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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 19:08
ASSEMBLEE GENERALE CONSTITUTIVE DE L'OBECHE LYON

A Villeneuve-la garenne, le 14 juin 2006

Madame, Monsieur, 

L'Obéché BGF est opérationnelle.

Cette antenne constituait l'étape principale dans la stratégie de fonctionnement de L'Obéché. Le site de L'Obéché a été relooké et est riche en images.

Pour suivre notre plan d'action, nous mettons en place L'Obéché Lyon.

Pour se faire,  nous vous convions à l'assemblée générale constitutive de notre antenne de Lyon.
Celle-ci aura lieu le samedi 24 juin 2006, au 279 route de Genas à Villeurbanne.

Vous y êtes attendus à 19 h 00 heure précise, heure de Paris. 

Il est prévu comme ordre du jour :

-          Allocution du Président de L'Obéché

-         la présentation du Président de L'Obéché LYON coopté par le Siège

-          Allocution du Président de L'Obéché LYON

-          la présentation du projet de notre association ;

-          la lecture, présentation et adoption des statuts ;

-          la désignation des  membres du conseil d'administration et du bureau ;

-          la détermination du montant des cotisations au vu de la proposition ;

Vous pouvez vous présenter aux élections… Faites acte de candidature à obeche@gmail.com , en indiquant vos noms et prénoms, affiliation et votre motivation

Afin de préparer cette assemblée, vous trouverez ci-joint :
- les statuts
- la liste des postes à pourvoir

Dans l'attente de vous rencontrer, nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'_expression de nos salutations respectueuses

 

Bertrand ALAZOULA

Président de L'Obéché

 



--
Contact : L'Obéché, 5 Mail Roger PREVOT – 92390 – Villeneuve-la-Garenne

Association loi du 1er juillet 1901 N° 36029256

obeche@gmail.com – 336 21 53 29 33 – 331 77 51 56 05 - 236 55 61 00 - http://groups.google.fr/group/Lobeche - http://obeche.ifrance.com

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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 19:03

LES CONTOURS DE L'ECHEC DE LA MISSION DE PAIX DE PAOUA



 


Tout le monde le sait, le gouvernement a organisé une mission de paix de deux jours, à Paoua. L'objectif visé par le gouvernement consiste à ramener la confiance au sein des populations victimes des derniers évènements de Paoua et qui sont éparpillées dans la brousse afin qu'ils regagnent leurs villages respectifs pour contribuer à l'effort économique. Le gouvernement vise aussi à travers cette mission apporter assistance à cette population meurtrie et lui apporté réconfort. Mais après cette mission, l'heure est maintenant au bilan.
Le gouvernement par le canal du Chef de l'Etat a fait état de la réussite de cette mission. Certes, on peut parler d'une réussite en ce sens que la mission a finalement eu lieu et qu'elle a mobilisé les dirigeants du pays à un niveau très élevé : Premier ministre, chef du gouvernement, des membres du gouvernement, des honorables députés et quelques personnes de bonne volonté disposées à compatir avec les populations de Paoua et ses environs.
Au cours de cette mission, le gouvernement a pu drainer des populations qui ont pris part aux différents meetings organisés à cet effet. Certainement qu'à cette occasion, le prophète Elie a pu transmettre son message de paix à la population de Paoua, afin de la convaincre à abandonner la psychose qui la pousse à fuir son terroir. Une marche de paix a été organisée à cet effet, rassemblant les jeunes de la localité. Le gouvernement a procédé aussi à la remise des cadeaux, offerts par les membres du gouvernement et la Fondation Monique Bozize. Ces cadeaux sont constitués de pagnes, du sel, des morceaux de savons et des litres d'huile. Les produits de première nécessité, surtout pour une population démunie, expropriée et qui ne sait plus, à quel saint se vouer. Une caravane de paix a sillonné dans les différentes zones sinistrées, pour démontrer à la population que la paix est déjà à leur porte.
Seulement, l'on se pose la question de savoir si les actions menées par la mission gouvernementale de paix sont suffisantes pour ramener définitivement la paix dans cette partie du territoire ? Qu'est ce qui n'est pas dit dans la restitution faite par les autorités sur ladite mission ?
Cette mission gouvernementale de paix revêt une importance particulière tant, l'affaire Paoua a fait couler beaucoup d'encre et de salive. Le calvaire vécu par les habitants de Paoua mérite une assistance d'urgence auprès de cette population non seulement pour enlever de leur tête les stigmates laissés par les forces de défense et de sécurité mais aussi par les bandes rebelles. Entre les populations de Paoua et les autorités locales et centrales, ça été une crise de confiance sans précédent. Des faits relevés au cours de cette mission le prouvent à suffisance.
D'abord concernant les préparatifs de cette mission. Il faut dire que les honorables députés appelés à participer à la préparation de la mission ont décliné l'offre. Ils se sont basés sur la manière avec laquelle le gouvernement et le chef de l'exécutif ont traité le problème de Paoua. Il se sont surtout élevé contre l'injonction du chef de l'Etat qui leur a intimé l'ordre de descendre sur terrain convaincre leurs électeurs à regagner les villages abandonnés. Ce qui pour eux voudrait dire qu'ils sont gérés par le président de la République qu'ils ne voulaient être à sa solde. Ils s'élèvent contre le totalitarisme de l'exécutif, qui cherche à se camoufler derrière eux pour cacher ses dérives. Toujours de sources proches des trois députés de Paoua, il ne leur appartient pas d'aller éteindre la flamme allumée par l'exécutif.
L'on se souviendra que les honorables députés de Paoua avaient exigé qu'une enquête internationale soit organisée pour faire la lumière sur les exactions des forces de défense et de sécurité, surtout des éléments de la garde présidentielle, conduits par le célèbre Lieutenant Eugène Ngaïkoesset. Les représentants des populations de Paoua ont réclamé aussi des garanties pour leur sécurité. Avec le refus des trois députés de la localité de Paoua, l'exécutif a préféré convaincre les députés de Bozoum et de Bocaranga à accompagner l'équipe. Alors que normalement ceux-ci, au nom de la solidarité parlementaire auraient du prendre position pour soutenir leurs confrères de Paoua, en les soutenant dans leurs revendications qui d'ailleurs ne sont que légitimes. Les deux députés de Bozoum et Bocaranga mis à contribution par le gouvernement et ayant fait le déplacement de Paoua sont-ils allés au nom de l'Assemblée Nationale ou bien, en leur nom propre? Initialement prévue pour cinq jours, la mission de Paoua est ramenée à deux jours car, affirme t-on que le gouvernement n'a pas les moyens de supporter les cinq jours. On notera que le gouvernement Doté a organisé des rackets auprès des sociétés de la place, afin de réunir les moyens de sa politique. Comble de désolation pour un gouvernement qui est obligé de mendier pour la mise en œuvre de sa politique.
Sur le terrain, l'équipe a constaté malheureusement que beaucoup de villages restent désertés. Cette situation concerne tous les villages où on relève les cas des exactions des forces de défense et de sécurité. Dans les quelques villages où les populations ont regagné en partie, la mission a non seulement constaté que la psychose demeure car, devant l'approche des bruits de moteur, celles-ci prennent fuite pour aller se cacher loin dans la brousse ou bien sur les collines. A Bémal par exemple, où habitaient plusieurs centaines de populations, l'équipe a juste retrouvé deux femmes dans le village. Et tout cela, malgré qu'une mission précurseur avait été envoyée sur place pour sensibiliser les populations de la visite du Premier Ministre Elie Doté à Paoua.
Alors que peut-on retenir de cette mission de Paoua ? D'aucuns ont pensé que le Premier ministre et toute l'équipe étaient partis en villégiature, tant ils ont attendu longtemps pour organiser cette mission qui peut être considérer comme une visite du médecin après la mort de ses patients. Pour certains observateurs, il était probable que cette mission aboutisse à un échec tant les autorités locales et les députés des trois circonscriptions électorales de Paoua ne sont pas pleinement associées à ladite mission. La paix retrouvée à Paoua n'est qu'une paix de façade avec tout ce que les populations ont vécu. D'autres mauvaises langues parlent même de l'improvisation dans la préparation de cette mission, ce qui se vérifie par l'acharnement des autorités qui ne veulent pas prendre en compte le point de vue des élus de Paoua. Un acharnement qui n'a pour seule ambition de démontrer à l'opinion nationale et internationale que quelque chose se fait à l'endroit de cette population par le gouvernement or, en réalité, il n'en est pas le cas.
La sagesse aurait voulu que le gouvernement prenne des dispositions nécessaires pour faire participer les élus de Paoua à cette mission, depuis les préparatifs jusqu'à son aboutissement. Il ne coûte absolument rien de s'asseoir autour d'une table et d'échanger avec ces élus des conditions de leur participation pour la réussite de cette mission et pour une paix durable dans la région Nord du pays. Seuls les députés peuvent contribuer efficacement au retour des populations dispersées dans la brousse. Le concours de ses représentants de la population aux côtés de leurs électeurs est déjà un signe de confiance.
Selon les informations recueillies sur place, les populations ne veulent pas regagner leur village par peur de représailles de la part des forces de défense et de sécurité. Ils ont opté rester dans la brousse construire des maisons afin de se soustraire des dérives des éléments des forces de défense et de sécurité.
Pour un homme politique averti, seul le démantèlement des détachements des forces de défense et de sécurité installés à Paoua, peut ramener la paix et la confiance au sein de la population. Il justifie sa pensée par le fait que ces populations développent toujours la peur à l'écoute des bruits de moteurs. Ce qui signifie que les éléments déployés, sur terrain à Paoua ont laissé un mauvais souvenir au sein de la population.
En tout cas, il n'est jamais trop tard et la paix n'a pas de prix. Le gouvernement doit prendre en compte les propositions des élus des circonscriptions de Paoua pour convaincre leurs électeurs à regagner leurs villages. Il en va de la cohésion nationale et d'une paix durable en Centrafrique.


