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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 18:15
Tué pour l’empêcher de libérer l’Afrique dès 2014 ‘L’éliminer avant ou perdre le contrôle total de l’Afrique à partir de 2014’ voici toute la raison qui guida la France, les États-Unis, la Grande Bretagne et leurs alliés dans leur campagne contre Kadhafi. Monnaie, fond monétaire africain, banque centrale africaine, télécommunications, transports, États-Unis d’Afrique… Muammar Kadhafi avait ingénieusement tout planifié, se fixant comme délai l’année 2014 pour la création de la banque centrale, le fond monétaire et bien d’autres encore pour affranchir le continent noir après un demi-siècle d’indépendance aux allures de parole suivie d’aucun acte ou de « gouverner sans régner ». Après avoir émis l’idée en 2000 lors du sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine(OUA) à Lomé de concrétiser le rêve de Kwame Nkrumah et de Cheikh Anta Diop, et obtenu la création de l’Union Africaine (UA) quelques années plus tard, le guide libyen pousse le bouchon plus loin. Satellite africain et Afriqiya : Deux idées concrètes pour l’unité Mouammar Kadhafi pousse ses pairs à acheter un satellite africain pour que l’Afrique ait son indépendance en matière de communication. Il préfinance cet achat avec plusieurs centaines de millions de dollars américains. « Il sait dépenser sans compter(…) ainsi pour acheter le satellite africain, il a mis trois cent millions de dollars sur la table » témoigne Moustapha Cissé, ancien ambassadeur du Sénégal en Libye et ex-conseiller spécial de l’ex-président sénégalais Abdiou Diouf en charge du monde arabo-islamique. Le Guide de la Jamahiriya Libyenne offrit ainsi RASCOM-QAF1, le premier satellite de télécommunications entièrement dédié au continent africain et ses îles. Il a été mis en orbite le 20 décembre 2007! Cela a été le premier lancement de l’histoire pour tous les pays africains. Kadhafi lance également la compagnie de transport aérien, Afriqiyah Airawyas, qui assure la liaison entre les capitales africaines et régions du continent. La compagnie offrait 4 vols réguliers entre Tripoli et Dakar, Abidjan et le Caire…etc. « Beaucoup de gens utilisaient la ligne Afriqiyah pour aller à Paris. Parce qu’on pouvait faire Dakar,Tripoli, Paris, et retour à 400 mille FCFA (615 Euros) » ajoute le diplomate sénégalais. « Alors Tripoli était devenue une plateforme de communication entre l’Afrique, le monde arabe et l’Europe ». La monnaie et la banque centrale africaine en 2014 Khadafi avait proposé la mise en place d’une union monétaire africaine (UMA). Il avait dégagé 30 milliards (dollars) pour la création de l’UMA qui devrait avoir Yaoundé (Cameroun) pour siège. Il avait également prévu la création d’une banque centrale africaine (BCA), qui devrait installer son quartier général à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria. Il était question que cette banque africaine commence à émettre une monnaie africaine à partir de 2014. « Ce qui ne plaît pas aux occidentaux parce que ça nous permettrait de nous passer du CFA et des autres monnaies qui ne font que briser nos économies » s’indigne M.Cissé Un investisseur africain en Afrique Khadafi avait une politique africaine très dynamique. Du Sénégal au Tchad, en passant par le la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Libéria, le Bénin, le Togo, le Nigéria, le Niger, le Mali, etc. Le guide Libyen a investi des milliards de dollars dans les secteurs agricoles, hydrocarbures, hôtellerie et tourisme, et dans l’équipement. Au Mali, le plus petit investissement libyen est chiffré à 50 milliards (FCFA) dans l’industrie hôtelière. « Ces investissements libyens dans l’hôtellerie sont estimés à plus de 50 milliards de francs CFA », a déclaré Oumar Balla Touré, directeur général de l’Office malien du tourisme. Plusieurs autres centaines de milliards ont été investis dans le secteur agricole. Pour les maliens Khadafi est « un homme qui s’est engagé pour la cause africaine » Le Conseil nationale de transition (CNT) est considéré au Mali comme un organe rebelle soutenu par la communauté internationale. Dès le début de la révolte à Benghazi, et l’entrée de l’aviation étrangère, des associations musulmanes et des partis politiques avaient organisé à Bamako des manifestations de soutien à Khadafi, dénonçant une « invasion occidentale « . Le guide libyen a, par railleurs, dégagé plusieurs milliards de dollars pour la création de banques sahélo-sahariennes au Sénégal, Mali, Niger, Mauritanie, Tchad, etc, et le rachat de plusieurs compagnies occidentales en Afrique pour réduire leur emprise sur les économies du continent. C’est par exemple le cas de Mobile Oil, du groupe américain Exxon Mobile, qui est devenu Oil Libya dans la majeure partie de la sous-région Ouest africaine. La Guinée-Conakry doit sa toute première chaîne de télévision à Mouammar Khadafi ; il le lui a offert au nom du peuple Libyen comme présent au « peuple frère » de la Guinée en 1979. Il a également équipé l’armée guinéenne, de l’armement lourde aux uniformes des soldats pendant plusieurs décennies. Sans compter un appui financier gigantesque. « Et maintenant certains financiers disent que les investissements libyens dans la sous-région dépassent les investissements » fait remarqué l’ambassadeur Moustapha Cissé. La vie des libyens de l’ère Khadafi 1- La Libye est le dernier pays sur la liste des pays endettés ! La dette à 3,3% du PIB ! En France, elle est à 84,5% ! Aux USA à 88,9% ! Au Japon à 225,8% ! 2- L’électricité à suage domestique était gratuite ! 3- L’eau à usage domestique était gratuite ! 4- Le prix d’un litre d’essence était de 0,08 Euros ! 5- Les banques libyennes accordent des prêts sans intérêts ! 6- Les citoyens n’ont pas d’impôts à payer, et la TVA n’existe pas ! 7- Chaque famille libyenne, sur présentation du livret de famille, reçoit une aide de 300 Euros par mois ! 8- Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l’étranger, « gouvernement » attribue une bourse de 1 627,11 Euros par mois ! A MÉDITER pourquoi Bachir saley est il protégé par Sarkozy alors qu il est recherché par l Interpol ? Pourquoi cette injustice ou est la démocratie pour laquelle l ONU donne l autorisation de tuer des chefs d' état Africains sauf Bachard le syrien dictateur?
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 17:28

Une monnaie unique pour l'Afrique ?

par  RFI

Article publié le 14/12/2008 Dernière mise à jour le 14/12/2008 à 22:22 TU

( Photo : UA )

Une réunion, organisée sous l'égide de l’Union africaine, rassemble ce lundi et pendant quatre jours à Yaoundé, au Cameroun, des économistes africains, des universitaires mais aussi des représentants de la Banque africaine de développement et de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique pour débattre de la création d'une devise commune pour tout le continent africain

L’idée d'une monnaie unique pour l'Afrique n'est pas nouvelle. L'association des Banques centrales africaines (ABCA), avait même fixé une date il y a six ans pour la création de la Banque centrale africaine qui devrait l’introduire et la mettre en circulation dès 2021.

