée à la France ?

A. N.




Article paru dans l'édition du 6 juillet 2006.

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