 

Modeste J. Poubalandji
 


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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 18:58

Centrafrique: le Premier ministre s'engage à rétablir la sécurité au nord

PAOUA (Centrafrique), 8 juin 2006 (AFP) - Le Premier ministre centrafricain Elie Doté s'est engagé jeudi, lors d'une visite à Paoua (500 km au nord de Bangui), à rétablir la sécurité dans le nord du pays, victime depuis des mois d'attaques de "bandits armés" et de la répression des forces de l'ordre.



 

Le Premier Elie Doté à Paoua (ph. Debato/Acap)
Le Premier Elie Doté à Paoua (ph. Debato/Acap)
"A Bangui, il nous a été rapporté que la plupart des villages sont désertés. Nous sommes venus, nous avons constaté les faits, mais nous vous demandons de regagner vos maisons, de cesser de vous exposer aux dangers de tous ordres", a déclaré M. Doté aux chefs de villages et aux élus de la région de Paoua.

"Je vous demande à vous, maires et chefs de villages, de sensibiliser vos administrés pour qu'ils regagnent leurs villages, le gouvernement s'engage à garantir votre sécurité", a poursuivi le chef du gouvernement, qui s'exprimait en sango, la langue nationale centrafricaine.

Plusieurs dizaines de représentants de la population de Paoua ont défilé jeudi matin dans les rues de la ville pour dénoncer principalement l'insécurité qui règne dans la région, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants ont remis au Premier ministre un mémorandum dressant la liste de leurs préoccupations, au premier rang desquelles figurent les "exactions" d'un détachement de la Garde républicaine, l'unité chargée de la sécurité présidentielle, déployé à Bossangoa (300 km au nord de Bangui).

Fief de l'ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par l'actuel président François Bozizé le 15 mars 2003, la ville de Paoua avait été la cible le 29 janvier d'un raid mené par des hommes armés, membres de groupuscules rebelles hostiles au régime de Bangui.
Cette attaque avait été sévèrement réprimée par les Forces armées centrafricaines (Faca) et la Garde républicaine, provoquant l'exode des populations de Paoua et de nombreux villages alentours.

Le Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) évalue à environ 45.000 le nombre de Centrafricains réfugiés dans ses camps du sud du Tchad.

Le gouvernement a reconnu que les affrontements avaient fait 27 morts, mais une mission de l'Union des journalistes centrafricains (UJCA) a évalué à au moins 80 les personnes tuées par les forces de l'ordre.

A la suite de la publication du rapport de l'UJCA en mars, la décision a été prise d'organiser une "mission de paix". Arrivé mercredi soir à Paoua à la tête de cette mission formée de ministres, députés, représentants des bailleurs de fonds et des ONG, Elie Doté doit regagner Bangui vendredi.
 

AFP
 


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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 18:44

ZIGUELE SE PRONONCE SUR L'AN 1 DE GESTION DE BOZIZE

Il y a maintenant un an que le général Bozize, a pris à nouveau les rennes du pays sous l'étiquette de président démocratiquement élu de la République Centrafricaine. Lors de son investiture le 11 juin 2005, devant le peuple et la nation, Bozize a pris des engagements pour relancer l'économie nationale, garantir et assurer la sécurité pour tous, promouvoir les droits humains. Qu'en est-il aujourd'hui? Voilà la question que tout un centrafricain a le droit de se poser. C'est dans ce contexte que le Journal Le Confident s'est rapproché du challenger de Bozize au second tour des élections présidentielles de mai 2005, M. Martin Ziguele qui établit à sa manière le bilan de la première année du règne de Bozize.



 

Martin Ziguele
Martin Ziguele
Le Confident (LC) : Monsieur Martin Ziguele, quel bilan faites-vous de la 1ère année de règne du président François Bozize depuis sa dernière élection ?
Martin Ziguele (MZ) Je vous remercie pour l'opportunité que vous m'offrez, une fis de plus, de m'adresser à nos compatriotes, et à tous ceux qui s'intéressent à notre pays, au travers de votre publication.

Le 11 juin 2006 est en effet le premier anniversaire du mandat du Président François BOZIZE, et vous vous souviendrez que j'étais présent à son investiture. Ce jour-là, devant le peuple et la nation, et devant quatre de ses pairs d'Afrique centrale, il a pris des engagements s'articulant autour de trois axes principaux : la relance de notre économie, la sécurité partout et pour tous et enfin la promotion des droits humains.