La création de cette Banque centrale est d'ailleurs inscrite dans les fondements même de l'Union africaine, qui prévoit aussi la création d'une Banque d'investissement et d'un Fonds monétaire africains.

Pour autant, la monnaie unique panafricaine est encore loin d'être frappée, tant les problèmes à surmonter avant sa mise en place sont nombreux. Une monnaie unique nécessite un régime de change harmonisé et stable, ou encore la convergence de certaines politiques économiques et financières.

Elle implique aussi l'acceptation par les Etats d'une autonomie moins large en termes de politique monétaire. Enfin, les importantes différences de niveau de développement des pays africains compliquent aussi l'instauration de la monnaie commune.  C'est donc de tous ces sujets qu'il sera question à Yaoundé ainsi que, peut-être, du nom que porterait la nouvelle devise panafricaine. 

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 20:27
Sarkozy met el-Béchir sous pression

Le président français Nicolas Sarkozy a mis lundi la pression sur le président soudanais Omar el-Béchir en affirmant qu'il devait "faire le choix" de la paix au Darfour dans "les jours qui viennent", estimant qu'il avait "son avenir dans les mains".
"Nous avons besoin du gouvernement soudanais pour trouver enfin la paix au Darfour, nul ne le conteste, mais le président Béchir a bien peu de temps pour décider, il a son avenir dans les mains", a déclaré M. Sarkozy lors d'un discours prononcé à l'Elysée pour le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'Homme.

"Soit il change d'attitude, et la communauté internationale peut discuter avec lui, soit il ne change pas d'attitude, alors il sera face à ses responsabilités, notamment devant la Cour pénale internationale (CPI) qui est un progrès de l'humanité", a-t-il poursuivi.

"C'est un choix qu'il doit faire non pas dans les semaines qui viennent, mais dans les jours qui viennent", a insisté le président en exercice de l'Union européenne (UE).

"Quand on a dans son gouvernement un homme qui est poursuivi pour crimes, alors la communauté internationale ne peut pas parler avec vous", a également souligné Nicolas Sarkozy, évoquant les mandats d'arrêts délivrés en 2007 par la CPI contre un ministre soudanais poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans la province soudanaise du Darfour.

Le président Béchir a jusque-là toujours refusé de livrer à la justice internationale son ministre aux Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, ainsi qu'un chef de milice pro-gouvernementale janjawid, Ali Kosheib, également recherché par la CPI.

"J'ai eu l'occasion de le lui dire à Doha de la façon la plus claire", a également rappelé le président français en évoquant son entretien avec son homologue soudanais le 29 novembre dans la capitale du Qatar, en marge de la conférence de l'ONU sur le financement du développement.

"Je sais bien qu'un certain nombre de gens ont dit +mais comment osez vous parler avec le président Béchir ?+", a-t-il ajouté. "Mais si on n'en parle pas au président soudanais, comment trouvera-t-on la solution dans cette partie du monde ?".

"Si le président soudanais ne change pas de politique, alors plus personne ne lui parlera", a-t-il conclu.

Nicolas Sarkozy avait proposé en septembre de suspendre la procédure de justice visant le président Béchir, accusé par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de "génocide" dans la province soudanaise du Darfour, en échange d'un changement "radical" de la politique de Khartoum et de sa coopération pour résoudre ce conflit.

Il avait également demandé que "des gens qui sont accusés de génocide ne restent pas ministres dans le gouvernement soudanais".

Ce "marché" a suscité l'inquiétude de nombreuses ONG de défense des droits de l'Homme, qui craignent une remise en cause de la procédure engagée par la justice internationale.

Publié le 8 December 2008.

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 00:25
Sassou, Bongo et Biya ont eu la tête de Bockel
La radio française RTL a affirmé jeudi que la mutation de Jean-Marie Bockel de la Coopération aux Anciens combattants était la conséquence de pressions très fortes exercées auprès de Nicolas Sarkozy par les présidents du Congo, du Gabon et du Cameroun.
Le départ du secrétaire d'Etat français à la Coopération constituerait une "rétrogradation" due à ses prises de positions sur la "Françafrique", dont il avait réclamé la fin, ont estimé mercredi des membres du gouvernement.

M. Bockel, un membre de la gauche rallié au président Nicolas Sarkozy, s'est dit lui "extrêmement satisfait" de sa nouvelle affectation.

Se disant "passionné" par les questions de défense, M. Bockel s'est déclaré "très heureux de travailler avec Hervé Morin", le ministre de la Défense, dans ce "ministère régalien".

Non seulement "la mémoire et les anciens combattants", mais aussi des questions "de défense citoyenne, de réserve, de liens armée-nation" relèveront de sa compétence, a précisé le maire de Mulhouse (est), niant toute "réduction de périmètre".

M. Bockel a été remplacé à la Coopération par Alain Joyandet, un député du parti de droite UMP proche de M. Sarkozy.

Interrogé un peu plus tôt à la sortie du conseil des ministres sur les raisons de sa nouvelle affectation, annoncée dans le cadre d'un remaniement mardi, M. Bockel avait pourtant répondu, visiblement mal à l'aise: "Ce n'est pas à moi de le dire"

Dans l'après-midi, lors de la cérémonie de passation de pouvoir avec M. Joyandet, M. Bockel a refusé de répondre à une question sur un lien possible entre son départ de la Coopération et la colère de certains chefs d'Etat africains après ses déclarations sur la fin de la Françafrique.

Il a alors répondu être "dans l'action" et pas dans le commentaire. "Le commentaire ne m'appartient pas", a-t-il ajouté.
M. Bockel a également nié que son changement d'affectation ait été une "rétrogradation" ou qu'il ait entretenu de mauvaises relations avec son ministre de tutelle Bernard Kouchner.

Certains ministres ont estimé pour leur part que M. Bockel avait été "rétrogradé" en raison de sa "mésentente" avec M. Kouchner.
"Kouchner n'a jamais été heureux de voir arriver Bockel au Quai d'Orsay", a affirmé l'un d'eux.

Dans l'entourage de Bernard Kouchner, on dément tout conflit, qui serait "la prétendue raison d'une prétendue rétrogradation qui n'en est pas une".

Un ministre affirme cependant que "Bockel s'est mis Kouchner à dos" et que ce dernier "voulait l'éjecter du Quai d'Orsay".

Pour lui, M. Bockel, pourfendeur de la "Françafrique", "a eu le tort d'appliquer au premier degré les critiques de Sarkozy" sur les relations controversées entretenues par la France avec ses anciennes colonies.

"Que le président dise cela, ça va, c'est le président. Mais lui prenait des risques à le dire", ajoute le même. "Je n'exclus pas qu'il y ait eu des pressions, notamment d'Omar Bongo (président du Gabon), pour faire partir Bockel du Quai d'Orsay".

"Il y a eu des pressions de chefs d'Etat africains au plus haut niveau pour avoir la tête de Bockel", a indiqué une source diplomatique, qui a cité le Congo et le Gabon.

Le 15 janvier, M. Bockel avait appelé le président Sarkozy à concrétiser ses promesses de "rupture" dans les relations franco-africaines en défendant la nécessité de signer "l'acte de décès de la Françafrique".

