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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 12:36

CAS DOGO : LE POUVOIR DE BANGUI DANS L'EMBARRAS



 


Le 26 mai 2006, le public centrafricain a été réveillé en pleine nuit par la nouvelle de la disparition tragique au front de l'ex libérateur Célestin Dogo, l'un des fidèles serviteurs du Général Bozizé de la rébellion jusqu'à la conquête du pouvoir le 15 mars 2003. Cette mort subite de l'homme censé être invincible a non seulement mis fin à toute une histoire héroïque mais aussi et surtout, a été l'objet de beaucoup d'interrogations tant de la part du pouvoir que des observateurs de la vie politique nationale. Pour le pouvoir, si le courageux Dogo est mort au front, cela démontre à suffisance que la situation sur le terrain est intenable et préoccupante. Cela consacre par la même occasion le fait que l'insécurité est pleinement établie sur le sol centrafricain et compromet dangereusement la paix en Centrafrique.
Cependant, pour bon nombre de compatriotes centrafricains ainsi que des personnalités politiques et diplomatiques, la question cruciale est relative au statut de Célestin Dogo. Peut-il être considéré comme un militaire encore en activité ou un civil ? Cette interrogation est fondée dans la mesure où le célébrissime Célestin Dogo à la suite de l'assassinat de Marzanne et Mamadou Ngaïssona avait été radié du contrôle de l'armée par décret signé par le Chef suprême des Armées et Ministre de la Défense Nationale François Bozizé. Cette radiation avait été médiatisée et aussi bien l'opinion tant nationale qu'internationale était au courant de ce que ce compagnon de lutte du Général Bozizé n'a plus qualité d'agir au nom des forces de défense et de sécurité de la République Centrafricaine. Il a été remis à sa famille et par conséquent est devenu un civil comme les autres citoyens. Comment le haut commandement militaire qui avait conscience que Dogo a été radié de l'Armée peut-il encore accepter que celui- ci puisse faire partie du détachement militaire composé de 2 sections des éléments de la Garde Présidentielle appuyés par une section des éléments du BMIA ? A-t-il été tacitement reconduit dans ses fonctions par un décret muet ? Autant de questions qui peuvent aider à comprendre comment les plus hautes autorités politiques centrafricaines contribuent au non respect des décisions et textes qu'ils ont pourtant promis de respecter. Et comme Dogo fait partie d'une mission officielle des forces de défense et de sécurité avec tout ce que cela comporte d'illégalité, on se demande sous quel signe seront organisées ces obsèques. Le Chef suprême des Armées et Ministre de la Défense Nationale François Bozizé doit être en ce moment très embarrassé par cette situation qui le place dans une position très inconfortable aussi bien vis-à-vis de l'opinion nationale qu'internationale. D'ailleurs, des voix s'élèvent au sein des parents de Dogo pour dire qu'une plainte doit être déposée contre le régime de Bangui aux fins d'un probable dédommagement suite à la disparition de leur fils. En voulant renouer avec l'illégalité pour défendre la patrie en danger, le régime de Bangui a soulevé plus de problème qu'il n'en résolve.


Mercredi 07 Juin 2006
Harly - Schengen

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