Aujourd'hui, un an plus tard, force est de constater qu'aucun de ces engagements n'est suivi d'effets tangibles. Cette première année du mandat de François BOZIZE est encore une année perdue pour la RCA, où la situation semble plutôt s'empirer sur ces trois plans de son discours d'investiture:

L'économie centrafricaine n'existe que de nom, et l'illusion entretenue autour d'un paiement plus régulier des salaires est faite au prix d'un endettement sans précédent auprès de la BEAC et du système bancaire national, rétrécissant de ce fait les possibilités de crédit à l'économie nationale. L'agriculture et l'élevage qui sont les deux « mamelles » du pays et dont vivent plus de 80% de notre population, sont des secteurs véritablement sinistrés, malgré les promesses électorales et post-électorales : le secteur du coton est à l'agonie, sans perspective à moyen terme de redressement, et nous arriverons certainement à une production de moins de 5000 tonnes de coton l'an prochain. La société française DAGRIS -ex CFDT- a refusé de venir en RCA pour reprendre les activités des défuntes SOCADETEX et SOCOCA mais le gouvernement n'a pas le courage de le dire au peuple, préférant continuer à entretenir le mensonge sur ce sujet, sans compter que les cotonculteurs attendent toujours leurs arriérés promis à cor et à cri par BOZIZE lors de la campagne électorale. Le secteur du café est dans une situation plus grave, rien de concret n'ayant été fait pour l'encadrement et la commercialisation du café de manière profitable aux caféiculteurs. En plus , avec la fermeture de la frontière avec le Soudan, nos caféiculteurs, surtout ceux de l'est du pays, se voient privés de leurs seuls débouchés.

Quant à l'élevage, tout le monde sait que la quasi-totalité de nos éleveurs sont partis dans les pays voisins avec leurs troupeaux du fait de l'insécurité.

Les routes en RCA sont dans un état qui s'aggrave, et BOZIZE qui avait promis de bitumer 100 Kms de route par an s'il était élu, est pris en flagrant délit de mensonge parce que nous sommes bien au premier anniversaire de son mandat et aucun kilomètre de route n'a été bitumé en République centrafricaine. Nous pouvons dire la même chose des écoles, des dispensaires, de l'eau et de l'électricité qui ont été promis partout.

Dans le domaine des mines, le gouvernement qui n'a pas peur du ridicule, présente comme un haut fait d'armes le retrait des permis miniers à des vrais « truands » à qui il les avait lui-même accordés dans des conditions opaques. A quand l'attribution des permis miniers et forestiers par appel d'offres international ouvert, seule condition de l'assainissement de ces deux secteurs comme je l'avais souligné pendant la campagne ?

La vérité, dont beaucoup d'observateurs avisés commencent à s'en rendre compte est que ce régime, et son principal animateur, François BOZIZE, n'ont aucune volonté politique de lutter contre les nombreux nœuds gordiens de notre économie, ni encore moins une vision d'ensemble du devenir de la RCA . Ils rechignent à engager des actions structurelles drastiques pour rompre définitivement avec ce cycle de paupérisation continue de notre pays. Comme toute politique, François BOZIZE et son régime fondent tous leurs espoirs sur une assistance financière extérieure permanente, alors que bien que rien de sérieux et de durable n'a été fait avec la manne extérieure dont ils ont bénéficié depuis le 15 mars 2003.

Il ne faut surtout pas oublier que ce régime a bénéficié de plus d'appuis budgétaires extérieures en 3 ans que tous les régimes précédents réunis, et cela sans résultat probant sur la vie quotidienne des centrafricains.

S'agissant de la sécurité, peut-on vraiment affirmer aujourd'hui, sans être ridicule, que la RCA est un pays où règne la sécurité ? Ceux qui affirmaient hier que François BOZIZE , en sa qualité de militaire, était le mieux placé pour ramener la sécurité, doivent réviser leurs arguments parce que depuis l'indépendance en 1960, l'Etat centrafricain n' a jamais été aussi déliquescent et peu sûr. Le discours du pouvoir sur la sécurité du pays est lui-même source d'insécurité, car personne ne sait réellement ce qui se passe mais tout le monde sait que le pays n'est pas en paix.

Pour ce qui concerne le respect des droits de l'homme, il suffit de lire les communiqués des organisations centrafricaines et internationales de défense de droits de l'homme pour se rendre compte que nous sommes très loin d'un Etat de droit en RCA. Vous devez certainement avoir en mémoire le discours de François BOZIZE le 15 Mars 2006 à Mbaïki, où ce néo-démocrate qui fêtait néanmoins le troisième anniversaire de son coup d'Etat ( !) s'en est violemment pris en sango aux défenseurs des droits de l'homme: je pense que ce discours suffit pour savoir à qui nous avons affaire. Il s'agit bien de cette dictature grise dont je parlais pendant les élections.

LC : Comment expliquez-vous votre mutisme face aux événements douloureux de l'Ouham et l'Ouham-Pendé, vos fiefs ?
M.Z. : Je ne suis pas resté silencieux face aux évènements dans l'Ouham et l'Ouham-Pendé puisque , dès que j'en avais été informé, j'ai saisi toutes les organisations internationales de défense des droits de l'homme pour exiger la constitution d'une commission d'enquête internationale afin de tirer toute la lumière sur ces évènements et de situer les responsabilités . Je suis également intervenu dans ce sens sur les ondes internationales telles que RFI et BBC pour attirer l'attention de la communauté nationale et internationale sur ces drames : ma démarche est toujours constante dans ce cas comme dans d'autres, sans considération du fait que les régions concernées soient l'Ouham et l'Ouham- Pendé , et je vous rappelle l'affaire SANZE pour laquelle je suis intervenu sur RFI et BBC. Je dénonce systématiquement toutes les atteintes au droits humains en RCA et je demande que justice soit faite en cas de fautes ou de crimes prouvées.

LC : Quelques militants du MLPC, du FPP et du RDC, sont en garde à vue depuis quelques semaines. Le parquet de Bangui les accuse de préparer un coup d'Etat contre le pouvoir de Bangui. Quel sentiment éprouvez-vous ?
MZ : Quand je constate que dans notre pays, nous en sommes encore et toujours à vivre dans la psychose des coups d'Etat, alors je me dis que nous ne sommes pas sortis de l'auberge. En la matière, nous en sommes toujours aux réflexes des années BOKASSA, où tout le monde soupçonnait tout le monde de complot , de coup d'Etat, d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat , et que sais-je encore… Le résultat de cet état de choses est la suspicion généralisée en RCA, une ambiance lourde, et un climat qui n'est pas du tout propice à la paix des cœurs.

Si des compatriotes appartenant au MLPC, au FPP ou au RDC ont commis des délits ou des crimes, mais qu'ils soient jugés dans les délais et les formes prescrits par nos lois : c'est cela l'Etat de droit , au lieu de garder à vue pendant des semaines des personnes sur la base parfois de dénonciations fantaisistes ou invérifiables. BOZIZE qui a vécu dans sa chair les affres des détentions « politiques » devait être plus que tous sensible à ces graves violations de la procédure pénale. Ne liait-on pas le SRI et la SERD au précédent régime ?

Pourquoi donc existent- t'ils encore ? Et ces polices politiques parallèles, à quoi servent-elles dans un Etat dit de droit et a fortiori dirigé par des « libérateurs »?

LC : Pensez-vous vous que le Général Bozize a les moyens nécessaires pour faire face à toutes ces rebellions armées ?
MZ : Tout d'abord, je voudrais vous dire et souligner que je suis opposé par principe à toute violence en politique, d'où qu'elle vienne et quelle qu'en soit la finalité. Mon combat à moi, dans le cadre de mon parti le MLPC, est exclusivement politique. Il s'inscrit et s'inscrira toujours dans le cadre de la légalité républicaine parce que mon Parti et moi-même nous sommes résolument et profondément républicains et démocrates. Ce rappel est important car ma position ne souffre d'aucune ambiguïté.