Le départ de M. Bockel a d'ailleurs été bien accueilli à Libreville. "Pour nous, c'est un signe intéressant", s'est réjoui mercredi le porte-parole du gouvernement gabonais René Ndemezo Obiang, tandis qu'une source proche du pouvoir gabonais affirmait que "Libreville a bien demandé un changement de tête à la Coopération".

Selon des ministres français, Nicolas Sarkozy et son Premier ministre François Fillon semblaient "embêtés" mercredi matin.

"Fillon réfléchit aux moyens de donner à Bockel la responsabilité de dossiers emblématiques", a indiqué l'un d'eux. "Bockel "l'a mauvaise", a résumé un ministre.

Publié le 20 mars 2008.
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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 18:00

 

Kofi Annan invite Paul Biya et Wade à favoriser l’alternance démocratique


"...personne ne peut me convaincre qu’au Sénégal et au Cameroun il n’y a qu’un seul leader capable de gouverner" affirme l’ancien secrétaire général de l’ONU dans une interview accordée à la BBC.

Kofi Annan a décidé d’aborder publiquement un sujet qui fâche certains pays africains. Dans une interview à la BBC, l’ancien secrétaire général de l’ONU invite le président camerounais Paul Biya à ne plus se représenter aux prochaines élections présidentielles de 2011 au Cameroun. "Ce qu’un leader n’a pas pu faire en deux mandats, il ne peut pas le faire après". Affirme Koffi Anan.

Une invitation formulée aussi à l’adresse du Président sénégalais Abdoulaye Wade. "Personne ne peut me convaincre qu’au Sénégal et au Cameroun il n’y a qu’un seul leader capable de gouverner. J’ai été clair quand cela est arrivé au Nigeria, au Sénégal et bien sûr au Cameroun. Je connais bien les deux leaders et je pense qu’il n’est pas dans leur intérêt ni dans celui du peuple de s’accrocher ».

En réaction aux modifications des constitutions récemment opérées au Sénégal et au Cameroun pour permettre, pour ce qui est du cas du Cameroun, au président Paul Biya, plus de 25 ans au pouvoir, de se représenter aux prochaines élections, Annan affirme : « la constitution ne doit pas être modifiée à la convenance des individus. Elle doit être conçue pour les aspirations du peuple". Avant d’ajouter : "A mon avis, deux mandats c’est suffisant".

Convaincu que Paul Biya ne se représentera pas

Dans la même interview, Kofi Annan déclare vouloir aborder personnellement la question avec le président Paul Biya affirme être convaincu que ce dernier ne se représentera pas aux prochaine élections présidentielles.

« Nous avons travaillé ensemble avec le président Obasanjo pour résoudre le conflit de Bakassi. Les présidents Paul Biya et Abdoulaye Wade doivent savoir que la rotation doit avoir lieu. Ils sont au pouvoir parce que quelqu’un d’autre leur a laissé la place. Si les autres s’étaient dits qu’ils sont les seuls à gouverner et s’étaient accrochés au pouvoir, ils ne seraient pas là » affirme l’ancien secrétaire général de l’ONU.

Linternationalmagazine.com, publié le 26/10/2008

 

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 00:43

Francs-maçons

 

L'Afrique aux premières loges

Par Vincent Hugeux, avec François Koch , mis à jour le 17/04/2008

 

 

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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 18:50

«Nous, Africains, sommes dans la cale en train de nous noyer»

 

 

Recueilli par CATHERINE COROLLER

«Dépénalisation du franchissement "illégal" des frontières»,  «arrêt de la militarisation des frontières africaines imposée par l’Union européenne», «protection sans conditions des migrants mineurs et notament interdiction de leur enfermement et de leur expulsion»… La première journée du Sommet citoyen sur les migrations organisé vendredi et samedi à Paris (www.despontspasdesmurs.org) s’est achevée par la publication d’une plate-forme de douze revendications. Philosophie générale: s’opposer à une «politique qui transforme l’Europe en forteresse» et donner la parole «aux sociétés civiles du Nord et du Sud».

Ce sommet, inédit par son ampleur, a été organisé à l’appel de 250 associations européennes mais également africaines. Plus de mille personnes ont participé, hier vendredi, aux différents ateliers et débats.

Parmi elles, Aminata Traoré, essayiste, présidente du Forum pour un autre Mali (FORAM) et ancienne ministre de la Culture et du Tourisme du Mali.

La crise qui touche les pays occidentaux peut-elle avoir un impact sur les migrations?

Si le chômage augmente dans les pays du nord, cela va avoir des répercussions sur  l’emploi des migrants. Or, les transferts financiers des migrants vers les pays d’Afrique sont extrêmement importants, supérieurs à ce que la France et les Etats-Unis nous accordent. Et l’avantage de ces transferts par rapport à l’aide au développement (1), c’est qu’ils atteignent directement les villages. C’est pour cette raison d’ailleurs que le Mali refuse de signer l’accord de réadmission que la France tente de lui imposer (2). L’aide publique au développement risque aussi de diminuer quoique les pays du Nord n’aient jamais été très généreux.

Qu’attendez-vous du sommet euro-Afrique qui doit se tenir à Paris en novembre?

Une ingérence accrue dans les affaires de l’Afrique ! L’Europe veut parachever la libéralisation des économies africaines. Vous allez nous imposer des partenariats pour pouvoir inonder nos marchés de biens manufacturés qui vont ruiner le peu d’industrialisation que nous avons dans un contexte où les matières premières ne sont pas correctement rémunérées. Vous allez nous imposer la culture des OGM (organismes génétiquement modifiés, ndlr) et des agro-carburants. Vous allez exiger de nous, comme vous  l’avez fait du Maghreb, de surveiller vos frontières. La création du Cigem (3) (Centre d’Information et de Gestion des Migrations, ndlr) à Bamako, au cœur du Mali, est une manière de nous mettre à contribution.  Et vous allez obtenir tout cela de nos dirigeants qui ne consultent pas leurs peuples.

Le monde entier souffre de la crise, pas seulement les pays du sud…

Face à la crise, nous sommes tous des naufragés,  mais vous européens, vous êtes des passagers de première classe alors que nous, Africains, sommes dans la cale en train de nous noyer. Vous avez conduit le monde dans le mur et refusez d’entendre les cris de détresse des migrants.

(1) Selon la Banque mondiale, les migrants envoient chaque année plus de 160 milliards de dollars vers les pays du Sud. A titre de comparaison, l’aide publique au développement distribuée en 2007 par les pays riches a été approximativement de 100 milliards de dollars.

(2) Le ministère de l’Immigration a entrepris de signer avec les pays d’émigration des «accords de gestion concertée des flux migratoires». Ils comprennent un volet réadmission en vertu duquel les pays du sud doivent accepter que la France leur renvoie ceux de leurs ressortissants en situation irrégulière. Le Mali ne l’a toujours pas ratifié.