Maintenant, pour en revenir à votre question, j'affirme qu'un pays a toujours un moyen imparable de faire face aux rebellions : c'est le dialogue politique. Je n'en vois pas d'autres et ce n'est ni BOZIZE ni ses lieutenants qui diront le contraire : c'est la thèse qu'ils ont toujours défendu quand ils étaient eux- mêmes en rébellion en 2002-2003 contre les institutions de l'époque. Ils disaient qu'ils se rebellaient parce que PATASSE était fermé au dialogue politique. Je suppose qu'ils ne brûleront pas aujourd'hui ce qu'ils ont adoré hier, c'est-à-dire qu'ils ne rejetteront pas aujourd'hui qu'ils sont au pouvoir ce « dialogue politique »qu'ils présentaient hier comme la mère de toutes les solutions Si non, cela signifierait qu'ils font du patassisme sans Patassé.

LC : Le Démocrate Joseph Bendounga a demandé la démission de Bozize, soutenez-vous cette démarche ?
MZ : Un parti politique de l'opposition est dans son rôle quand il critique le régime ou exige sa démission. Il n' y a rien de particulier sur ce point. En tout état de cause, je suis militant du MLPC et seules les prises de positions régulières de mon parti m'engagent.

LC : Si vous avez un conseil à donner à François Bozize, que lui diriez-vous ?
MZ: Il n'a pas besoin de mes conseils puisqu'il a un bataillon de conseillers centrafricains et étrangers. Je me rappelle seulement l'interview qu'il a donnée au journal camerounais « Mutations » en 2002 lorsqu'il était en rébellion, et dans laquelle il disait qu'il ne pouvait attendre les élections pour prendre le pouvoir parce que le pays était au bord du gouffre. Ensuite lorsqu'il a pris le pouvoir il a dit que l'on reconnaît le maçon au pied du mur. Quand je vois trois ans après, le mur de la maison centrafricain, je me demande si vraiment il est tout simplement un maçon. François BOZIZE et ses lieutenants ont beaucoup parlé depuis 2002. Lorsque je relis leur littérature, et que vois leur gestion de la RCA aujourd'hui, je lui rappelle simplement ce proverbe romain « La roche Tarpéienne est proche du Capitole »

LC : Vous avez promis rentrer «très bientôt» au pays pour « préparer l'avenir». qu'entendez-vous par « préparer l'avenir » ?
MZ: Préparer l'avenir c'est travailler avec mes camarades du MLPC et de toutes les forces vives de notre pays, les personnalités indépendantes, la société civile, les cadres, les jeunes et les femmes à la création d'une plate-forme politique nationale capable de redonner espoir aux Centrafricains. Le problème numéro un de la RCA est la corruption généralisée et très profonde de ses dirigeants, et leur « affairisme » atavique : demain se prépare donc aujourd'hui, en faisant bloc autour de leaders intègres pour construire une alternative politique digne de son nom, car la lutte sera longue et difficile, mais la victoire de la démocratie centrafricaine est certaine.
 

Propos recueillis par Chantal Bangui (Le Confident)
Vous êtes le/la 48 ème citoyen (e) à lire cet article. parlez-en autour de vous


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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 00:07

L'ARSEC ENGAGEE A PROMOUVOIR LA CONCURRENCE DANS LE SECTEUR DE L'ELECTRICITE EN RCA



 

Jean Chrysostome Mekondongo
LE CONFIDENT (L.C) : Vous êtes le Coordonnateur de l'Agence Autonome de Régulation du Secteur d'Electricité en Centrafrique (ARSEC).
Auriez-vous l'amabilité de vous présenter à nos lecteurs ?
Jean Chrysostome Mekondongo (J.C.M): Il me semble difficile de résister à l'incantation de faire des confidences aux lecteurs du quotidien Le Confident.
Comme vous l'avez indiqué, mon nom est Jean-Chrysostome MEKONDONGO. Je suis âgé de 42 ans, marié et père de cinq enfants.
Rentré à l'école maternelle en France, mes études primaires et secondaires ont été essentiellement effectuées en Centrafrique. De formation pluridisciplinaire à dominante juridique, j'ai été formé en France au sein de l'Université Jean Moulin Lyon 3 ainsi qu'à l'Institut des Droits de Lyon (IDHL).
Ancien élève de l'Ecole de Notariat de Lyon, je suis Juriste spécialisé en Droits Humains et environnementaux, Juriste d'Entreprise, diplômé en Relations Internationales et diplômé en Management Des Associations (MDA).
Mes travaux universitaires sont marqués par un encrage sur les questions liées à l'Afrique et se résument aux mémoires et thèse suivants: Gestion juridique de l'Entreprise (DUT Carrières juridiques); Le problème du contrôle des Association (Licence de Droit et Gestion des Associations); Des conditions de légitimité d'une intervention armée en faveur des Droits de l'Homme en Afrique subsaharienne (Maîtrise de Droit International et Droits de L'Homme); L'Union Africaine face aux conflits intra étatiques (Master Recherche ‘‘DEA'' en Relations Internationales); Enjeux et perspectives des Droits de l'Homme en République Centrafricaine (Master Recherche ‘‘DEA'' de Droit International et Droits de l'Homme); De la pertinence opératoire du NEPAD en matière de Droits Humains et Environnementaux (thèse de Doctorat en Sciences des Relations Internationales).
Co-fondateur de SPIDEEC International (Société de Partenariat pour le Développement des Échanges Économiques et Culturels -France-), j'ai occupé outre des fonctions de circonstances non moins enrichissantes, celles de Juriste Conseil d'Entreprise (Société holding PMV France), Enseignant et Consultant en Management Des Associations dans le cadre du contrat de plan Etat/Régions (Collectivités locales de la région Rhône-Alpes -France-), Chargé de la formation des dirigeants d'associations et ONG communautaires dans le cadre de la politique de la Ville (Mairie de Bron, département du Rhône -France-).
En raison de mes fonctions exercées dans des secteurs aussi variés que diversifiés, j'ai été associé à un certain nombre de missions, notamment auprès du CICR, du HCR, du Conseil de l'Europe, de la Cour européenne des Droits de l'Homme de la Commission des Droits de l'Homme -ONU-, Camps de concentration d'Auschwitz Birkenau et Struthof.
Au travers de mes engagements dans le secteur associatif, il m'a été donné en tant que Secrétaire Général de l'Association Nelson Mandela de 1987 et 1990, d'apporter ma petite contribution à la sensibilisation de l'opinion publique française par rapport au régime l'apartheid en Afrique du Sud, notamment en invitant la représentation de l'ANC en France aux conférences, colloques et manifestations culturelles de ladite association.
Invité par le Ministre des Mines, de l'Energie et de l'Hydraulique, son Excellence le Commandant Sylvain NDOUTINGAÎ, à revenir en Centrafrique afin d'apporter ma petite contribution à la mise en place et au démarrage des activités de l'Agence Autonome de Régulation du secteur de l'Electricité (ARSEC), je suis en effet, depuis le 3 février 2006, Coordonnateur du Comité ad hoc chargé de la régulation du secteur de l'électricité.

L.C : Comment le Gouvernement est-il arrivé à la libéralisation du secteur stratégique d'électricité ?
J.C.M: Le fond historique de la libération du secteur de l'électricité remonte à environ une décennie et demie ou un certain nombre de pays africains s'est lancé dans la mise en œuvre de programme de réforme du secteur de l'énergie afin de venir à bout des déficiences en matière de gestion et d'exploitation de leurs services d'énergie.
Il est généralement admis que jusqu'au début des années 90, le secteur de l'énergie de plusieurs pays africains était dominé par des services publics intégrés verticalement qui jouissaient d'un monopole naturel de l'industrie nationale d'électricité.
La plupart des services d'Electricité en Afrique subsaharienne était ainsi caractérisé par peu d'efficacité, une basse qualité de service, des grosse pertes d'ordre technique et non technique, peu de disponibilité et des choix d'investissement inefficaces.
En dehors de la Côte d'Ivoire, seul pays africain qui a fructueusement entrepris une réforme de son secteur de l'énergie dès 1990, la plupart des autres pays africains ont décidé de se lancer dans des réformes du secteur de l'énergie à la suite de la nouvelle politique de la Banque mondiale demandant explicitement aux pays en développement de mettre en œuvre des programmes très complet de réforme du secteur de l'énergie comme condition préalable de l'assistance suivie de la Banque dans le secteur. Au titre de cette nouvelle politique de la Banque, les pays en développement étaient donc appelé à: mettre en place des processus régulateurs transparents; transformer les sociétés d'énergie électriques en des entreprises à caractère commerciale; permettre dans certains cas l'implantation de services d'énergie; et encourager l'investissement privé dans le secteur de l'énergie.
La justification de la réforme consiste précisément à améliorer les performances techniques, commerciales et financières des services publics: augmenter les performances de trésorerie du secteur et améliorer la solvabilité des services; faciliter la mobilisation des ressources pour l'investissement en capital sur une base commerciale, libérant ainsi les fonds publics pour d'autres investissements; et accroître l'accès à l'électricité des communautés pauvres et rurales.
C'est donc à la lumière de la donne internationale que le Gouvernement centrafricains s'est engagé dans cette réforme d'envergure en vue de la recherche d'une viabilité et d'une meilleur adéquation de la politique énergétique du pays.

L.C : La libéralisation du secteur d'électricité est une grande première en République Centrafricaine. En votre qualité de Coordonnateur de l'ARSEC, disposez-vous des ressources humaines qualifiées pour vous aider dans la conduite de votre mission ?
J.C.M: Durant mon parcours professionnel je me suis régulièrement trouvé en situation de mettre en place de nouvelles et souvent en partant de rien.
Dans le cadre de la réforme du secteur de l'électricité, sous l'égide du Ministère des Mines, de l'Energie et de l'Hydraulique, des juristes, économistes, ingénieurs énergéticiens et autres compétences ont été mobilisé en vue de la production des travaux ayant servi de base à l'élaboration du Code de l'Electricité. Le professionnalisme de ces experts irrigue l'encadrement juridique et institutionnel des organes issus de la réforme et je tiens à leur rendre un vibrant hommage.
Ainsi, rien ou presque n'a été laissé au hasard dans le cadre de cette réforme. Le décret n°05 272 du 11 septembre 2005 fixant les attributions et portant organisation et fonctionnement de l'Agence Autonome de Régulation du Secteur de l'Electricité indique en son article 36 les compétences requises pour la mise en place du Comité Ad hoc, notamment : un ingénieur électricien ou électromécanicien ; un juriste ; un économiste spécialiste en tarification ; un administratif financier.
Le Coordonnateur que je suis est, entre autres, juriste. Je suis secondé par le Directeur Général de l'Energie qui est un ingénieur électromécanicien, puis un économiste diplômé en ingénierie financière et un administratif financier diplômé de gestion.
Par ailleurs, l'arrêté n° 18/2006MMEH/DIRCAB/DGE du 3 février 2006 portant désignation des membres du Comité Ad hoc de l'Agence de Régulation du Secteur de l'Electricité et précisant les attributions et les modes de fonctionnement dudit Comité, indique en son article 8 qu'en cas de besoin, il peut être fait appel à toute compétence extérieure sous forme de consultation.
C'est dire à quel point tout a été prévu afin de mettre la structure que j'ai l'honneur de diriger à l'abri des difficultés en matière de ressources humaines. Cela étant, la régulation est un domaine tout à fait nouveau et le renforcement des capacités s'avère indispensable pour une conduite optimale de la mission qui nous est dévolue.

L.C : M. Jean Chrysostome MECKONDONGO comment comptez-vous réguler ce secteur tout en évitant de faire disparaître l'Energie Centrafricaine (ENERCA)?
J.C.M: Réguler le secteur de l'électricité requiert que nous nous attachions à faire une stricte application des dispositions légales et règlementaires en vigueur. Une telle rigueur aurait, bien entendu, pour effet d'accroître les difficultés actuelles de l'ENERCA.
Ainsi, pour donner la possibilité à l'ENERCA de se mettre en conformité avec le Code de l'électricité, il a été prévu une dérogation en sa faveur. Cette période transitoire d'un an arrivera à son terme le 1er janvier 2007. L'opérateur unique actuel devra donc mettre à profit cette période pour se donner les moyens de s'inscrire dans la compétition qui découle de l'ouverture du marché.

L.C : Est-ce que le processus de privatisation de l'ENERCA se poursuit ?
J.C.M: Là encore il convient de lever l'équivoque qui semble planer sur la politique de libéralisation du secteur de l'électricité.
La libéralisation ne signifie pas privatisation et ne conduit pas indubitablement à la privatisation. Il s'agit simplement d'une option envisageable mais ce qui est fondamentale c'est de se poser les bonnes questions avant d'agir, pour éviter de commettre les mêmes erreurs que ceux qui nous ont précédé dans la reforme du secteur. Juste dans notre proche environnement, au Cameroun notamment, la privatisation a conduit au passage du monopole du public vers un monopole du privé sans pour autant régler réellement les problèmes.
En matière de réforme du secteur, il y a quatre approches générales ; à savoir : le contrat de performance ; le contrat de gestion ; la concession au secteur privé ; et la privatisation complète.
Les deux premières options permettent au Gouvernement de maintenir la structure de monopole verticalement intégrée, tout en restant propriétaire des biens. La troisième option permet de donner la responsabilité de l'exploitation des biens existants au titre d'une concession à long terme au secteur privé et/ou d'investissement dans une nouvelle capacité de production s'inscrivant dans le cadre de la production indépendante d'énergie (PIE), alors que les biens peuvent également devenir propriété privé par privatisation inconditionnelle.
Il convient donc de procéder à un diagnostic précis de la situation de l'ENERCA afin d'éclairer le choix d'une de ces options. C'est dans ce sens que le Gouvernement à mis en place une Commission chargée de statuer sur la situation technique, commerciale et financière de l'ENERCA.
Une chose est cependant certaine, le marché de l'électricité est ouvert et la mission dévolue à l'ARSEC consiste, entre autres, à promouvoir la concurrence dans ce secteur. D'autres opérateurs peuvent donc s'installer dans le paysage énergétique centrafricain et concurrencer l'ENERCA.

L.C : L'ARSEC est au cœur d'une concurrence équitable au sein du secteur d'électricité. D'où proviendront les ressources financières destinées à son fonctionnement ?
J.C.M: Les ressources financières de L'Agence Autonome de Régulation du Secteur de l'Electricité proviennent principalement de la redevance spécifique sur les activités de l'électricité, dont les modalité de prélèvement et de gestion sont fixées par le décret n° 06.040 du 30 janvier 2006.
Cette redevance prévue à l'article 10 du Code de l'électricité est fixée par décret à 10 Fcfa par Kilowattheure vendu et facturé hors taxes. L'ENERCA qui en est dépositaire perçoit et reverse cette redevance spécifique à l'Agence de Régulation du Secteur de l'Electricité qui procède ensuite à une répartition entre les organes de la réforme, conformément aux dispositions de l'article 6 du décret indiqué précédemment.
- 30 % reviennent à l'Agence Autonome de Régulation du Secteur de l'Electricité ;
40 % à l'Agence Autonome de l'Electrification Rurale ; 30 % à la Direction Générale de l'Energie, pour le financement de la contrepartie nationale des projets d'énergie électrique en milieu urbain.
Toutefois, les dispositions légales et règlementaires en vigueur permettent à l'ARSEC de rechercher d'autres sources de financements.