(3) Inauguré le 6 octobre, financé par l’Union européenne, le Cigem, premier du genre, est destiné à lutter contre l’immigration clandestine et à promouvoir les migrations de travail légales

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 16:03

Le Gabon accuse la France d’ignorer l’accord sur les flux migratoires
Le ministère gabonais des Affaires étrangères dénonce

L’accord signé le 5 juillet dernier entre les autorités françaises et gabonaises relatif à la gestion concertée des flux migratoires paraît largement ignoré aux frontières françaises et dans les préfectures de Police, déplorent à Libreville les autorités gabonaises.

 

 

 

Un incident sur la durée de validité d’un titre de séjour (portée de 6 à 9 mois en vertu de l’accord) est intervenu récemment entre un jeune Gabonais résidant à Melun, en Seine-et-Marne et un fonctionnaire de Police, qui a passé outre l’accord de flux migratoire signé entre la France et le Gabon, dénonce ce vendredi un officiel du ministère gabonais des Affaires étrangères.

De même, ajoute-t-il, à l’aéroport de Roissy Charles De Gaule, en France, la Police des frontières continue à exiger des visas à des fonctionnaires gabonais détenteurs de passeports de service, alors qu’il est stipulé dans l’accord ratifié par le Parlement français que ces derniers en sont dispensés.

Il est stipulé d’autre part dans le décret d’application publié dans le journal officiel que la convention franco-gabonaise entre en vigueur le 1er septembre 2008.

Le texte prévoit en outre que "les étudiants gabonais en France désireux de trouver un premier emploi auront accès, sur les sites Internet de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) et de l’Agence pour l’emploi des cadres (APEC), à l’ensemble des offres d’emploi disponibles".

Le Gabon compte environ 6.000 ressortissants en France, alors que 13.000 Français vivent au Gabon. La majorité des Gabonais résidant en France sont des étudiants.

 

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 21:09
France-Afrique : pourquoi ça cloche ?
Une tribune de Jean Marie Nzekoue

Colonisation, immigration, paternalisme…Entre la France et l’Afrique, les sujets qui fâchent ne manquent pas malgré les fréquents échanges d’ambilité. On assiste depuis quelques années, à une baisse de la côte d’amour de la France en Afrique francophone notamment. Accusée à tors ou à raison de tous les maux, l’Hexagone se réfugie derrière « l’amitié éternelle » et la solidité des « liens indéfectibles. » Et si à l’heure où Paris semble regarder de haut le continent « immobile » et « inutile », on posait une question embarrassante : la France veut-elle vraiment quitter l’Afrique ou est-elle plutôt poussée à la porte par l’activisme débordant des nouveaux acteurs de le mondialisation ?



jeudi 9 octobre 2008  


Par Jean Marie Nzekoue, Journaliste. Ancien Rédacteur en Chef de l’Agence camerounaise de presse*


D’abord un rappel historique. Nous sommes le 17 novembre 1993. La France accueille au mythique Parc des Princes la Bulgarie dans le cadre de la dernière rencontre qualificative pour la Coupe du monde prévue en 1994 aux Etats-Unis. Un seul nul suffit pour décrocher le ticket. L’objectif semble à portée de main puisqu’il reste une poignée de minutes à jouer. Soudain, se produit l’inattendu. La Bulgarie vient de marquer, plongeant l’ensemble du stade dans la consternation. Ce que les spectateurs français ignorent, c’est qu’à des milliers de kilomètres, là, dans la si lointaine Afrique, certains se réjouissent de leurs malheurs. Au Cameroun comme dans d’autres pays africains, des hommes et femmes de tous âges ont du mal à contenir leur satisfaction. Ici et là, des commentaires vont bon train. Certains laissent carrément éclater leur joie. Le grand paradoxe ici c’est qu’on ne célèbre pas une victoire mais plutôt une…défaite. Celle des Bleus, l’équipe nationale de football de France, cueillie à l’ultime minute par le but assassin du bulgare Kostadinov. Briser ainsi les ailes du coq gaulois au moment même où le rêve d’une participation à la toute prochaine Coupe du monde était du domaine du possible, mérite assurément le statut de héros. Kostadinov l’est devenu, l’instant d’un match mémorable.

Une telle réaction, incompréhensible de prime abord, est révélatrice d’une hostilité grandissante d’une bonne partie de l’opinion publique africaine vis-à-vis de l’ancienne métropole. Beaucoup ont trouvé dans cette humiliante défaite à fois un châtiment pour des crimes plus ou moins réels qui lui sont attribués, à défaut d’être un exutoire pour évacuer des frustrations longtemps accumulées. Le ras le bol n’est pas seulement le fait des Africains. Le journaliste français Michel Sitbon observe, outragé, que « depuis les années soixante, la politique africaine de la France a coûté plus de 60 millions de morts sans jamais être remise en question. » (1)

En ressassant la mémoire collective, quelques petites phrases lâchées ici et là tendent à renforcer chez les Africains des rancoeurs plus ou moins justifiées. Il faudrait par exemple tout un catalogue pour recenser des faits et gestes qui tendent à réduire le continent au néant existentiel. « La France n’a pas besoin économiquement de l’Afrique pour vivre. » Cette déclaration tonitruante que l’on prête à Nicolas Sarkozy, le nouveau président français, alors en visite préélectorale sur le continent, avait pris tout le monde de court. En commençant par les dinosaures de la vieille droite française qui se sont longtemps prélassés sur le douillet matelas des certitudes entretenues dans les fameux « domaines réservés » de la diplomatie hexagonale. La surprise n’aura pas été également mince du côté des éléphants du « pré-carré » qui assistaient ainsi impuissants, à la démolition en direct, de ce qui a été longtemps considéré, à tord ou à raison, comme un atout politique et stratégique : l’appartenance au cercle très fermé des pays africains intimement liés à l’ex-métropole par une amitié non dénuée de complicité. Objectivement, les relations franco-africaines ont connu beaucoup de soubresauts au cours des dernières décennies sur le double plan diplomatique et économique. N’empêche que les relations personnelles entre dirigeants ont souvent résisté à l’épreuve du temps. Beaucoup n’ont pas cru leurs oreilles en apprenant que juste après son élection, le président Sarkozy qui prône pourtant la « rupture » aurait passé un coup de fil pour remercier son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba, doyen des Chefs d’Etat d’Afrique francophone et unanimement considéré comme l’un des gardiens du « temple franco-africain. »(2) Il n’en demeure pas moins que la baisse continue des échanges commerciaux et des flux d’investissements français en Afrique s’accompagne d’autres phénomènes plus récents, comme les tâtonnements observés au niveau de la fameuse « Cellule africaine » de l’Elysée dont on annonce par ailleurs la disparition.

Toutefois, le discours tant usité sur le désengagement de la France en Afrique cache mal une situation plus complexe et moins reluisante pour l’Hexagone. Certains faits et gestes portent à croire que ce fameux « désengagement » masque en réalité un recul général face aux coups de boutoir des nouveaux acteurs de la mondialisation. (3) Quelques exemples puisés au quotidien suffisent pour le démontrer. Il y a à peine une décennie, les Camerounais ne connaissaient que la saveur des fameuses « pommes de France ». Dans l’imaginaire collectif, seul l’Hexagone pouvait produire un fruit exotique aussi juteux. Aujourd’hui, les produits sud-africains règnent en maître sur les marchés et même dans la rue, à la grande satisfaction des consommateurs qui payent désormais moins cher un produit considéré naguère comme de luxe. Le vin et le champagne français doivent également se mesurer des produits concurrents originaires de Californie ou de Cape Town. Ne parlons plus du prêt-à-porter avec l’irruption des Chinois qui ont ravalé les Dior, Lacroix et autres Yves Saint Laurent au rayon des souvenirs. Dans le domaine automobile, interrogez n’importe quel chauffeur de taxi de Yaoundé. Il vous répondra qu’il préfère de loin les voitures japonaises jugées plus économiques et plus robustes aux voitures françaises qui avaient pourtant une solide réputation il y a deux décennies à peine. Ces détails peuvent paraître anecdotiques. Ils n’en reflètent pas moins une réalité indéniable : Paris perd de l’influence sur le continent même si on veut nous faire croire le contraire en avançant la thèse d’un retrait volontaire. Selon certains auteurs, si on assiste à un désengagement progressif de l’Afrique, « la géographie de l’implantation des groupes français elle aussi a évolué sur le continent même. L’activité se porte désormais vers les bordures méditerranéennes, méridionales et orientales du continent au détriment de l’Afrique de l’Ouest et du Centre plus pauvre, plus instable et moins peuplée. » (4) La messe semble dite. Mais c’est vite aller en besogne en oubliant les propres difficultés d’adaptation des entreprises françaises à la nouvelle donne économique internationale.

Ces dernières années ont été en effet marquées par un recul progressif de la France en Afrique, notamment dans les pays (Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal) généralement classés dans le premier cercle, au profit de nouveaux acteurs de la mondialisation que sont la Chine, le Brésil, le Japon, les Etats-Unis, la Malaisie, l’Inde ou Dubai dans une moindre mesure. Même si l’implication de ces puissances en termes d’investissements productifs reste encore marginale, le regain d’intérêt économique et stratégique pour le continent compense largement le recul des partenaires traditionnels. Même parmi ces derniers, la France qui occupait jadis les premières loges, bat en retraite. Afrique. Elle se classe désormais en quatrième position pour l’Investissement direct étranger en Afrique, derrière le Royaume-Uni, les Etats-Unis et les Pays-Bas.(5) Plus grave, on note depuis quelques années, une baisse alarmante de la côte d’amour de la France sur le continent, notamment auprès d’une certaine opinion populaire, à majorité jeune, qui dans une quête effrénée du bouc émissaire idéal, a tendance à attribuer tous les maux (mauvaise gouvernance, corruption, pauvreté…) à l’ancienne métropole accusée à tord ou à raison, de soutenir des régimes politiques peu soucieux de l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Par ailleurs, la « politique des charters » inaugurée en 2002 par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur, n’aura pas beaucoup contribué à améliorer auprès des Africains, l’image d’une France recroquevillée sur elle-même et allergique aux « bruits et odeurs » en provenance d’Afrique. Comme nous l’avons déjà souligné, ce qui ressemble fort à une francophobie latente et que les représentations diplomatiques françaises sur le continent feignent de ne pas voir, se vit souvent lors de certains grands événements impliquant la France. Lors des matchs de football et autres compétitions sportives, il est par exemple de bon ton de s’aligner derrière le camp opposé, sans rater l’occasion d’applaudir à tout rompre, tout faux pas de nos « ancêtres » honnis. De loin, on imagine à peine le sentiment de soulagement qui accueille dans certains pays francophones, l’élimination des équipes françaises en compétition européenne. On a encore pu le vérifier lors de l’échec de la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques 2012 remportée par Londres, la capitale britannique ou tout récemment avec l’élimination des Bleus en demi-finale de la Coupe du monde de rugby 2007 organisée à domicile. Une attitude qui rappelle étrangement les réactions enregistrées plus d’une décennie plus tôt, lors de la défaite mémorable de l’équipe nationale de football de France face à la Bulgarie. En battant l’équipe de France de football le 31 mai 2002 par un « but chronique » à la Coupe du monde Corée-Japon, les Lions du Sénégal avaient fait le bonheur de tout un peuple assoiffé de terrasser Goliath sous le regard du monde entier. Enfin une revanche face à l’Histoire !

Le poids de l’histoire

L’histoire des relations franco-africaines au cours des quarante dernières décennies passe invariablement, des pourparlers au sommet aux négociations en coulisses, d’arrangements en compromissions, de velléités d’émancipation en soumissions. Plusieurs décennies après les indépendances, les relations entre dirigeants français et africains ont été empreintes d’amitié, de chaleur, voire de complicité. D’aucuns ont même parlé de connivence, tant les intérêts réciproques étaient imbriqués dans un faisceau inextricable. Pendant longtemps, l’ancienne métropole a donné l’impression d’avoir gagné au change, d’avoir mis toutes les billes dans sa poche et de bien conserver les clefs de sa basse-cour francophone. C’était sans doute ramer à contre courant des évolutions du monde. Des phénomènes récents comme la démocratisation, la mondialisation, l’irruption sur l\’espace africain des nouveaux acteurs sur le double plan économique et diplomatique, viennent remettre en cause les certitudes les mieux ancrées. Pour pénétrer les méandres de cette trajectoire singulière, il faut s’armer de patience.

Plusieurs analystes l’ont souligné : depuis le temps des colonies, l’attitude de la France envers ses anciennes possessions coloniales n’a jamais varié. Il s’agit toujours de maintenir à leur égard une certaine condescendance dont les répercussions sur le plan psychologique voire mental est loin d’être négligeable. « Tout se passe comme si pour préserver la « grandeur » de l’ex-métropole, il fallait engager en permanence une sorte de fuite en avant destinée à creuser davantage le fossé entre elle et ses obligés. Le coq gaulois ne peut être à l’aise que dans une basse-cour peuplée de poules mouillées », observe un politologue camerounais. Vrai ou faux procès ? Toujours est-il qu’une Afrique pauvre et nécessiteuse ne ferait du mal à personne du moment où elle peut tendre la sébile à la moindre occasion et accepter l’aide conditionnelle. Selon certains observateurs, aucune autre puissance coloniale n’aurait mis en œuvre une telle politique d’infantilisation, en dehors peut-être de la Belgique. En toutes occasions, la « Mère » est restée très proche de ses « enfants », ne ménageant pas sa peine pour plaider leur cause lors des rencontres internationales. On a pu parler des relations étroites souvent caricaturées à travers les embrassades passionnelles entre l’ancien empereur Bokassa Ier de Centrafrique et son « cher parent » Giscard d’Estaing ou encore des chaudes poignées de mains de Jacques Chirac à ses hôtes africains.