L.C : Y a-t-il déjà des sociétés qui veulent investir dans le secteur d'électricité en Centrafrique ?

J.C.M: Au titre de ses activités consultatives, l'ARSEC participe actuellement à l'étude des grands dossiers du secteur. Le secteur de l'électricité intéresse effectivement un certain nombre d'investisseurs étrangers.

L.C : Avez-vous un appel en direction des sociétés et des consommateurs d'électricité ?

J.C.M: Vous savez, là ou passe l'électricité passe le développement. L'électricité est donc un puissant moteur de développement. Par conséquent, j'invite particulièrement les opérateurs économiques locaux à saisir l'opportunité actuelle d'un investissement dans le secteur.
Par ailleurs l'une des missions de l'ARSEC consistant à veiller au respect du principe d'égalité de traitement des usagers par tout opérateur du secteur de l'électricité, j'invite les consommateurs à mettre en place une Association de Défense des usagers de l'Electricité en vue de participer avant la fin de l'année 2006 à l'élaboration des procédures pour le traitement des plaintes et des réclamations.
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13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 23:16

LE CSADN A CESSE D'EXISTER DEPUIS DECEMBRE 2004, DIXIT J. BENDOUNGA



 

Le Confident (LC): Joseph Bendounga, vous êtes le Président du MDREC, vous aviez refusé de prendre part au dialogue national. Vous réclamez à cor et à cri un dialogue politique. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rejeter le dialogue organisé précédemment et pourquoi vous tenez cette fois ci à l'organisation d'un dialogue politique ?
Joseph Bendounga (JB) : Je remercie Le Confident de me donner cette opportunité pour ouvrir mon cœur au peuple centrafricain tout entier. Le MDREC fut le tout premier à demander au Président Patassé une amnistie pour Bozizé et Kolingba et aussi le tout premier à solliciter du régime MLPC, le dialogue national. Bozizé a eu à renverser Patassé. Par la suite, Bozizé a instauré le dialogue national. Le MDREC a automatiquement apprécié cela et a donné son point de vue. Ça devrait être un dialogue politique avec des tours d'exécution à court, moyen et long terme avec un suivi réel. Malheureusement, comme la marche du 28 mars 2003, le Général Bozizé à organiser un grand forum pour plébisciter son coup d'Etat. Les partis politiques sont allés sans mettre des gardes fous. Le régime Bozizé à phagocyter les partis politiques à telle enseigne que ceux-ci ont été noyés par la société civile. Ils n'ont pas pu jouer le rôle qui est le leur afin que la démocratie puisse s'asseoir en République Centrafricaine. Quand nous avons vu ce danger et ne voulant pas être complices du Général Bozizé, nous avons écrit au Pasteur Isaac Zokoé pour lui dire clairement qu'en tant qu'homme de Dieu et homme de foi, vous ne pouvez pas organiser le dialogue national sans les principaux acteurs de la vie politique nationale. On ne peut tenir de dialogue en Centrafrique alors que certains compatriotes sont en exil. On chasse vers le Sud et on fait revenir ceux du Sud et on chasse au Nord. Malheureusement, l'homme de Dieu a profité de la tribune du dialogue national pour nous répondre que « ceux qui n'ont pas péché, qu'ils jettent la première pierre ».
Nous lui disons ceci ; aujourd'hui, la République Centrafricaine est dans une impasse parce que le dialogue national a été juste l'œuvre des courtisans du régime Bozizé. Voila pourquoi, le MDREC n'avait pas pris part au dialogue national qu'il ne reconnaît pas. Le MDREC a pris position aujourd'hui et l'histoire lui donne raison. Aussi, face au danger qui menace la RCA, le MDREC a proposé un dialogue politique. On a été le tout premier à écrire au Général Bozizé, à attirer l'attention de la communauté nationale et internationale et à discuter avec la presse pour dire que la RCA est dans une situation d'impasse, il faut un dialogue politique. La majorité qui gouverne et qui a mis le pays dans cette situation et l'opposition doit s'entendre pour que très rapidement, nous puissions trouver des voies et moyens pour sortir la RCA de l'impasse. Aujourd'hui, notre pays ne peut pas continuer dans la situation où elle s'était trouvée suite à l'incapacité et à l'incompétence du Général Bozizé ainsi que l'absence d'un programme de société pour pouvoir sortir la RCA de l'impasse.

LC : Quelle est votre appréciation du fonctionnement des structures qui étaient mises en place notamment le Comité des sages, le Comité de Suivi des Actes du Dialogue National (CSADN) ?
JB : Ces deux structures sont l'émanation de la communauté internationale qui doit aider les centrafricains à trouver des voies et moyens pour sortir le pays des crises, militaro-politiques à répétition. La communauté internationale s'est substituée au peuple centrafricain pour créer des mécanismes qui renferment des gens qui leur plaisent avec la complicité du Général Bozizé pour mettre en place, un Comité des sages. Dans ce Comité dits de sages, vous ne verrez pas figurez l'opposition. Le Pasteur Isaac Zokoé, c'est en quelque sorte le cube maggi de la République Centrafricaine qu'on accommode à toutes les sauces. Ce Comité de sages, quel rôle à-t-il jouer pendant et après les élections et pendant les crises de Paoua et de Birao ? Aucunement pas. Le Général Lamine Cissé qui représente la communauté internationale, il fait partie des sages et est en même temps juge et partie. Quant au CSADN, le Comité a cessé d'exister depuis le mois de décembre 2004. Pourquoi le MDREC dit cela ? C'est que dans les recommandations du dialogue national, le CSADN doit se réunir une fois le mois pour évaluer l'exécution des recommandations du dialogue national. Force est de constater que depuis décembre 2004, ce Comité n'a plus siégé et son Vice Président, un homme politique clairvoyant M. Olivier Gabirault, Président de l'ADP, se rendant compte de ce dysfonctionnement grave s'est retiré de cette structure. Donc grosso modo, ceux qui font partie du CSADN « sont en quelques sortes comme des fonctionnaires » qui émargent sur le budget de l'Etat et sont véhiculés pendant que les fonctionnaires, retraités et boursiers tirent le diable par la queue pour survivre. Et si le CSADN ne produit plus de rapport, ça veut dire qu'il n'existe pas. On me dira que le CSADN a publié quelques communiqués. Selon moi, ces communiqués sont laconiques et à mon humble avis se mettent du côté de Bozizé et non du côté des recommandations du dialogue national. Et aujourd'hui, à propos des recommandations du dialogue national, sur 830 recommandations, seules 83 sont exécutées soit 10%. Pour ce bilan négatif, on continue de maintenir une structure qui ne donne pas satisfaction.

Mardi 13 Juin 2006
Propos recueillis par MCNM
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13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 20:12

JOURNALISTE EN DANGER : QUAND LES MILITAIRES DECIDENT DE SUPPRIMER LA VIE D'UN CITOYEN CENTRAFRICAIN



 

On ne dira jamais assez, il n' y a que dans les pays à vocation dictatoriale que les basses manœuvres des princes qui nous gouvernent ne peuvent nullement être dénoncées. La République centrafricaine qui vient de sortir des élections pourtant qualifiées de transparentes par la communauté internationale ne peut pas se permettre le luxe de revivre des actes dignes d'une autre époque tendant à régler le compte de ceux qui s'efforcent à révéler au grand jour, les travers de nos dirigeants en dénonçant leurs mauvaises manières de faire. La plupart du temps, ce sont les hommes en treillis qui ont pour vocation de protéger le peuple centrafricain et défendre l'intégrité du territoire national qui se comportent en de véritable tonton macoute à l'encontre des journalistes. C'est ici qu'il y a lieu de faire écho des menaces de mort qui pèsent sur notre confrère Zéphirin Kaya de la Radio Ndékè Luka. En effet, dans leur parution du 07 janvier 2006, la Rédaction du Journal Le Citoyen et Agbangba ont tiré sur la sonnette d'alarme pour attirer l'attention des autorités centrafricaines sur la nécessité de protéger la vie des hommes de médias en Centrafrique. Et c'est encore des hommes en tenue qui sont indexés par ces deux publications.
Dans Le Citoyen du 7 juin 2006, il s'agit d'une conversation entre deux hommes en uniforme dans un taxi qui ont laissé entendre que « Dis, ce Zéphirin Kaya, on ne doit pas le louper », l'autre de rajouter « Laisse mon cher, on va le tuer ! Ce que les policiers font sur la route-là, il ne voit pas. Pour lui, ce ne sont que les militaires. Mais moi, je vous jure qu'on va le passer par les armes ». Le Journal Agbangba daté du 6 au 7 juin 2006 quant à lui a publié in extenso la correspondance d'un compatriote qui a suivi de bout en bout dans le bus à destination du centre ville, la conversation entre deux militaires pas des moindres de la Garde Républicaine qui voulaient s'en prendre à la personne de ce même Zéphirin Kaya qu'ils considèrent « comme un reporter nuisible et dangereux qui mérite une sentence de mort ». Ils ajoutent que « c'est Zéphirin Kaya ou nous ». Notre compatriote imbu d'esprit républicain et ne voulant pas se laisser peser sur la conscience cette déclaration de mort à l'encontre d'un journaliste qui ne fait que son travail a saisi la Rédaction du journal Agbangba pour qu'il fasse écho de cette déclaration. On pouvait retenir de la correspondance de ce compatriote, la phrase suivante : « taire un dessein macabre, au cas ou il se réaliserait, me ferait mourir de remords ». De tout ce qui précède, l'on se pose la question de savoir si désormais, les forces de défense et de sécurité ont droit de disposer à volonté de la vie d'un compatriote. La Constitution de notre pays en son article 13 dispose que « la liberté d'informer, d'exprimer et de diffuser ses opinions par la parole, la plume et l'image sous réserve du respect des droits d'autrui, est garantie ». Qu'est devenue cette garantie offerte au citoyen par la loi fondamentale ? Ce qui est bien regrettable pour le peuple centrafricain en général et les journalistes en particulier car, travaillant sous la pression de ceux qui pensent qu'en ayant la gâchette facile, ils peuvent valablement taire les professionnels des médias à ne pas dénoncer les travers de la société centrafricaine. Une maxime populaire nous enseigne que « qui tue par l'épée, périra par l'épée ». Le ciel centrafricain a connu des piètres figures qui se disent invincibles, mais qui, malheureusement…


Harly - Schengen (Le Confident)
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13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 18:43

DAVID GBETI, PORTE-PAROLE DU RDC SOUS LES VERROUS

Le secrétaire Général du Rassemblement démocratique Centrafricain porte à la connaissance des militants, et militantes et cadres du parti, de l'opinion nationale et internationale l'information ci-après.



 

Le vendredi 09juin 2006 à 16 heures, le frère David GBETI, délégué national à la communication actuel porte parole du parti a été enlevé dans rue ,au niveau du quartier LAKOUANGA alors qu'il revenait de la ville pour son domicile.

L'enlèvement a été effectué par les éléments de l'Office Centrafricain de Répression du Banditisme (OCRB ),conduit par leur Directeur sur ordre du procureur de la République.
Le frère David Gbeti, porte du RDC se trouve actuellement en geôle au commissariat du port, traité comme un vulgaire délinquant.

La raison évoquée par les autorités pour justifier cet enlèvement digne des pratiques de TONTON MACOUTES, qui rappelle aux Centrafricains que plus personne n'est à l'abri de l'arbitraire est la suivante.

On reproche au frère David Gbeti d'avoir tenu une réunion le samedi 03juin 2006 au siège du RDC pour créer un mouvement qui s'appellerait « FLAC ».
Le secrétaire général du RDC, sur cet acte honteux et irresponsable tient à faire la mise au point ci-après.

Le Rassemblement Démocratique Centrafricain est un parti responsable et légal.
En dépit de toutes les humiliations et les provocations dont ses militants ont fait l'objet depuis plus d'une décennie, ce parti n'est jamais tombé dans le piège qui consiste à mener des actions extralégales, de quelque nature que ce soit

Ce n'est donc pas après autant d'années d'expérience qui lui confèrent aujourd'hui le statut du parti le plus implanté et le plus respecté en RCA, que le RDC viendrait à se déjuger, en cautionnant, ou en acceptant de s'impliquer dans des initiatives susceptibles de tenir son image. Le frère David Gbeti membre du secrétariat général du parti n'a pas tenu de réunion avec des prétendus frères qui, tous ont déjà quitté le RDC, ou ne le fréquentent plus et dont les noms ont été grossièrement cités dans la fiche qui a servi à justifier son arrestation.
Le Rassemblement Démocratique Centrafricain étant un parti structuré, il aurait été plus responsable pour toute démarche civilisée, de convoquer son responsable et de s'enquérir auprès de ce dernier, des informations qui, de surcroît ont été le fait d'une fiche mensongère. Ces fiches qui ont tant endeuillé les familles centrafricaines !

Le rapt d'un citoyen en déplacement constitue une grave atteinte aux principes universels de la liberté d'aller et de venir qui sont les BABA du respect des droits humains.
Le Rassemblement Démocratique Centrafricain rappelle que c'est pas en privant les citoyens de leur liberté, en autorisant la population, que les autorités trouveront les solutions aux graves problèmes auxquels le pays est actuellement confronté.

Le secrétariat général du Rassemblement Démocratique Centrafricain prend à témoins l'opinion nationale et internationale, de ces comportements irresponsables, capricieux et déshonorant qu'entretient le pouvoir, qu'il rend responsable de l'insécurité et du stresse qui gangrène à ce jour la vie de la nation centrafricaine toute entière.

Le Rassemblement Démocratique Centrafricain demande à tous ses militants et militantes d'être vigilants et de dénoncer avec force toute autre tentative d'enlèvement ou de violations de leurs droits.