Progressivement, une « diplomatie de papa » va se mettre en place. Comme s’il était prisonnier d’une espèce de syndrome du tirailleur, l’Hexagone a toujours eu recours à l’Afrique pour se tirer des moments difficiles, redorer son prestige ou simplement réaffirmer sa présence et son influence sur la scène internationale. Pour certains, l’Afrique francophone notamment, serait restée pendant longtemps une sorte d’appendice de la diplomatie française. On prête à un célèbre homme politique français la déclaration selon laquelle « sans l’Afrique, il n’y aurait pas d’histoire de France au 20è siècle ». Qu’elle soit excessive ou pas, cette déclaration conserve une part de vérité, selon certains observateurs. On peut tout de même relever en toute objectivité, le rôle joué par l’Afrique et les Africains dans la défense de la souveraineté française dans le monde, depuis la participation aux deux guerres mondiales jusqu’à la défense des conquêtes coloniales en Indochine, à Madagascar, en Algérie ou au Cameroun. On sait par ailleurs que le poids de la France au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies est lié en partie au soutien inconditionnel que lui ont longtemps apporté ses inconditionnels africains. Pendant des décennies, les pays francophones se sont alignés systématiquement derrière les positions françaises lors des votes aux Nations Unies et autres instances internationales, y compris dans le domaine sportif où le soutien africain était toujours acquis d’avance. Par ailleurs, les pays francophones d’Afrique semblaient se complaire dans une relation d’exclusivité avec la France qui de son côté, voyait d’un très mauvais œil l’irruption d’autres grandes puissances dans les pays dits du « pré carré ». Ce statu quo a été longtemps reconnu tacitement par d’autres membres du Conseil de sécurité qui ne pouvaient rien entreprendre en Afrique sans requérir au préalable l’avis et l’aval de Paris, reconnaissant de ce fait à la France une sorte de primauté historique sur l’Afrique considérée alors comme sa zone traditionnelle d’influence. Pendant les quarante dernières décennies, les relations économiques avec l’Afrique ont épousé pour leur part, les traditions héritées de l’ère coloniale. Dans la pure logique de « l’échange inégal », l’Afrique fournit essentiellement des matières premières qui une fois transformées, lui sont revendues plus cher. Depuis un demi siècle environ, la situation n’a guère changé. On aurait pu penser qu’à l’occasion de la fermeture de certaines chaînes de fabrication (automobile, textile…) des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Cameroun bénéficieraient de quelques délocalisations. La plupart des usines ont été démontées et reconstruites pièces par pièces, en Europe centrale et surtout en Chine devenue par la suite un redoutable concurrent des fabricants français sur leurs propres marchés et au-delà.

Sur le plan de la coopération bilatérale, les chiffres impressionnants masquent parfois des réalités moins reluisantes. S’il est communément admis que la France figure toujours au premier rang des bailleurs de fonds sur le continent, beaucoup de voix s’élèvent pour s’interroger sur l’efficacité de cette fameuse aide au développement. Malgré des centaines de milliards décaissés depuis des décennies, on cherche en vain les traces visibles de ce soutien massif sur le terrain. « Quand elle est débloquée, l’aide va en priorité aux réformes institutionnelles, à l’amélioration de la gouvernance, à la protection de l’environnement, à l’éducation ou à la santé plutôt que d’être affectée à la construction des routes, des chemins de fer, des barrages, des usines et autres infrastructures de production qui font cruellement défaut », relève un économiste camerounais.

Le statu quo longtemps préservé est-il éternel pour autant ? Certaines évolutions récentes n’autorisent pas une telle affirmation. L’avènement de la démocratie voulue et imposée par l’ex-métropole et la communauté des bailleurs de fonds aura contribué à faire sauter certains verrous. Par la suite, les choses ne sont pas toujours allées dans le sens souhaité. « L’alternance au sommet de l’Etat rendu possible par les élections pluralistes plus ou moins transparentes, a rendu possible l’émergence d’une nouvelle race de dirigeants politiques peu au fait des combines et petites magouilles de coulisses. De quoi mettre à mal un dispositif bien huilé jusque là. On a vu avec quelle circonspection a été accueillie l’arrivée d’hommes neufs jugés « peu sûrs » au pouvoir en Côte d’Ivoire et à Madagascar. Le régime de Laurent Gbagbo, malgré ses dérives condamnables, a eu le mérite, aux yeux d’une certaine opinion ivoirienne, le remettre en cause les rapports de sujétion avec l’ancienne métropole », souligne un universitaire camerounais. On se rappelle également qu’en son temps, Alpha Omar Konaré, l’ancien président malien démocratiquement élu, avait décliné une « convocation » de son homologue français pour participer à un sommet régional des Chefs d’Etat africains sous supervision française. Quelques années plus tard, c’était au tour de l’Ivoirien Gbagbo de tenir tête aux maîtres d’hier. Après avoir signé en janvier 2003 à contrecœur, les accords de Linas-Marcoussis portant règlement de la crise ivoirienne et placés sous le haut patronage de la France, il n’accordera par la suite aucune considération à ce « chiffon ». Il aura fallu attendre le mois d’avril 2007 et une ultime médiation interafricaine, excluant naturellement Paris, pour voir un début de solution à la partition de fait de la Côte d’Ivoire depuis 2002. Même s’ils peuvent paraître anecdotiques, les faits évoqués plus haut sont inédits et semblent traduire une rupture de « l’entente cordiale » qui a longtemps caractérisé les relations franco-africaines et préfigure par conséquent une nouvelle approche moins paternaliste même si dans son récent « Discours à la jeunesse africaine » prononcé à l’Université de Dakar, le président Sarkozy semble avoir ressuscité les vieux clichés qui peuplaient naguère l’imagerie coloniale. A ses yeux, l’Afrique reste le continent immobile, tourné vers le passé et prisonnier du rythme des saisons. En ouvrant plus grands les yeux ont se rend pourtant compte que le monde change et l’Afrique avec. Au lieu de ressusciter des théories usées par les siècles, on ferait pourtant bien de regarder la réalité en face. Cette évolution tout en réalisme est sans doute salutaire car le temps presse et des nouveaux partenaires pour ne pas dire concurrents, sont désormais aux portes du « village franco-africain » et l’ont même investi en partie. La France s’en rend-t-elle vraiment compte ?