Fait à Bangui, le 10 juin 2006.
Le SG

Pascal KOYAMENE

P


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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 23:23
30 juin : une manifestation des Congolais à Bruxelles alerte l'opinion sur le vide juridique
(Congolite 12/06/2006)
( 12/06/2006)


12 juin 2006 - Sous une escorte policière, une marche des Congolais de Belgique, s'est déroulée à Bruxelles, ce samedi 10 juin 2006. Organisée par le groupe de pression Bana Congo, la manifestation est partie, de la gare du Nord, à 12 heures 30, en direction de la gare du Midi, en empruntant l’itinéraire après : Boulevard Albert 1er, Boulevard Emile Jacqmain, Boulevard Anspach, Boulevard Lemonier, Boulevard du Midi jusqu’à l’arrêt Bodeghem. C'était en prévision de la fin de la transition le 30 juin, et du vide juridique qui pourrait s’en suivre. Il faisait très beau ce samedi : 29 à 30° et un soleil luisant …comme au Congo durant toute l’année. Près de trois cent personnes sont déjà présentes au départ. Durant la marche, les chants et les slogans vilipendent tous ceux qui sont considérés comme ennemis du peuple congolais, en commençant par le président Joseph Kabila. Les manifestants criaient leur ras-le-bol par rapport à tout ce qui se passe au pays : tentative de hold-up électoral par des "étrangers", des aventuriers, incompétents et criminels, à la tête du pays… Autre cible, le belge Louis Michel, Commissaire européen, que les manifestant considèrent comme étant le vrai dirigeant du Congo, en ce moment.
Les congolais interrogés lui attribuent pêle-mêle : l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, le « 1+4=0 », la première prolongation de la transition et son lot de morts. L’abbé Malu Malu, président de la CEI n'a pas été oublié, tout comme la rédaction, à partir de l’Université de Liège, d’une constitution aliénante pour le Congo, ainsi que la signature des contrats léonins au profit de certaines entreprises belges dont ZETES ou Forrest…

À certains grands carrefours, les manifestants s’arrêtent ou s’assoient par terre durant de longues minutes, perturbant ainsi la circulation. À 15 heures 22, la manifestation atteint le point de chute : l’arrêt Bodeghem où est érigé un podium livré par la ville de Bruxelles. Prenant la parole, les organisateurs demandent à leurs compatriotes de se mobiliser davantage pour le 30 juin, journée de l’Indépendance et de la Libération. Aucun incident n’aura émaillé cette marche. Quand les manifestants se dispersent, des rues avoisinantes, sortent plusieurs fourgons de la police ainsi que des véhicules banalisés conduits par des policiers en civil. Les observateurs se rendent alors compte à quel point cette marche était sous très haute surveillance policière. En effet, durant tout le parcours, des dizaines d’agents en civil donnaient régulièrement par radio des info sur la marche. D’autres n’auront cessé de prendre continuellement et discrètement, des photos, ou d’enregistrer tous les slogans lancés. Et la suite? Elle peut se résumer par cette phrase lancée par un manifestant venu de Liège : « Le 30 juin, nous serons plus de dix mille. Nous aiderons le gouvernement Verhofstadt à tomber, s’il ne laisse pas tomber Kabila ».

Les belges d’origine congolaise impliqués dans la politique belge sont presque tous absents à part Mie Jeanne Nianga du CDH, Dori DUMBI du MR.

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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 21:49
Polémique sur le mariage de Kabila
(La Libre 12/06/2006)
( 12/06/2006)


En campagne électorale, le Congo se penche à nouveau sur la vraie mère du chef de l'Etat, Joseph Kabila. Le Président congolais doit se marier le 17 juin à Kinshasa. Le mariage sera célébré par un prêtre catholique.

Le mariage du président Joseph Kabila est, en principe, une affaire privée. Il a cependant pris, au Congo, les dimensions d'une affaire politique.

Le 16 mai dernier, l'agence de presse congolaise privée APA et l'envoyée spéciale du «Soir» à Kinshasa écrivaient que le cardinal Etsou venait d'annoncer le mariage du président Kabila le 4 juin, avec bénédiction nuptiale devant le Sanctuaire Notre-Dame à Limete.

Le 2 juin, APA, citant le chef de la Maison civile du chef d'Etat, indiquait que la cérémonie était reportée au 10 juin, qu'elle aurait lieu à la Cité de l'Union africaine et que la bénédiction nuptiale serait donnée par le cardinal Etsou et par le président de l'Église du Christ au Congo (protestante), Mgr Marini Bodho.

Le 5 juin, le cardinal Etsou faisait, selon l'agence de presse officielle ACP, une «mise au point» sur ce mariage pour les catholiques: «Il a rejeté l'idée de mariage oecuménique comme annoncée dans certains médias». Le 8 juin, APA, de source «proche de la Présidence», annonçait un autre report d'une semaine, redoublant le tapage.

Joseph Kabila se marie avec sa compagne, Olive Lembe, avec laquelle il a une petite fille de 5 ans. Pourquoi maintenant, à 2 mois des présidentielles?

Explication: la publication des bans par l'Église catholique constitue une reconnaissance de l'identité de Joseph Kabila.

Un «vrai» Congolais?

Ce dernier est en effet l'objet d'une polémique depuis son accession au fauteuil présidentiel, le 26 janvier 2001, après l'assassinat de son père. Jusque-là, la vox populi le disait fils de Laurent Kabila et d'une Tutsie (ethnie du Rwanda, du Burundi et de l'est du Congo). A la veille de son intronisation, le régime le présenta comme le fils d'une Congolaise du Maniema; il était donc «de père et de mère congolais», comme la Constitution l'exige du chef d'Etat.

Durant le Dialogue intercongolais, le parti d'opposition UDPS fit venir témoigner un des fils de Laurent Kabila, Etienne, qui accusa Joseph d'être un enfant adopté, fils d'un ami rwandais du défunt Président. L'affaire était grave puisque le Congo sortait d'une guerre avec le Rwanda.

L'argument a, depuis, été souvent utilisé par les adversaires du chef d'Etat, qui réclamèrent un «test d'ADN» pour prouver sa filiation. «Il faudrait alors le réclamer de tous nos chefs d'Etat; vous imaginez le drame familial si l'un d'eux n'était pas le fils de son père», expliquait à l'époque à La Libre Belgique, Vital Kamerhe, secrétaire général du parti présidentiel.

Durant la pré-campagne électorale en cours, le vide des programmes a été rempli par les arguments identitaires. L'annonce du mariage, loin d'apaiser la polémique sur la filiation de Joseph Kabila, lui a redonné du tonus en raison des reports de la cérémonie.

Kabila protestant

Selon le droit canon, quand un catholique annonce son intention de se marier à l'Église, celle-ci vérifie s'il a été baptisé (le certificat de baptême indique sa filiation); s'il a été confirmé (si non, il le fait avant le mariage); s'il n'a jamais été marié. L'Église ayant publié les bans en mai, c'est que l'enquête fut satisfaisante. L'ex-conseiller pour la sécurité de Mobutu, Honoré Ngbanda, a alors diffusé sur Internet une lettre ouverte au cardinal Etsou exigeant qu'il produise le certificat de baptême du chef de l'Etat. Surnommé «Terminator» par la population pour avoir fait tirer sur des manifestants pacifiques en 1992 (13 morts), Ngbanda a néanmoins été pris au sérieux par une partie des Congolais en raison de son passé dans le renseignement.

La Présidence a alors fait savoir que c'est la future épouse du chef d'Etat qui est catholique, celui-ci étant protestant.

Mais un mariage catholique

«En réalité», assure à «La Libre Belgique» un proche de la famille présidentielle, «il n'y a eu qu'un report, du 10 au 17, en raison du décès de l'épouse du chef de la Maison civile. Nous n'avons jamais annoncé de mariage pour le 4 juin, qui est d'ailleurs un dimanche: les gens ont déduit cette date parce que c'était trois semaines après la publication des bans».

«Le mariage civil aura lieu le vendredi 16 à la résidence du chef de l'Etat», une simple maison du centre-ville selon notre interlocuteur. «Le mariage religieux, catholique, aura lieu au même endroit, le 17. Il sera célébré par Mgr Etsou. Comme le Président est protestant, le chef de l'Église protestante, Mgr Marini, dira une prière. Enfin, le dimanche, la maman du Président recevra la famille élargie et les amis, en sa résidence du Palais de Marbre».

«La discrétion aurait mieux valu que le fracas», regrette un religieux kinois. La cérémonie calmera-t-elle la polémique?

Marie-France Cros

Mis en ligne le 12/06/2006
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