Toujours est-il qu’en Afrique, les dirigeants de la jeune génération et les peuples désemparés sont d’autant plus séduits que les relations économiques entre la France et l’Afrique ont été rarement à la hauteur des attentes au cours des dernières décennies. Trop souvent, les déclarations de bonnes intentions et d’autres formules rhétoriques ont pris le pas sur des réalisations concrètes. Vue de Paris, la fameuse coopération a été plus placée sous le prisme de l’assistanat permanent en lieu et place d’un partenariat économique mutuellement bénéfique. Même « Chirac l’Africain » n’a rien pu modifier. Alors que des grands groupes français étaient invités à investir massivement en Europe centrale, en Asie ou en Amérique latine, on plaidait parallèlement en faveur d’une simple assistance désintéressée à l’Afrique comme si le monde des affaires se réduisait à de la philanthropie. Une telle relation fondée sur une conception angélique de la coopération et du développement ne manque pas d’effets pervers. L’absence de la notion du « gagnant-gagnant » ou de toute autre forme d’intérêt objectif semble avoir installé chez des Africains, y compris chez des élites dirigeantes, une mentalité d’assistés qui consiste à croire que les rapports entre les Etats sont une affaire de petits cadeaux et que l’on peut tout obtenir gratuitement de l’autre, sans contrepartie ni devoir d’inventaire. Même si Paris reste le premier partenaire commercial et le premier investisseur dans la plupart des pays francophones, sur l’ensemble du continent, la situation est en train de changer, compte tenu des bouleversements en cours dans le monde. D’Abidjan à Johannesburg, un nouveau partenariat se met progressivement en place, bousculant au passage des vieilles relations plus fondées sur les sentiments que sur des réalisations mutuellement bénéfiques. Au cours des dix dernières années, le Japon, engagé avec la Chine dans une véritable course de leadership en Afrique, a consacré plus de 50 milliards de francs à la construction des dizaines d’écoles modernes à plusieurs niveaux dans toutes les provinces du Cameroun. Auprès de ces joyaux architecturaux qui n’ont rien à envier à certaines établissements d’enseignement supérieur, le Lycée Leclerc, principale réalisation française dans le domaine éducatif, remonte à plus d’un demi siècle. Même si la situation évolue par exemple au Cameroun à travers les projets liés à la réduction de la dette (C2D), il est regrettable que sur un continent où les besoins en formation de la jeunesse sont énormes, la France ne ce soit pas impliquée davantage par le passé dans le développement des infrastructures scolaires, au-delà de l’envoi ponctuel des coopérants ou de la multiplication des séminaires et autres sessions de formation sans grande portée. Certains pays inféodés jusque là à la France, manifestent de plus en plus la volonté de diversifier leurs relations économiques. Ainsi en est-il du Cameroun où des repreneurs américains ont arraché le secteur de l’énergie électrique au nez et à la barbe des concurrents français. Toujours au Cameroun, Alcan, le géant canadien de l’aluminium, a racheté l’usine d’électrolyse d’Edéa au français Pechiney et entend porter à 200.000 tonnes une production qui plafonne depuis un demi-siècle à 80.000 tonnes. Malgré le rachat du repreneur canadien par Rio Tinto, le projet est loin d’être enterré. Toujours au Cameroun, après l’échec de la défunte société de transport urbain (Sotuc), un opérateur privé américain (Le Bus) vient de relancer le transport public urbain en remplaçant les vieux bus Renault par des bus flambant neufs fabriqués…en Chine et dotés de matériels de sécurité dernier cri. Les mêmes Américains déjà partie prenante dans l’exploitation minière à l’est du pays, pourraient également prendre pied dans celle de la bauxite dont le Cameroun abrite l’un des plus grands gisements mondiaux. La Côte d’Ivoire avait déjà introduit des investisseurs américains dans le juteux marché du négoce agro-alimentaire. Le Sénégal de son côté a privatisé l’électricité au profit des Canadiens avant de se ressaisir. Il s’apprête à donner le Port autonome de Dakar en concession aux investisseurs de Dubaï mieux disant, malgré les protestations des Bolloré et Cie. Tout récemment, le Niger a engagé un bras de fer avec la société française Areva et n’a lâché prise qu’après une renégociation à la hausse du prix de l’uranium jusque là vendu en dessous du prix international. Accusé de soutenir financièrement la rébellion touareg, le géant français du nucléaire civil a finalement « a perdu le monopole qu’il détenait depuis quatre décennies sur la prospection, l’exploitation et la vente de l’uranium nigérien. La fin d’une époque. » (6)

De son côté, la Chine récemment arrivée sur le champ économique, poursuit sur le terrain sa campagne de séduction. Palais présidentiels, salles pour grands spectacles, hôpitaux de référence, grandes enceintes sportives, barrages, centrales électriques, routes, voies ferrées…on ne compte plus les fruits de la coopération sino-africaine. Beijing rattrape également son retard dans l’exploitation des matières premières (pétrole en Angola, au Nigeria et au Soudan) tandis que le commerce extérieur explose. Selon une étude récente, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont été multiplié par cinq au cours des dix dernières années, passant de 11 à 55 milliards de dollars. On mesure à peine les conséquences pour les anciens partenaires. Déjà, l’invasion du textile chinois ne fait pas des ravages qu’en Europe et aux Etats-Unis. En Afrique, l’arrivée des vêtements bon marché met à mal le secteur du prêt-à-porter alimenté pendant des décennies par Dior, Courrèges, Chanel et d’autres grands couturiers français. De Dakar à Douala, l’invasion des motos chinoises a relégué au rayon des souvenirs les vieilles motocyclettes Peugeot BB chères à nos grands pères. Au Cameroun particulièrement, le marché automobile, tous segments confondus, est largement dominé par des constructeurs asiatiques, notamment des japonais (Toyota, Mitsubishi, Nissan) et coréens, l’achat des véhicules français (jugés à tord peu fiables) étant réservé aux administrations publiques de souveraineté. Sans que l’on sache s’il s’agit d’une stratégie concertée, l’offensive économique chinoise en Afrique s’accompagne d’une présence humaine de plus en plus affirmée. De quelques centaines d’individus il y a dix ans à peine, les colonies chinoises d’Afrique occidentale se comptent désormais par dizaines de milliers et la tendance n’est pas prête à s’inverser. Les Chinois sont d’autant plus tolérés que leur proximité physique avec l’habitant contraste avec la distance observée par les derniers Européens qui vivent toujours enfermés dans les quartiers résidentiels. Toutefois, les Africains devraient se garder de succomber à l’euphorie. La pénétration chinoise sur le continent s’accompagne parfois de la reproduction des mêmes dérives reprochées auparavant aux puissances occidentales. De nouveaux concurrents émergent sur le continent même. Lentement mais sûrement, l’Afrique du Sud pousse ses pions dans toutes les directions. Le pays de Mandela est très présent au Cameroun dans la téléphonie mobile et le transport ferroviaire, en Cote d’Ivoire dans les infrastructures, au Mali dans l’or, en Centrafrique dans les diamants… Compte tenu des évolutions en cours, on peut se risquer à poser une question embarrassante. Et si la France perdait définitivement l’Afrique ? Certains la trouveront sans doute superflue.

Il n’en demeure pas moins vrai que l’hostilité grandissante d’une grande partie de l’opinion africaine envers l’ex-métropole n’est pas une vue de l’esprit. Après les attaques et dénonciations virulentes de certains intellectuels qu’on pouvait traiter volontiers de gauchisme, on assiste depuis quelques années aux protestations véhémentes venant du petit peuple. Sans que l’on puisse leur accorder le moindre crédit, les griefs formulés à l’encontre de la France sont légion, en politique comme en économie. Sur le plan diplomatique, des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer un soutien à sens unique. L’Afrique se serait beaucoup mise au service de la France et lui aurait donné plus de gages de fidélité qu’elle n’en aurait reçu en retour. On l’aura encore constaté lors du débat sur l’élargissement du Conseil de sécurité des Nations Unies quand Paris après avoir promis son soutien aux candidats africains, a fini par s’enfermer dans le mutisme.

Le débat actuel sur l’émigration conforté par la récente victoire de Nicolas Sarkozy à la dernière élection présidentielle en France, vient raviver des ressentiments d’une bonne frange de la jeunesse africaine. Le rejet de cette nouvelle orientation politique s’est encore vérifié lors du passage houleux du candidat Sarkozy au Bénin et au Mali où il a été traité de tous les noms d’oiseaux par une jeunesse déchaînée. La notion de « l’immigration choisie » chère à Nicolas Sarkozy, a même fait sortir de leurs gongs certains dirigeants africains. Sans précaution diplomatique, le président malien Toumani Touré a même comparé les nouveaux critères d’admission à la honteuse sélection effectuée jadis par des négriers qui ne retenaient comme esclaves que des individus physiquement sans reproche. Aujourd’hui, il s’agirait plutôt de vider l’Afrique des têtes bien faites. Beaucoup s’étonnent d’ailleurs que des Africains et des Noirs en général, soient toujours les premiers indexés en matière d’émigration alors qu’ils représentent moins de 10 % des effectifs totaux d’émigrés. Ce qui laisse croire que le raidissement des conditions d’immigration vise d’abord les Noirs et les Arabes dans une moindre mesure. Avec le durcissement de la politique de délivrance des visas, la France n’incarne d’ailleurs plus l’avenir aux yeux des jeunes africains pour qui elle n’est plus qu’un pays de transit vers des horizons plus hospitaliers. De Yaoundé à Dakar en passant par Abidjan, les candidats aux études supérieures à l’étranger se tournent de plus en plus vers les Etats-Unis, le Canada, la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Chine, voire la Russie, malgré la montée du racisme et de la xénophobie dans ce dernier pays.

Du "désengagement" de la France en Afrique

Alors, la France n’a-t-elle plus vraiment besoin de l’Afrique comme le prétendent les représentants de la « nouvelle droite » française ? Le fameux débat sur le désengagement brandi aux Africains comme une menace, recouvre des réalités moins réjouissantes pour Paris. Pendant longtemps, l’Afrique a été la seule véritable zone d’influence de la France dans le monde, celle où elle régnait en maître, n’ayant rien à redouter d’un éventuel concurrent. Cela n’était pas possible ni en Amérique du Sud dans l’arrière-cour des Etats-Unis, ni en Asie face au géant japonais en attendant la montée en puissance de la Chine. La France qui se plait à présenter son désengagement de l’Afrique comme le résultat d’une réorientation stratégique fait-elle contre mauvaise fortune bon cœur ou alors n’a-t-elle pas encore pris conscience que la terre lui glisse sous ses pieds ? Forcé ou volontaire, le désengagement renforcerait sans nul doute, une perte d’influence au niveau mondial et pas seulement en termes économiques.

Les nouvelles perspectives ouvertes par la récente élection présidentielle en France auront des répercussions profondes sur les relations franco-africaines. Même si le départ de Chirac ne semble pas avoir sonné le glas d’une certaine politique africaine de la France où les relations interpersonnelles avec les dirigeants en place l’emportaient parfois sur la politique officielle, certains observateurs estiment que rien ne sera plus comme avant. En perdant progressivement ce qui a été historiquement sa principale zone d’influence dans le monde, la France pourrait se retrouver face à elle-même et pourrait frissonner en redécouvrant la nudité des dures réalités : celle d’une puissance moyenne qui, ayant abandonné l’épuisant bras de fer avec la puissante Amérique et ne pouvant plus compter comme par le passé, sur le soutien inconditionnel de ses anciens alliés africains, se retrouvera à l’ombre d’une puissante Allemagne solidement ancrée en Europe centrale. On peut dès lors s’interroger logiquement sur ce que sera demain la France sans une arrière-garde africaine dont elle ne jouirait plus du soutien inconditionnel et systématique dans les instances internationales ? Si la question semble sans objet pour l’instant, la comparaison avec le domaine sportif n’est pas qu’anecdotique. En 1998, l’équipe nationale de football de France s’est hissée sur le toit du monde grâce aux Zidane, Vieira, Malouda, Makelele, Govou, Henry, Thuram, et autres ressortissants d’Afrique et des Antilles qui constituent aujourd’hui encore près de 90 % de l’effectif total. Lors de la dernière Coupe du monde 2006 en Allemagne, les Bleus n’étaient pas loin de réitérer l’exploit. Certes au strict plan économique, le recul de la France en Afrique aurait peu d’impact sur les indicateurs fondamentaux de l’Hexagone. Les pertes se situent en revanche dans des domaines moins quantifiables mais ô combien importants ! Pour avoir une idée de ce à quoi pourrait ressembler demain le pays de « nos ancêtres les Gaulois » sans l’Afrique, on peut s’amuser à imaginer un seul instant ce que seraient demain les Bleus sans les fameux « joueurs de couleur » qui ont fait jusqu’ici sa force. On ne pourrait que mieux apprécier l’immensité du désert.

(1) Michel Sitbon ; Un génocide sur la conscience, Editions l’Esprit frappeur, Paris, 1998 (2) Interview du président gabonais diffusé le 8 mai2007 sur Radio France Internationale (3) Adama Gaye ; Chine-Afrique : le dragon et l’autruche, L’Harmattan, Paris, 2006 (4) Anne-Valerie Hoh et Barbara Vignaux ; L’Afrique n’est plus l’eldorado des entreprises françaises in Le Monde diplomatique, février 2006 (5) Boubacar Boris Diop ; Avertissement ivoirien à la Françafrique in Le Monde diplomatique, mars 2005 (6) Valentin Hodounou, Niger, Areva, fin des privilèges in Continental Magazine N° 63 Septembre 2007.

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 15:34

« Touche pas à mon président ! »

Quelque 2.000 personnes ont manifesté samedi à Libreville pour protester contre des ONG et des associations françaises qui dénoncent l'acquisition de luxueux biens immobiliers du président du Gabon Omar Bongo Ondimba en France. "La société civile gabonaise ne veut pas de défenseurs autoproclamés. Nous n'avons pas besoin d'eux ni en France ni ailleurs", a déclaré Ghislain Etoughet, président du mouvement "Touche pas à Mon Président", porteur d'un manifeste de soutien, remis à la présidence à Libreville.
"Nous tenons à marquer notre condamnation la plus ferme vis-à-vis des actions tendancieuses et périlleuses que mènent ces ONG et associations françaises", est-il affirmé dans le manifeste du mouvement, regroupant des associations et des syndicats.

L'ONG Transparence International France (TI) a déposé en juillet une plainte contre X visant cinq chefs d'Etat africains, dont Omar Bongo, qu'elle accuse de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné.

Une première plainte avait déjà été déposée en mars 2007 par trois associations françaises, entraînant l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le patrimoine de ces chefs d'Etat. Elle avait été classée sans suite en novembre.

Selon des procès-verbaux de la police française, rendus publics au début de l'année par le quotidien français Le Monde et la chaîne publique France 2, M. Bongo et sa famille possèdent en France 33 résidences, dont un hôtel particulier acheté en 2007 pour 18,8 millions d'euros à Paris.

Les rapports s'étaient alors tendus entre Paris et Libreville, le Gabon menaçant la France de "revoir" ses relations.

Fin août, "Touche pas à Mon Président" avait annoncé qu'il porterait plainte contre ces ONG "pour outrage" à M. Bongo. Leurs dirigeants ont confirmé samedi qu'ils se rendraient prochainement en France pour le faire.

Publié le 4 October 2008.
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